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CO-FONDATEUR DE ICONYL SA

Jean-Charles Neau aide les dirigeants à gagner en clarté et tranquillité d'esprit dans la réalisation de leurs plans sensibles de transformation digitale, développement d'affaires, amélioration de la performance. Jean-Charles a été conseiller d'entreprise en France et en Suisse, notamment auprès d'Arthur Andersen, avant de créer des états-majors en banques privées et d'y diriger des projets sensibles lors d’intenses périodes de transition et d'incertitude. Aujourd'hui, Jean-Charles est revenu au métier du service pour continuer à enrichir et partager son expérience de l’innovation, du digital et de la conduite du changement orientée clients, notamment comme lecteur en université et mentor auprès de start-ups technologiques. Voir le site Iconyl SA

Et si on prenait le temps de respirer ? Digressions sur le digital et l'Intelligence Artificielle

La créativité, tout comme l'empathie, sont ce qui va continuer à nous distinguer des machines. Profitons donc bien de cet été créatif.

Crédits: Jean-Charles Neau

Voilà l'été. La moitié d'entre nous partons en vacances tandis que l'autre moitié s'y prépare.

Les vacances sont ce moment privilégié où nous sommes créatifs et débordons d'idées. Simplement parce que nous prenons le temps de respirer.

Certaines idées s'envolent et se concrétisent, d'autres s'envolent et on ne les revoit plus, croit-on, car la réalité de septembre nous rattrape.

Qu'on se rassure, elles ne s'envolent ni bien loin, ni pour toujours. Elles restent en nous et rejaillirons, car le processus créatif qui les fait germer est ancré en tout être humain et n'attend que l'occasion, ou l'autorisation, de s'exprimer.

Au contraire de nous, l'Intelligence Artificielle, elle, est artificielle.

Les machines apprennent, seules ou accompagnées, mais c'est l'humain qui les programme ou les éduque.

L'IA repose sur une approche algorithmique et mathématique. Cependant tout ceci progresse très vite.

Déjà une IA peut découvrir totalement seule la meilleure manière de gagner au jeu du casse-brique dont elle ne connaît pourtant pas les règles au départ.

Des chercheurs veulent donner aux machines le don de la création artistique. On a ainsi pu voir, je n'ose pas encore écrire "admirer", les premières œuvres des IA. Si l'on admet que la créativité est un processus de combinaisons improbables d'idées déjà existantes, on peut imaginer qu'une IA puisse en effet créer.

Mais cela reste une machine programmée pour atteindre un but déterminé par son concepteur. Elle ne se trompe pas. C'est sa force et son principal défaut. Sa "réflexion" aboutira toujours au résultat statistiquement le plus proche du but fixé.

Tout est donc question d'objectif, le reste c'est des maths et de l'informatique.

Google vous propose de compléter votre recherche à partir des premières lettres que vous tapez, car c'est statistiquement ce que recherchent d'autres.

Amazon ou Netflix vous proposent les livres ou les films que vous pourriez aimer en fonction de vos choix passés et des choix de leurs autres clients.

D'un côté, ils facilitent la vie, de l'autre, ils créent le risque d'être entraîné là où on ne voulait pas aller au départ, pour le pire ou le meilleur, ou de creuser un sillon culturel dont on ne sort plus. En tout cas, de n'être pas à 100% libre de son choix.

Bref, objectif et statistiques. Pas beaucoup de place à l'intuition fulgurante, qui est à la fois créative et plus rapide.

Et quid des 10%, voire 1% d'erreur que l'IA laisse de côté dans sa marche imperturbable vers le résultat optimal ?

Le processus créatif passe aussi par nos erreurs

Demandez au chimiste Spencer Silver qui s'est trompé dans ses mélanges et a inventé une colle qui ne colle pas.

Certains se seraient fait licenciés pour moins que cela. Lui a donné naissance au post-it et à tous ses dérivés qui constituent aujourd'hui une source substantielle des revenus de 3M. Je ne sais pas si cela s'est vraiment passé comme cela, mais j'aime imaginer la panique de l'ingénieux ingénieur dans son labo avec ses éprouvettes devant son expérience ratée... et l'expression corporelle de son manager sur l'instant.

Juste retour de boomerang, le post-il est aujourd'hui l'outil le plus utilisé dans les brainstorming de créativité…

Et quid du but à atteindre confié à l'algorithme ?

Qu'on le veuille ou non, le digital va se substituer à de nombreuses activités humaines. C'est un risque ou une opportunité. Tout dépendra de nos choix éthiques et des mesures d'accompagnement.

En tout état de cause, la créativité, tout comme l'empathie, sont ce qui va continuer à nous distinguer des machines.

Profitons donc bien de cet été créatif avec nos proches.

Et vous, qu'en pensez-vous ?

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