Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Un Picsou à Fribourg

On le surnomme Picsou! Georges Godel, grand argentier fribourgeois, est intransigeant avec les finances publiques. Le canton de Fribourg dispose d’une fortune nette de 1,1 milliard de francs dont l’origine remonte à la redistribution en 2005 du produit de la vente d’or excédentaire par la Banque nationale suisse. Mais il préfère conserver cette manne dans ses coffres au lieu de l’investir pour dynamiser son économie.

Des entrepreneurs et des acteurs académiques ne ménagent pas leurs critiques à l’égard des autorités politiques qu’ils accusent de manquer d’ambition, d’audace, de vision et de leadership. «Dans un canton où l’agriculture a joué pendant longtemps un rôle important, elles devraient savoir qu’il faut semer avant de récolter», relève le directeur de la Haute Ecole de Gestion de Fribourg. 

La révision de la loi sur la Promotion économique, qui sera mise en consultation prochainement, donnera le ton de la législature 2017-2021. Comme d’autres cantons, Fribourg parviendra plus difficilement que par le passé à attirer des multinationales étrangères sur son territoire. Il ne pourra donc miser que sur ses propres forces pour croître. Dans cet environnement, le canton n’a pas le choix. Il doit encourager la création de nouvelles entreprises et le développement de celles existantes afin de leur permettre d’acquérir les technologies de pointe dont elles ont besoin pour assurer leur avenir. 

Il s’agit de mettre tous les moyens à disposition pour relever le défi de la croissance. Au cours de ces dix dernières années, la hausse du produit intérieur brut du canton de Fribourg a découlé de la forte progression de la construction et des activités de l’Etat (éducation, santé, etc.). En d’autres termes, elle est imputable à l’augmentation de la population résidante et non à l’amélioration de la productivité des entreprises. Depuis plusieurs années, Fribourg est devenu un canton dortoir entre Berne et Vaud. Ce qui contraint les collectivités publiques à construire des routes, des écoles, etc., alors que les recettes fiscales par habitant stagnent. 

Dialoguer ne suffit plus. Il faut agir

Dans ce contexte, la croissance de l’emploi est prioritaire, surtout dans les activités à forte valeur ajoutée. L’objectif est de faire en sorte que les jeunes diplômés contribuent à la création de richesses dans le canton au lieu que d’autres régions ne profitent de leurs compétences acquises sur les bancs des hautes écoles financées par les contribuables fribourgeois. Encore faut-il que les acteurs politiques sachent se montrer audacieux pour soutenir l’innovation et pour pousser à la mise en œuvre d’un écosystème favorable à la prise de risque. Le dialogue avec les acteurs locaux ne suffit plus. Il faut agir. Sinon, le canton de Fribourg continuera de végéter.

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