Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Prévoyance 2020: les Suisses dans le déni

Les Suisses aiment volontiers se moquer de la France et de l’Italie incapables de procéder à des réformes d’envergure. Après avoir rejeté, ce printemps, une nouvelle législation sur la fiscalité des entreprises et, ce dimanche, une refonte capitale de la prévoyance-vieillesse, ils n’ont plus aucune leçon à donner à leurs voisins.

Pour Alain Berset, cette défaite est mortifiante. Avec le gouvernement, il a eu le courage de présenter un plan touchant à la fois l’AVS et le 2ème pilier. Une première dans l’histoire de la prévoyance-vieillesse et dont l’objectif consistait à trouver un compromis qui puisse satisfaire non seulement la classe politique mais aussi le peuple. Dans le passé, toutes les refontes partielles concoctées sous la Coupole fédérale avaient essuyé des échecs cuisants.

Prévoyance 2020 prévoyait, cette fois-ci, un partage équilibré des sacrifices. Elle était surtout nécessaire en raison de l’allongement de l’espérance de vie et du vieillissement de la population. Les personnes de plus de 65 ans seront bientôt plus nombreuses que celles des moins de 18 ans!

La victoire remportée par la droite et les grandes associations patronales - Economiesuisse, Union suisse des arts et métiers et Union patronale suisse – laisse augurer des lendemains qui pourraient ne pas tarder à déchanter. Les citoyens helvétiques repousseront probablement toutes les versions d’inspiration libérale. D’autant qu’elles seront plus dures que celle qui vient d’échouer devant le peuple.

Le revers de Prévoyance 2020 est inquiétant. Il témoigne de la crainte de la population vis-à-vis de l’avenir. De nombreuses réformes s’avèrent pourtant nécessaires pour maintenir la compétitivité de la Suisse. «Or, nous continuons de vivre en pensant que notre prospérité est acquise à tout jamais», constate Tibère Adler, directeur romand d’Avenir Suisse (un think tank d’obédience libérale) dans une interview qui paraîtra mercredi dans Bilan. L’avenir s’annonce difficile!

 

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."