Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix BZ du journalisme local 1991, Prix Jean Dumur 1998, AgroPrix 2005 et 2019.

Construisons plus de logements abordables!

La politique d’aide au logement suivie jusqu’à maintenant a été trop frileuse. D’autres mesures doivent être prises

L’amélioration de la situation sur le marché du logement locatif se répercutera-t-elle négativement sur le résultat de l’initiative pour «Davantage de logements abordables» qui sera soumise au verdict populaire le 9 février prochain? A première vue, l’environnement dans lequel évolue actuellement le marché immobilier est défavorable à l’Association suisse des locataires (Asloca) qui a lancé le combat avec le soutien des syndicats, des socialistes et des Verts au début septembre 2015. Depuis plusieurs semestres, les loyers ont en effet tendance à baisser en moyenne nationale en raison de la hausse des logements vacants et des taux hypothécaires historiquement bas.

Cette vision est cependant trompeuse. Au cours de ces dernières années, les propriétaires n’ont pas entièrement répercuté le recul des taux d’intérêt sur le prix de la location. Autrement dit, ils ont conservé pour eux une grande partie des gains obtenus. Et ce au détriment des locataires. Les récentes baisses des loyers ne peuvent pas non plus masquer le coût élevé du logement. Selon l’Office fédéral de la statistique, ceux-ci se sont envolés de 29% en moyenne nationale au cours des vingt dernières années. Entre 2009 et 2019, c’est au Tessin (+15,1%) et dans la région lémanique (+13,8%) qu’ils ont le plus augmenté, d’après le cabinet de conseil Wüest Partner. Une hausse à mettre en perspective avec la stagnation des salaires durant la même période.

Dans les régions urbaines où vit la majorité de la population helvétique, les loyers sont très élevés. La part du budget d’un ménage consacrée à cette dépense y est aussi plus importante qu’en moyenne suisse (18%). Elle est surtout rédhibitoire pour les jeunes adultes, les bas revenus et les familles monoparentales qui emménagent pour la première fois ou qui doivent déménager pour toutes sortes de raisons.

Un pas dans la bonne direction

Dans ce contexte, la construction d’habitations abordables reste un défi que la Suisse doit et peut relever. La politique d’aide au logement suivie jusqu’à maintenant a été trop frileuse. Elle a abouti à la construction de seulement 800 à 900 appartements à loyers modérés par an sur l’ensemble du territoire. C’est trop peu. L’initiative de l’Asloca vise une politique beaucoup plus ambitieuse. Elle exige qu’au moins 10% des nouveaux logements appartiennent à des maîtres d’ouvrage d’utilité publique en privilégiant la constitution de coopératives d’habitation. Pour encourager ce type de logements, elle prévoit aussi que les collectivités publiques puissent introduire un droit de préemption en leur faveur.

Cette initiative est un pas dans la bonne direction. Mais celui-ci ne suffira pas, à lui seul, à modifier la politique du logement. D’autres mesures doivent être prises pour réduire son coût.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."