Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

La transparence fait peur

La transparence fait peur

L’argent coule à flots! Les élections fédérales de cet automne s’annoncent comme les plus chères de l’histoire politique suisse. Or, on ne connaîtra jamais ni le nom des plus gros contributeurs ni le montant qu’ils auront dépensé. Depuis des années, le Greco (Groupe d’Etats contre la corruption) dénonce l’opacité du financement des partis politiques, des campagnes électorales et de votation. 

La transparence fait également défaut sous la Coupole fédérale, où de nombreux lobbyistes s’affairent pour défendre les intérêts de puissants acteurs. Or, les parlementaires n’ont aucune obligation de dévoiler les rémunérations qu’ils touchent d’entreprises et/ou d’organisations économiques et professionnelles qu’ils représentent pourtant au Conseil national et au Conseil aux Etats. Ces liens d’intérêt sont le prix à payer, dit-on, pour le fonctionnement du système de milice. Mais quel est le prix de cette dépendance? Cette question fâche les élus qui se contentent de hausser les épaules.

De même, les parlementaires ont rejeté ces dernières années toute modification de la procédure d’autorisation d’accès au Palais fédéral qui leur permet d’attribuer des cartes d’entrée à des lobbyistes. Le dernier refus remonte au 11 décembre dernier: ce jour-là, le Conseil des Etats a repoussé la création d’un système d’accréditation dont l’organisation aurait été confiée aux Services du Parlement pour garantir son indépendance. On remarquera au passage qu’aux Etats-Unis, la première loi encadrant les activités des lobbyistes remonte au XIXe siècle. 

L’exigence de transparence continue à hérisser ceux qui abusent des liens d’intérêt pour accroître leur pouvoir. Dans toute démocratie, celle-ci est pourtant nécessaire au bon fonctionnement des institutions. Et c’est encore plus vrai dans une démocratie semi-directe où les relations entre les citoyens et le pouvoir sont étroites et basées sur la confiance réciproque. Mais le peuple n’est pas dupe. Au cours des dernières années, il est parvenu à contrecarrer l’influence des groupes d’intérêt dans plusieurs votations importantes. L’argent ne fait pas tout!

Lire notre dossier pages 28 à 37

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