Langlo Jan

DIRECTEUR DE L'ASSOCIATION DE BANQUES PRIVÉES SUISSES

Jan Langlo est titulaire d’un brevet d’avocat au barreau de Genève et d’un diplôme d’expert fiscal. Il a débuté sa carrière de fiscaliste auprès de Lenz & Staehelin, puis au sein de l’étude Oberson & Associés avant de rejoindre le Groupe Pictet en 2007 en tant que conseiller juridique et fiscal. Au bénéfice d’une grande expérience dans le domaine fiscal, Jan Langlo a rejoint l’Association de Banques Privées Suisses en janvier 2014 en qualité de Directeur adjoint. Depuis le 1er juillet 2015, il occupe le poste de directeur de l’ABPS, où il oeuvre à la défense politique des intérêts des banques actives dans le domaine de la gestion de fortune. Il exerce en parallèle le mandat de Secrétaire général de l’Association des Banquiers Privés Suisses. Jan Langlo siège au sein de diverses commissions et groupes de travail de l’Association suisse des banquiers.

N’ayons pas peur de l’échec !

« Le meilleur des maîtres, c’est l’échec », dit Yoda dans le dernier épisode de Star Wars. Qu’une telle réplique existe montre à quel point les Etats-Unis ont dédiabolisé l’échec. A raison à mon avis, car de nombreuses réussites ont commencé par des échecs. A ses débuts, Walt Disney s’est fait renvoyer d’un journal parce qu’il « manquait d’imagination et de créativité ». Oprah Winfrey a commencé par être congédiée parce qu’elle était « inapte à la télévision ». Thomas Edison était selon ses professeurs « un hyperactif trop bête pour apprendre quoi que ce soit », et son ampoule électrique ne s’est pas allumée du premier coup.

Ces exemples[i] montrent qu’il ne faut pas se décourager après un échec, mais au contraire rebondir et apprendre de ses erreurs. Ce n’est cependant pas encore l’attitude dominante de ce côté-ci de l’Atlantique. En Suisse comme dans de nombreux pays européens, l’échec est vécu comme un stigmate et doit donc être évité à tout prix. La faillite d’une entreprise est honteuse et son fondateur perd tout crédit – dans tous les sens du terme.

La fiscalité suisse reflète ce mépris de l’échec : les pertes d’une entreprise ne peuvent être reportées que sur les sept années suivantes. Tant pis donc pour les tâtonnements, les essais, les recherches qui nécessitent d’importantes dépenses avant de générer des profits. Le Conseil fédéral reconnaissait fin 2016 que cette limite temporelle devrait être abolie, mais rien ne se passe. Idem pour les start-ups : les investissements dont elles ont besoin sont imposés tant au niveau de leurs fonds propres que de la fortune des entrepreneurs. Pas étonnant que plusieurs quittent la Suisse au moment où leur développement devient intéressant ! Même la France a compris qu’il fallait exonérer l’outil de travail de l’impôt sur la fortune.

La peur de l’échec transparaît aussi dans les règles qui encadrent les investissements de nos caisses de pension. Tout ce qui concerne le « private equity », soit le financement d’entreprises innovantes, est traité comme un placement « alternatif », c’est-à-dire risqué et donc très limité. Pourtant, avec leurs plus de 800 milliards d’actifs, les caisses de pension sont les mieux placées pour en allouer une petite partie aux start-ups. Bien sûr, certaines feraient faillite. Mais le succès des autres compenserait largement ces échecs, et ferait décoller le rendement en ces périodes de taux négatifs. Il ne faut pas oublier que sur 40 ans, un rendement de 4% au lieu de 0% fait passer la rente de vieillesse du simple au double !

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