Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Prix: la lutte inégale contre les profiteurs

Prix: la lutte inégale contre les profiteurs

Ils sont souvent fixés par une autorité exécutive, en dehors de tout débat démocratique. Ils frappent indistinctement les gros comme les petits revenus. Ils servent à financer les dépenses communales ou cantonales. Les émoluments prélevés pour une attestation de domicile, un permis de conduire, un raccordement à l’eau et à l’électricité, etc., par les collectivités et les entreprises publiques sont facturés à des citoyens et à des clients captifs qui n’ont pas d’autre choix que de s’acquitter du montant exigé (lire notre dossier pages 32 à 39). Dans les communes, la tentation est grande d’augmenter le tarif des émoluments et de prélever de nouvelles taxes, par exemple sur l’utilisation du domaine public, plutôt que de relever les impôts. 

Comme l’affirme Stefan Meierhans, alias Monsieur Prix, le risque d’abus est important. Les émoluments et les prix administrés, autrement dit ceux qui ne sont pas fixés par le marché, relèvent de sa compétence. Mais ses moyens et ses pouvoirs sont limités. Et son budget a encore été raboté en raison du programme d’économies de la Confédération qui procède aveuglément par coupes linéaires. 

Dans ces circonstances, la lutte déjà inégale qu’il mène contre les collectivités publiques et les entreprises monopolistiques devient encore plus difficile. 

Certains s’en réjouissent. On entend régulièrement des voix du côté de l’UDC pour exiger la suppression de la Surveillance des prix dont les activités sont jugées superflues. Les succès obtenus après des combats parfois acharnés dérangent les acteurs qui profitaient de leur position dominante. Ils montrent aussi que les citoyens et les consommateurs peuvent jouer un rôle déterminant dans la lutte contre les abus en les dénonçant  auprès de Monsieur Prix.

Combattre l’îlot de cherté

On le sait: la Suisse est un îlot de cherté sur le continent européen. Au cours de ces dernières années, la forte appréciation du franc a permis aux importateurs de réaliser de jolis gains au détriment des consommateurs et des entreprises. Face à cette situation qui entrave la compétitivité de l’économie helvétique et diminue le pouvoir d’achat, les acteurs politiques ont promis d’agir.

Or, le Parlement a enterré la révision de la loi sur les cartels qui aurait donné davantage de pouvoir à la Commission fédérale de la concurrence pour sanctionner les abus. Et, aujourd’hui, c’est la Surveillance des prix qui fait les frais de la politique d’austérité de la Confédération. On n’agirait pas autrement pour décourager et démotiver ses responsables et ses collaborateurs. Le combat contre l’îlot de cherté et ceux qui en abusent figure pourtant parmi les principaux défis que doit relever la Suisse.

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