Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Les Suisses ont résisté au repli nationaliste

Il faut saluer la résistance du peuple suisse à un climat ambiant caractérisé par la peur.

C’est une sévère défaite pour l’UDC! Ses dirigeants n’ont pas réussi à convaincre avec leur initiative «Pour l’autodétermination» qui exigeait la primauté de la Constitution fédérale sur le droit international. 

La campagne de votation a eu lieu dans un contexte politique mondial marqué par une tendance au repli nationaliste. Même le Conseil fédéral n’y a pas échappé en décidant de surseoir (provisoirement?) à la signature du Pacte mondial des Nations-Unies sur la migration. Malgré cet environnement qui aurait pu pousser le peuple à souscrire aux arguments de l’UDC, il n’en a rien été. Il faut saluer cette résistance à un climat ambiant caractérisé par la peur. 

L’adoption de cette initiative n’aurait d’ailleurs rien changé: elle ne prévoyait en effet aucune procédure pour faire primer la Constitution sur les engagements de la Suisse. Faute de Cour constitutionnelle, le Parlement et le Tribunal fédéral auraient dû continuer de se pencher sur l’interprétation à donner dans la législation à une initiative contraire au droit international. 

«On pourrait croire que c’est le but des initiants: pouvoir se plaindre que les autorités ne respectent pas la volonté populaire», affirmait cet été Pascal Mahon, professeur de droit constitutionnel à l’Université de Neuchâtel, dans la revue juridique et politique Plaidoyer.

L’UDC a cru qu’il suffisait de brandir les menaces pesant sur la démocratie directe pour remporter la bataille des urnes. Or, les citoyens n’ont pas été dupes. Aucun peuple n’a autant de pouvoir en ses propres mains. Avec le référendum facultatif et le référendum obligatoire, il dispose de deux instruments pour rejeter les traités internationaux qui ne lui conviennent pas.  Il peut aussi lancer une initiative pour sortir d’un accord qui lie la Suisse. Et l’UDC ne s’en prive pas. 

Initiative visant à dénoncer l’Accord sur la libre-circulation des personnes

La page des juges étrangers à peine refermée qu’une autre échéance capitale attend en effet la Suisse. En septembre dernier, l’UDC et l’ASIN (Action pour une Suisse indépendante et neutre) ont déposé à la Chancellerie fédérale une initiative visant à dénoncer l’Accord sur la libre-circulation des personnes entre la Suisse et l’Union européenne. 

Elle est beaucoup plus nuisible à la compétitivité de l’économie suisse que celle sur «l’autodétermination» car elle menace les accords bilatéraux I (recherche, transport aérien et terrestre, obstacles techniques au commerce, etc.) en raison de la clause guillotine. 

Si l’immigration devait à nouveau s’accroître et la conjoncture se retourner avec une hausse du chômage, cette initiative pourrait convaincre une majorité de citoyens en 2020. Le combat s’annonce d’ores et déjà homérique d’autant que les élections fédérales se dérouleront dans une année!

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