Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix BZ du journalisme local 1991, Prix Jean Dumur 1998, AgroPrix 2005 et 2019.

Les stations de montagne doivent agir

La révolution numérique oblige les acteurs à surmonter les ego, à dépasser les luttes de clan et à casser les codes

La neige qui recouvre les Alpes et les Préalpes ne doit pas faire illusion. Les stations de montagne sont contraintes de relever de nombreux défis pour résister à la concurrence étrangère et à l’offre très large de loisirs et de vacances: digitalisation des prestations, commercialisation touristique des lits, politique tarifaire dynamique, demande volatile de la clientèle, durée du séjour plus courte, etc.

A ces contraintes économiques s’ajoute le réchauffement climatique. Si le relèvement progressif du manteau neigeux n’affecte pas ou que partiellement les destinations disposant d’installations mécaniques en haute altitude, il touche celles de moyenne montagne. En Suisse romande, les Préalpes vaudoises et fribourgeoises en subissent déjà les conséquences. La fermeture de domaines skiables provoque des psychodrames, comme à Château-d’Œx (VD). A Val-de-Charmey (FR), les citoyens ont décidé de mettre à nouveau la main au porte-monnaie pour éviter d’en arriver à cette extrémité.

La transition vers un tourisme quatre saisons ne va pas de soi. Dans les stations de montagne, une majorité d’acteurs encaissent en effet plus des trois quarts de leurs recettes au cours de la saison hivernale. Toutes ne parviendront pas à convaincre les touristes d’y séjourner et de grimper sur leurs sommets aux autres saisons de l’année.

Les stations ne peuvent plus continuer de railler les écologistes soucieux de défendre un tourisme à échelle humaine. La protection du climat figure désormais parmi les préoccupations de la population et les destinations doivent en tenir compte. Même le Valais, pourtant si revêche aux organisations environnementales, a élu un Vert - Christophe Clivaz - au Conseil national. Un homme qui critique la trop grande dépendance au tourisme hivernal et qui a soutenu la Lex Weber sur les résidences secondaires.

Des opportunités inédites

Un vent nouveau commence à souffler dans les montagnes. La révolution numérique oblige les acteurs à surmonter les ego, à dépasser les luttes de clan et à casser les codes. Elle leur ouvre des opportunités inédites en leur permettant, d’une part, de se regrouper au sein d’une destination et, d’autre part, en les poussant à offrir de meilleurs services à une clientèle qui peut désormais comparer facilement les prestations d’une station à l’autre.

Dans ce contexte, les collectivités publiques restent des partenaires indispensables. C’est à la Confédération, aux cantons et aux communes de déterminer de quelle manière elles participent au financement des infrastructures, en particulier des remontées mécaniques, et de fixer des règles adéquates quant à leur rôle au sein des destinations.

Sans la participation de tous les acteurs, l’avenir des régions de montagne est compromis.

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