Langlo Jan

DIRECTEUR DE L'ASSOCIATION DE BANQUES PRIVÉES SUISSES

Jan Langlo est titulaire d’un brevet d’avocat au barreau de Genève et d’un diplôme d’expert fiscal. Il a débuté sa carrière de fiscaliste auprès de Lenz & Staehelin, puis au sein de l’étude Oberson & Associés avant de rejoindre le Groupe Pictet en 2007 en tant que conseiller juridique et fiscal. Au bénéfice d’une grande expérience dans le domaine fiscal, Jan Langlo a rejoint l’Association de Banques Privées Suisses en janvier 2014 en qualité de Directeur adjoint. Depuis le 1er juillet 2015, il occupe le poste de directeur de l’ABPS, où il oeuvre à la défense politique des intérêts des banques actives dans le domaine de la gestion de fortune. Il exerce en parallèle le mandat de Secrétaire général de l’Association des Banquiers Privés Suisses. Jan Langlo siège au sein de diverses commissions et groupes de travail de l’Association suisse des banquiers.

Les joueurs de mikado

Accord cadre, équivalence boursière, bâton ou carotte ? Les relations entre la Suisse et l'Union européenne ne se caractérisent pas par des décisions claires et tranchées.

Etrange manège que celui auquel se livrent l’Union européenne et la Suisse ces temps. On a l’impression d’observer deux joueurs de mikado qui font tout pour ne pas être celui qui devra saisir la baguette qui fera tout bouger. Le summum de l’art diplomatique semble être de fixer un délai pour forcer l’autre à ne pas le respecter, respectivement à trouver une bonne excuse pour le dépasser.

Démonstration : fin 2017, frustrée par le peu d’entrain de la Suisse à négocier un accord cadre, la Commission européenne limite l’équivalence des bourses suisses à un an (ce qui, soit dit en passant, est absurde : soit les règles suisses sont équivalentes et le restent, soit elles ne l’ont jamais été). Le 7 décembre dernier, alors que l’échéance approche, le Conseil fédéral décide de ne rien décider, hormis d’ouvrir une consultation en janvier sur le projet d’accord cadre avec l’UE. Comment réagit l’UE ? Elle prévoit de prolonger l’équivalence boursière de six mois… Gageons que si l’on en vient à un vote sur cet accord cadre, l’équivalence sera aussi prolongée jusqu’au résultat du vote !

La situation n’est guère différente en ce qui concerne le Brexit : les négociations ne finissent jamais vraiment, les décisions sont repoussées, et l’on évoque déjà le fait que la date du 29 mars 2019, date effective du Brexit qui semblait inamovible, pourrait être reportée… surtout si le Royaume-Uni se décide à organiser un nouveau référendum sur sa sortie de l’UE.

Ces valses-hésitations sont le reflet de l’incapacité de l’Union européenne à trouver des compromis avec ses partenaires. En étant inflexible avec ceux qui ne font pas partie du club ou qui veulent le quitter, elle montre surtout ses carences en matière d’auto-critique. Tout en perdant sa crédibilité chaque fois qu’un Etat membre, surtout un des membres fondateurs comme l’Italie ou la France, décide de ne pas respecter la limite de 3% de déficit public selon les critères de Maastricht.

Pour la Suisse, si l’UE ne veut pas, pour des raisons politiques, lui accorder l’équivalence boursière, il vaudrait mieux qu’elle le dise tout de suite, plutôt que d’essayer de la faire avancer avec cette carotte. De toute façon, grâce au plan B du Conseil fédéral, le bâton qui tient la carotte ne nous fera pas de mal, car tout est en place pour que les transactions sur les titres suisses continuent, en Suisse ou ailleurs, mais hors des bourses européennes. A ce jeu-là, l’UE ne fera de mal qu’à elle-même !

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