Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

«No Billag»: le rôle clé de l’Usam

La campagne de votation «No Billag» est dés-ormais lancée. Ses partisans peuvent compter non seulement sur le soutien de l’UDC mais aussi sur celui d’un acteur majeur du patronat: l’Union suisse des arts et métiers (Usam). C’est elle qui a permis à de jeunes libéraux de récolter le nombre de signatures nécessaires au dépôt de cette initiative visant à la suppression de la redevance audiovisuelle. 

Le rôle décisif de l’Usam ne relève pas, comme elle l’affirme, de la nécessité de redéfinir le service public, mais s’inscrit dans la guérilla qu’elle mène contre la SSR depuis plusieurs années avec la droite conservatrice alémanique. Une SSR jugée trop puissante, trop indépendante ou trop à gauche. 

Pour l’Usam, qui représente les intérêts des PME, «No Billag» est aussi une question stratégique. Celle-ci lui permet en effet de se distinguer d’EconomieSuisse, l’autre grande association faîtière du patronat, dont les responsables estiment que cette initiative «est trop radicale et doit être rejetée». Sous l’impulsion de son président – le conseiller national UDC Jean-François Rime – et de son directeur, le député PLR Hans-Ulrich Bigler –, l’Usam mène une lutte féroce contre la porte-parole des grandes entreprises. Objectif: prendre le leadership dans la défense des intérêts du patronat.

Des arguments fallacieux

Pour remporter la bataille du 4 mars prochain, les partisans de «No Billag» n’hésitent pas à brandir des arguments fallacieux. 

Faire croire que la SSR parviendra à se relever malgré la perte des trois quarts de ses recettes ne résiste pas à l’analyse des faits comptables et de l’environnement dans lequel elle tentera de survivre. Son redimensionnement entraînera non seulement une énorme casse sociale et un risque de manque de liquidité, mais se répercutera sur la diffusion de ses émissions de radio et de télévision. La Suisse romande en sera durement affectée. 

Faire croire que le paysage audiovisuel helvétique sortira renforcé de l’adoption de «No Billag» constitue une duperie. La suppression de la redevance ne fera qu’affaiblir encore davantage la qualité de l’information déjà soumise à de fortes pressions en raison des difficultés économiques de la presse. 

Faire croire que des fonds pourront être récoltés pour soutenir certaines émissions ou des canaux de diffusion de service public, notamment en faveur des minorités linguistiques, relève du vœu pieux. Qui en seraient les contributeurs? L’Usam?

 Il est impensable d’imaginer la Suisse sans une SSR forte. D’autant que tous nos voisins européens continueront de disposer d’un acteur public important dans l’audiovisuel. Une victoire de «No Billag» porterait un grave coup à la vigueur du débat politique au sein de la démocratie semi-directe helvétique. 

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