Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

La culture, un enjeu économique

Si la culture a toujours constitué un enjeu politique au cours de l’histoire, son rôle économique a largement été négligé. Depuis une quinzaine d’années, il prend de plus en plus d’importance. On ne parle plus seulement de charges pour les collectivités publiques, mais aussi de retombées positives pour les entreprises privées. 

Face aux attaques partisanes et aux difficultés budgétaires, les acteurs politiques ne peuvent plus se contenter de justifier leurs dépenses au nom de la dimension sociale et identitaire de la culture. Ils sont désormais contraints de les légitimer avec des arguments économiques pertinents. Autrement dit, il faut démontrer que la culture rapporte de l’argent. On peut le regretter, mais cette réalité est devenue incontournable avec le risque que les subventions soient davantage analysées puis octroyées sous l’angle de critères financiers.

Comme le montrent des études réalisées en Suisse et à l’étranger, la culture est à la fois un instrument de prestige, de promotion économique et touristique ainsi qu’un vecteur de croissance. Dans ce contexte se pose la question de son financement. En Suisse, la Confédération est, de tout temps, restée un acteur subsidiaire dans le pur respect du fédéralisme. Les cantons et les communes assument environ 89% des charges calculées par habitant. Au sein des grandes agglomérations, ce sont les villes qui jouent un rôle déterminant.

Prenons Genève et Lausanne. Dans les deux plus grandes villes romandes, la culture représente une charge importante car elles assument le financement de grandes institutions: par exemple le Grand Théâtre et la Comédie à Genève et l’Opéra, l’Orchestre de chambre et le Théâtre de Vidy à Lausanne. Or leur rayonnement dépasse largement le cadre du territoire communal. Une répartition équilibrée des dépenses entre le canton et la commune semble d’autant plus logique que la renommée de ces institutions rejaillit sur l’ensemble de leur région respective. Leur présence figure d’ailleurs parmi les atouts qu’elle avance pour attirer des talents.  

Subventions indirectes

Reste que mesurer l’impact de la culture au sens large ou celui des seules subventions versées aux acteurs culturels sur le tissu économique reste une opération délicate et incite à une certaine prudence. Les études servent surtout à justifier la stratégie mise en œuvre par les acteurs politiques ainsi que l’organisation d’événements de portée internationale, nationale ou régionale. Or, leurs résultats peuvent varier fortement selon les outils méthodologiques utilisés par leurs auteurs. Personne ne conteste en revanche que le soutien étatique à la culture constitue un subventionnement indirect des acteurs qui en profitent (hôtellerie, restauration, artisanat, etc.). 

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