Jerome Gygax

DOCTEUR EN RELATIONS INTERNATIONALES DE L’IHEID

Docteur en relations internationales de l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID, Genève), Jérôme Gygax est historien, chercheur associé à la fondation Pierre du Bois pour l’histoire du temps présent. Ses travaux portent sur l’histoire des idées, les nouvelles formes de diplomatie, l’utilisation des médias dans la naissance du soft power. Il s’intéresse aux relations entre le secteur public et privé, au rôle des réseaux et leur impact dans la politique internationale.

Publications récentes : Jérôme Gygax et Nancy Snow, « 9/11 and the Advent of Total Diplomacy : Strategic Communications as a primary Weapon of War » ds Journal of 9/11 Studies, Vol 38, July 2013 ; J. Gygax, Olympisme et Guerre froide culturelle, le prix de la victoire américaine, Paris, L’Harmattan, 2012.

Jérusalem capitale d’Israël : une décision contre l’histoire ?

La décision prise par l’administration de Donald Trump de consacrer Jérusalem comme capitale de l’état d’Israël[1] s’accorde avec l’idéologie sioniste d’un droit présumé exclusif d’Israël sur l’ancienne cité de Jérusalem[2]. Selon l’historien israélien Ilan Pappe, le sionisme a construit un mythe « réécrivant l’histoire de la Palestine, et celle du peuple juif, de façon à prouver scientifiquement la prétention juive à la « Terre (sacrée) d’Israël »[3]. Aujourd’hui la plupart des Israéliens méconnaîtraient ainsi les sources de leur propre histoire[4]. Rappelons qu’étant le foyer des trois grands monothéismes, la ville sainte fut reconnue en tant que zone internationale par l’ONU (résolution 181-11) du 29 novembre 1947 avant son annexion illégale par Israël à l’issue de la Guerre dite des « Six jours » du 5 au 10 juin 1967[5]. Pourquoi donner raison au mythe contre l’histoire ? Qu’a-t-on fait des dépossessions des arabes palestiniens, des destructions et des violences systématiques ? Comment ont-elles été commises au nom d’un prétendu droit biblique envers et contre le droit international et coutumier ?[6]

Le mouvement sioniste, né à la fin du 19ème siècle, acquit un rôle significatif dans le cours de la Première Guerre mondiale, en partie grâce au concours apporté au gouvernement britannique, afin de faire entrer les Etats-Unis dans la Grande guerre[7]. La couronne anglaise avait promis en retour son appui à la cause nationale du peuple juif[8]. C’est ainsi qu’en 1917 le ministre des affaires étrangères britannique Lord Balfour s’engageait formellement par écrit auprès de Lord Rothschild, éminent sioniste, afin de créer le premier foyer national juif en Palestine une fois la guerre terminée[9]. Selon l’historienne Alison Weir, les sionistes pesèrent de tout leur poids afin d’empêcher la signature d’une paix séparée entre les forces alliées et l’Empire Ottoman, contre les initiatives du département d’Etat américain[10]. Pour les sionistes, tout armistice prématuré en Orient aurait empêché la « récupération » des territoires de Palestine une fois la guerre terminée[11]. L’historien Allen Murphy expose, dans un ouvrage paru en 1982, comment Felix Frankfurter (1882-1965) juge à la cour suprême des Etats-Unis de 1939 à 1962 et Prof. à la Harvard Law School[12], a travaillé avec l’avocat et juge à la cour suprême Louis Brandeis (nommé à ce poste par le Président Wilson en 1916), afin de construire un réseau de soutien au sionisme aux Etats-Unis et ce, durant près de vingt-cinq années[13]. Brandeis appartenait à une société secrète appelée les « Parushim » qui, selon la prof. Dr. Sarah Schmidt, était comme « Une organisation de guérilla secrète déterminée à influencer le cours des événements de manière silencieuse et anonyme. »[14]

Au moment de l’ouverture de la Conférence de paix de Paris, débutée en janvier 1919, le président états-unien W. Wilson, soucieux de connaître la situation sur le terrain, avait dépêché une commission d’enquête en Palestine, auteure du rapport King-Crane. Selon cette commission, tout exercice de pressions économiques ou sociales sur les habitants de Palestine représentait une « violation du principe d’autodétermination et des droits de ces populations »[15]. Brandeis obtint, avec l’appui de Frankfurter, la censure de ce rapport jusqu’à ce que les accords de Versailles soient signés (août 1920)[16].

Depuis les années trente, les organisations sionistes armées menaient des séries d’attentats afin de produire un exode vers la terre « d’Israël », comme par exemple en Irak, jusqu’au début des années 1950[17]. Les Sionistes avaient développé la capacité de mener des opérations d’influence au niveau international afin d’assurer la pérennisation de leur projet en Palestine[18]. L’une des victimes d’un tel acte fut l’envoyé de l’ONU, le comte Folke Bernadotte, assassiné alors qu’il tentait de modifier le plan de partage de la Palestine, élaboré par les sionistes, et qui menaçait la réussite de leur entreprise[19].

D’autre part, un puissant mouvement de lobbying pro-sioniste étendait son action jusqu’au sein du Congrès des Etats-Unis[20]. L’un des sénateurs républicains d’origine juive, Jacob K. Javits, membre de la Chambre des Représentants depuis janvier 1947, partisan de la cause sioniste, confiait après la guerre: «Nous nous battrons jusqu’à la mort et créeront une Etat juif en Palestine, même si c’est la dernière œuvre que nous accomplissons. »[21]  Lors de la guerre de fondation, marquée par la déclaration d’indépendance de l’Etat d’Israël, le 14 mai 1948, de nombreuses communautés dénoncèrent les brutalités exercées par les forces d’intervention sionistes notamment à Jérusalem[22]. Le futur premier ministre Menahem Begin à la tête de l’Irgoun Zvaï, organisation armée sioniste en Palestine, se vanta plus tard du fait que les sionistes avaient amenés le terrorisme non pas seulement au Proche-Orient mais dans le monde entier[23]. Le rabbin orthodoxe Baruch Korff déploya des réseaux de financement clandestins, afin de soutenir des actions d’influence (couplées à leur propagande) à l’intérieur de l’empire britannique alors plutôt enclin à courtiser les Arabes suivant la nouvelle donne géopolitique de la Guerre froide[24].

Après la Deuxième Guerre mondiale, le directeur du Bureau pour les affaires du Proche-Orient au département d’Etat des Etats-Unis, Loy Henderson, répéta qu’un soutien de la part de Washington au sionisme leur ferait perdre toute crédibilité morale : « En ce moment les Etats-Unis ont acquis un prestige moral au Proche et au Moyen-Orient, qui n’est égalé par aucune autre des grandes puissances. Nous perdrions (alors) ce prestige (en cas de soutien aux sionistes) et ce pour de nombreuses années, car nous serions considérés comme des traîtres des hauts principes que nous avons nous-mêmes proclamés durant la Seconde Guerre mondiale. »[25] Henderson était l’une des voix mettant en garde contre le « plan de partition » de la Palestine qui ferait selon lui de la « question de Palestine » un « problème permanent » pour le futur des relations internationales[26]. Le directeur du bureau du département d’Etat pour le Proche-Orient, Gordon P. Merriam rappelait de son côté que toute partition devait reposer sur le consentement des populations concernées sans quoi les principaux traités de droits, de la Charte de l’Atlantique à la Charte de l’ONU, seraient clairement violés[27].

Au printemps 1948, dans une ébauche de mémorandum interne estampillé « Secret », Dean Rusk, travaillant pour le bureau des Nations Unies au sein du département d’Etat confiait au sous-secrétaire Robert A. Lovett : « Les Juifs seront les agresseurs des Arabes. Cependant, les Juifs prétendront qu’ils ne font que défendre les frontières de leur état selon le tracé de l’ONU (…) Dans le cas d’une aide apportée aux Arabes, les Juifs courront auprès du Conseil de Sécurité (de l’ONU) en clamant que leur état fait l’objet d’une agression armée et ils utiliseront tous les moyens afin d’obscurcir le fait que c’est leur propre agression armée contre les Arabes qui est porteuse de la cause de la contre-attaque arabe. »[28]

En dépit des avancées de la « nouvelle histoire israélienne »[29], l’historiographie officielle continue de minimiser, quand elle ne le tait pas, l’emploi de la violence de la part des milices sionistes contre les populations palestiniennes. Pourtant, selon l’historien israélien Tom Segev : « Israël est née de la terreur, de la guerre et de la révolution, et sa création a requis un degré certain de fanatisme et de cruauté. »[30] Un fait qui est illustré lors de la prise illégale de Jérusalem à l’issue de la guerre de juin 1967 par le ministre de la défense Moshe Dayan[31]. Le premier ministre Levy Eshkoll n’eut pas alors les moyens, ni les ressources, qui lui auraient permis de contrôler l’avancée militaire. Zeev Schiff, ancien correspondant militaire pour le quotidien israélien Haaretz, a révélé des années plus tard la teneur d’une conversation qu’il avait eue à l’époque avec le général Ariel Sharon[32]. Celui-dernier se félicitait: « En des moments comme celui-ci en particulier, après la victoire[33], il est souhaitable qu’Israël ait un premier ministre faible (face à l’armée), ce qui rend possible le transfert rapide des forces armées israéliennes et des camps d’entrainement à travers les territoires de la Cisjordanie. »[34]

Depuis l’annexion israélienne de Jérusalem en 1967, la question de la souveraineté sur le « Mont du temple » (Haram al Sharif – « noble sanctuaire » pour les arabes) a pris une importance symbolique. Haut lieu sur lequel les Omeyyades ont bâti leur Mosquée al-Aqsa au début du 8ème siècles il est situé sur les fondations du présumé temple de Salomon, lieu du premier royaume d’Israël[35], instauré, selon la chronologie biblique, au Ier millénaire av. J.-C., mais pour lequel les traces archéologiques restent peu probantes[36].  La victoire de 1967 avait conduit à la destruction du quartier des Maghrébins à Jérusalem-Est ainsi que des villages environnants, déplaçant les populations locales hors de ces zones stratégiques pour le contrôle de cité sainte[37].

La légitimation de cette violence, par l’emploi de canaux clandestins, signale autant l’incapacité des courants démocrates israéliens, à faire appliquer les engagements diplomatiques internationaux, selon une approche politique modérée, que l’affirmation grandissante depuis cette époque du rôle de la droite radicale et de l’armée qui a pris en main le destin et la sécurité d’Israël[38]. Cette même droite radicale a clamé sans relâche depuis 1967 que le maintien de l’autorité du Waqf, la plus haute instance arabe en charge de l’administration de Mont du temple, siège de la mosquée Al-Aqsa, désacralise le « temple des juifs », promettant sa reconstruction future en lieu et place de la mosquée[39].

Suite à une phase de négociations menées à Camp David (USA), en septembre 1978, sous l’égide de la présidence J. Carter, un deuxième volet de discussion s’était tenu en juillet 2000. Le président William J. Clinton (Bill Clinton) avait alors pu tester la résolution palestinienne sur la souveraineté de Jérusalem-Est. Lors des discussions, Yasser Arafat avait déclaré à Clinton : «Je préfère mourir plutôt que de reconnaître la souveraineté d’Israël sur Haram al-Sharif…Je ne veux pas rester dans les mémoires arabes comme un traitre à leur cause. »[40]. Quelques jours plus tard, faisant face  aux reproches de Clinton, aligné politiquement sur le premier ministre israélien Ehud Barak, le chef de la négociation palestinien Saeb Erekat,  laissait percer son exaspération à propos des 22% des territoires historiques restant en Palestine, en Cisjordanie et à Gaza sur lesquels les Palestiniens étaient sensés fonder leur Etat: « Maintenant vous (Clinton) dites que Arafat n’a pas fait les concessions nécessaires…Il a accepté ces 22% (de territoires) restant parce que les administrations américaines précédentes et l’Europe avec elles ont dit qu’ils soutiendraient ceux qui œuvrent pour la paix. Bien, c’est exactement ce que nous attendons de vous, Mr. Le Président (Clinton). »[41]

Quelques semaines plus tard, le 28 septembre, la visite d’Ariel Sharon sur l’esplanade des Mosquées marquait le début de l’embrasement. Selon l’historien Patrick Tyler, l’acte de défi symbolique d’Ariel Sharon lui permettait de réaffirmer la prétention d’Israël sur les lieux saints[42].

Le statut de Jérusalem-Est reste, aujourd’hui comme hier, l’enjeu central du conflit Israélo-arabe, focalisant les attentes, en apparence irréconciliables, des deux bords[43]. Qui ose prétendre, comme l’ont fait D. Trump et B. Netanyahou, que le déplacement de la capitale de l’Etat d’Israël participera à l’entente et la paix dans la région ?

 Le parti du Likoud de Netanyahou, flirtant avec les franges politiques les plus radicales, a laissé faire l’annexion des territoires de Cisjordanie par les colons juifs, niant les droits fondamentaux à toute une population de « non-citoyens » placés sous un régime d’occupation militaire. Une élite militaire, paraît ainsi avoir pris le contrôle de la politique israélienne en dictant ses options, son calendrier sécuritaire et « antiterroriste », qui marginalise la voix des libéraux[44]. Selon l’historien Patrick Tyler, c’est la peur, l’instabilité et le terrorisme qui sont l’adrénaline de la droite israélienne qui s’en nourrit pour se maintenir au pouvoir[45].

Voilà une décennie, les Prof. John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt, ont appelé à déconstruire les mythes du passé, afin de permettre à un plus large public d’accéder à une histoire dépassionnée de la fondation de l’Etat d’Israël[46]. Faisant écho aux historiens de la « nouvelle histoire », cet appel traduit l’espoir que les actions politiques ne soient plus influencées par les stéréotypes identitaires et autres prétendus droits bibliques immémoriaux[47]. Dans la réalité le contraire s’est produit : les dirigeants israéliens ont exploité la carte du mythe de la « cité éternelle » et « indivisible ». Ils n’ont eu de cesse de s’approvisionner aux sources du récit identitaire sioniste, niant la nature plurielle et composite de Jérusalem[48]. La finalité étant d’empêcher l’autodétermination des palestiniens par l’imposition de la loi de la minorité ethnique juive contre la majorité[49]. L’expulsion systématique des familles palestiniennes de leur maison et les conditions d’occupation des terres palestiniennes se sont aggravées. Un démenti à ceux qui croyaient qu’Israël parviendrait à s’affirmer en tant que modèle démocratique et non en tant qu’Etat d’apartheid[50].

Loin de reconnaître la validité des traités et des engagements internationaux, le président états-unien Donald Trump et son allié israélien B. Netanyahu, ont pris le parti de s’en affranchir[51]. Les travaux de l’historien Rashid Khalidi ont démontré que les Etats-Unis, n’ont jamais été les médiateurs impartiaux qu’ils prétendaient être dans ce conflit[52].

Selon Ari Shavit, correspondant au quotidien Haaretz, le jour anniversaire de l’indépendance d’Israël, le 14 mai 2013 : « Les Américains, les Européens, les Arabes et les Israéliens sont maintenant exposés – qu’ils en aient conscience ou non – à l’énorme fossé existant entre la dimension (humaine) de l’injustice israélienne et l’intensité (inhumaine) de la brutalité qui l’environne. Ce fossé a ouvert les yeux des individus en expliquant certaines choses que nous avions à faire en tenant compte de l’immense accomplissement auquel nous sommes arrivés. Cela a rendu le post-sionisme dépassé, expliquant le sentiment de fierté que nous sommes en droit de ressentir en ce jour de notre indépendance, en définissant les défis qui nous attendent, en notre 66ème année d’existence. »[53]  Si Israël a tant accompli, comme le dit justement A. Shavit, elle doit maintenant pérenniser son œuvre en envisageant comment remplir ses obligations d’Etat démocratique, en respectant ce même droit international sur lequel repose son existence.



[1] Selon la Jerusalem Embassy Act (1995).

[2] En tant que moteur de la création du foyer national juif en Palestine dès la fin du 19ème siècle, le sionisme a entretenu ce mythe de l’indivisibilité de la cité sainte afin d’en tirer profit. Lire Ilan Pappe, The Idea of Israël, a history of Power and Knowledge, New York, Verso, 2016.

[3] Traduction de l’historien Ilan Pappe : « Zionism was driven by a wish to rewrite the history of Palestine, and that of the Jewish people, in a way that proved scientifically the Jewish claim to « the Land of Israël », in ibid., p.18. Dans la version sioniste de l’histoire, avant 1882, les terres de la Palestine étaient présentées comme « inoccupées ».

[4] Dès le début des années 1970, un courant de « nouveaux historiens » israéliens a choisi de prendre le contre-pieds de l’histoire officielle en s’inscrivant dans un courant de pensée post-sioniste. Il s’agit d’un noyau initial formé de Sima Flapan, Benny Morris, Tom Segev, Ilan Pappe, Avi Shlaïm. Qui entraînera une nouvelle vague à leur suite : Baruch Kimmerling, Idith Zertal, Shlomo Sand et Uri Ram. Ces derniers ne sont pas tous d’accord notamment sur l’interprétation des violences et des effets de celles-ci.

[5] Lire le compte rendu de l’ancien ambassadeur de France Roger Garreau, « Le statut international de Jérusalem » in Le Monde diplomatique, mai 1955, p.1 et 3.

[6] On rappellera que l’ONU, l’Union européenne et la pape ont tous condamnés l’annonce faite par le président D. Trump. Lire Jason Horowitz, « U.N., European Union and Pope Criticize Trump’s Jerusalem Announcement » in The New York Times, 06.12.2017. Sur : https://www.nytimes.com/2017/12/06/world/europe/trump-jerusalem-pope.html

[7] Lire entre autre le compte rendu de William Yale, The Near East : A Modern History, Ann Arbor, University of Michigan Press, 1968, pp.266-270. Dans lequel celui-ci écrit : « The Zionists in England well understood that British leaders would have to be approached on the basis of their interests and ideas. (…) The means used were adapted admirably to the personal outlook and characteristics of the men to be influenced. »

[8] Ibid.

[9] La version finale de la déclaration Balfour avait été rédigée par Leopold Amery, un fervent sioniste. L’idée étant elle-même attribuée à un membre fondateur des Parushim Horace Klein.

[10] Alison Weir, Against our better Judgment, How the U.S. was used to create Israël, 2014, pp. 8-9

[11] Reinharz, Jehuda, « His Majesty’s Zionist Emissary : Chaim Weizmann’s Mission to Gibraltar in 1917. » in Journal of Contemporary History, no 27, vol 2, 1992, p. 263

[12] Il l’est depuis 1914 grâce à une bourse du financier Jacob Schiff.

[13] Allen Murphy, The Brandeis-Frankfurtr Connection : The secret Political activities of Two Supreme Court Justices,

[14] Les résultat de la prof. Schmidt furent publié en 1978 dans American Jewish Historical Quarterly. Cité par Alison Weir, op. cit. p. 11.

[15] Mulhall John W., America and the Founding of Israël : an Investigation of the Morality of America’s Role, Los Angeles, Deshon, 1995, p.79 cité par Alison Weir, op.cit., p.25

[16] Norman E. Saul, The Life and Times of Charles R. Crane, 1858-1939 : American Businessman, Philanthropist, and a Founder of Russian Studies in America, Lanham – MD, Lexington Books, 2012, p.196.

[17] Voir en outre le témoignage de l’ancien agent de la CIA Wilbur Crane Eveland dans Wilbur Eveland, Ropes of Sand : America’s Failure in the Middle East, London, W.W. Norton, 1980, p.48.

[18] La nouvelle école historique israélienne, post-sioniste, dont Yehouda Shenhav, a beaucoup travaillé sur les archives déclassifiées de cette période en montrant le caractère manipulatoire de telles opérations. Voir Ilan Pape, op. cit. pp.179-196.

[19] L’assassinat fut commandité par le LEHI sous la direction du futur premier ministre Yitzhak Shamir, le 17 septembre 1948. Voir le compte rendu sur la Jewish Virtual Library, http://www.jewishvirtuallibrary.org/the-assassination-of-count-bernadotte

[20] Dans ses mémoires, le président Truman relèvera le poids de ces pressions sionistes aux Etats-Unis : « I do not think I ever had as much pressure and propaganda aimed at the White House as I had in this instance. » cité par Michael T. Benson, Harry S. Truman and the Founding of Israël, Westport CT, Greenwood, 1997, p.106

[21] Lilienthal, Alfred M., What Price Israël ? 50th Anniversary ed., Haverford, PA : Infinity Publishing, 2004., p.63

[22] On a retrouvé les archives du LEHI, notamment pour le massacre des habitants du village de Deir Yassin. Celles-ci font état de l’emploi de la terreur et d’extermination d’enfants alignés le long de murs et mitraillés. Lire l’article de Ofer Aderet, publié dans Haaretz, le 16 juillet 2017, traduit en français sur le site de l’Union Juive française pour la paix, UJFP : http://www.ujfp.org/spip.php?article5800

[23] Russell Warren Howe, « Fighting the Soldiers of Occupation from WWII to the Intifada » in Seeing Light : Personal Encounters with the Middle East and Islam, Ed., Richard H. Curtiss and Janet McMahon, Washington D.D., American Educational Trust, 1997, pp.38-39.

[24] En 1948, Baruch Korff publia un encart dans le New York Post qualifiant la politique du Département d’Etat U.S. contre le plan de partition : « pure and simple anti-Semitism…plain everyday anti-Semitism, incorporated in the hearts and minds of those who govern free America » in Stevens Richard P., American Zionism and U.S. Foreign Policy, 1942-1947, Reprinted by the Institute for Palestine Studies, 1970, New York, Pageant, 1962.

[25] Neff Donald, Fallen Pillars : U.S. Policy towards Palestine and Israël since 1945, Washington D.C., Reprint Edition, Institute for Palestine Studies, 2002, pp.30-31

[26] Le secrétaire d’Etat de Truman, Dean Acheson était également opposé au sionisme. Selon son biographe celui-ci était inquiet du prix que l’Occident finirait par payer pour Israël.

[27] In Neff Donald, op. cit. pp.42-43. George F. Kennan, directeur du Policy Planning Staff aud département d’Etat émettait un document Top Secret le 19 janvier 1947 qui soulignait les retombées négatives pour les Etats-Unis du plan de partage de l’ONU.

[28] Draft Memorandum by the Diector of the Office of the United Nations Affairs, Dean Rusk, to the Under Secretary of State, Robert A. Lovett, Secret, Washington, 4 mai, 1948, FRUS, 1948, pp.894-895.

[29] Ces recherches ont servi à documenter le présent article. Voir note supra no 4.

[30] Segev Tom, The Seventh Million, New York, Hill and Wang, 1993, p.63. cité dans Alison Weir, op. cit. p.58

[31] Dix jours après la fin des opérations, le général Dayan déclara au caveau des Patriarches à Hébron : « Nous sommes venus ici (Jérusalem) pour l’éternité ». Lire la discussion à ce sujet

[32] Ariel Sharon sera ministre de la Défense de 1981 à 1983, ministre des Affaires étrangères de 1998 à 1999 puis Premier ministre d’Israël de 2001 à 2006.

[33] La principale bataille finale fut celle de Latroun le 5 juin 1967

[34] Johnathan Cook, Israel and the Clash of Civilisations, London, Pluto Press, 2008, p.105

[35] Selon la Bible : « Chaque jour de la vie de Salomon, Juda et Israël sont demeurés en sécurité, chacun sous sa vigne et son figuier, de Dân à Beer-Sheva » in Livre des Rois, 1, 5, 4-5.

[36] On rappellera l’argumentation de Shlomo Sand, bien que controversée à ce sujet. Celui-ci écrit : « Il n’existe (en fait) aucun vestige de l’existence de ce roi (Salomon) légendaire dont la Bible décrit la richesse en des termes qui en font presque l’équivalent des puissants rois de Babylone ou de Perse. » in Shlomo Sand, Comment fut inventé le peuple juif , Paris, Fayard, 2008, p. 235 puis plus loin : « Des auteurs et des rédacteurs divers du monde antique cherchèrent à créer une communauté religieuse cristallisée et puisèrent dans la politique du passé «glorifié» pour contribuer construction d'un avenir stable et durable pour un centre de culte important à Jérusalem. Leur souci principal était de se différencier des habitants païens, et ils inventèrent donc la catégorie d'«Israël» comme peuple sacré et élu d'origine étrangère, face à Canaan, vu comme l’antipeuple local de puisatiers et de bûcherons. » in ibid. p.241-244

[37] L’entretien de Tom Segev dans « Les cicatrices de la guerre des Six-jours » in Le Monde, 21.05.2008. (des propos recueillis par Sylvain Cypel). Immédiatement après la guerre, Yitzhak Rabin ordonna de raser les villages de Imwas, Yalou et Bayt Nouba en expulsant quelque 1500 habitants.

[38] Ceci d’autant plus que la guerre de 1967 et la prise de Jérusalem plaçait Israël au ban de la communauté internationale, plusieurs fois condamné à rétrocéder les « territoires occupés ». Des résolutions réitérées depuis lors et jusqu’à nos jours. Le journal Foreign Policy établissait la liste des résolutions du Conseil de Sécurité violées par Israël dans un article de Jeremy R. Hammond, « Rogue State : Israeli violations of U.N. Security Council resolutions » in Foreign Policy Journal, January 2010, sur : https://www.foreignpolicyjournal.com/2010/01/27/rogue-state-israeli-violations-of-u-n-security-council-resolutions/

[39] Lire le chapitre 8 « Beyond Routine Politics : The Cultural Radicals and the struggle for the Temple Mount » in Ehud Sprinzak, The Ascendance of Israel’s Rical Right, New York, Oxford University Press, 1991, pp.251-288.

[40] Echange rapporté dans Patrick Tyler, A World of Trouble, The White House and the Middle East, New York, Farrar, 2009, p.505

[41] Ibid.

[42] Ibid., p.508

[43] Ce que le droit et l’ONU semblait devoir garantir.

[44] C’est la thèse de Patrick Tyler, Fortress Israel, The inside story of the military Elite who run the country, New York, Farrar, 2012.

[45] Dans Patrick Tyler, op. cit. p.508

[46] Cette remarque intervient à la fin de leur ouvrage sur les lobby israéliens aux Etats-Unis, dans le chapitre intitulé : « Encourager un débat plus libre », lire : John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt, Le Lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, Paris, La Découverte, 2007. P.383.

[47] Voir à ce sujet l’historien israélien Ilan Pappe, The Idea of Israël, op. cit. Edward Saïd a contribué à renouveler notre compréhension de la relation dialectique existant entre le pouvoir et les élites académiques. Renouvelant le questionnement sur le sionisme du point de vue des victimes.

[48] Ibid. pp.509-510

[49] Voir Thomas Suarez, State of Terror, How terrorism created modern Israel, Bloxham, U.K., Skyscraper, 2016, p.10.

[50] Lire Raphael Mergui et Philippe Simonot, Israel’s Ayatollah, Meir Kahane and the far right in Israël, London, Saqi Books, 1987 (traduit du français : Meir Kahane : le rabin qui fait peur aux juifs, 1985). Voir le documentaire de Ana Nogueira et Eron Davidson, The Roadmap to Apartheid, 2012, référence : http://roadmaptoapartheid.org/

[51] Quelle application de la Convention de Vienne sur le droit des traités du 23 mai 1969, voir notamment l’étude du Prof. Eric David, « Le statut étatique de la Palestine », 2012, sur http://cdi.ulb.ac.be/wp-content/uploads/2012/12/6.-Statut-e%CC%81tatique-Palestine.pdf 

[52] L’historien Rashid Khalidi a depuis montré comment les Etats-Unis, loin de servir d’intermédiaire impartial avaient contribué à défaire la paix. Rashid Khalidi, Brokers of Deceit : How the U.S. has undermined Peace in the Middle East, Boston, Beacon Press, 2013.

[53] Ari Shavit, senior correspondent, Haaretz, on Israel’s Independance Day, 2013.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."