Langlo Jan

DIRECTEUR DE L'ASSOCIATION DE BANQUES PRIVÉES SUISSES

Jan Langlo est titulaire d’un brevet d’avocat au barreau de Genève et d’un diplôme d’expert fiscal. Il a débuté sa carrière de fiscaliste auprès de Lenz & Staehelin, puis au sein de l’étude Oberson & Associés avant de rejoindre le Groupe Pictet en 2007 en tant que conseiller juridique et fiscal. Au bénéfice d’une grande expérience dans le domaine fiscal, Jan Langlo a rejoint l’Association de Banques Privées Suisses en janvier 2014 en qualité de Directeur adjoint. Depuis le 1er juillet 2015, il occupe le poste de directeur de l’ABPS, où il oeuvre à la défense politique des intérêts des banques actives dans le domaine de la gestion de fortune. Il exerce en parallèle le mandat de Secrétaire général de l’Association des Banquiers Privés Suisses. Jan Langlo siège au sein de diverses commissions et groupes de travail de l’Association suisse des banquiers.

Et la prévoyance 2030 ?

Dans un précédent billet, j’écrivais que les cotisations AVS des actifs ne couvriront bientôt plus les rentes des retraités, qui vivent toujours plus longtemps. En réalité, c’est déjà le cas, comme permet de le constater la consultation des statistiques de l’AVS, accessibles à tous.

De 2012 à 2016, les dépenses de l’AVS ont augmenté linéairement de 3,8 milliards de francs (200'000 rentes de plus), tandis que côté recettes, les cotisations croissaient de 2 milliards et les contributions des pouvoirs publics de 800 millions. Le résultat de répartition (dépenses moins recettes) a donc diminué d’un milliard en quatre ans, atteignant -767 millions en 2016. Et tout laisse à penser que cet écart continuera à se creuser d’environ 250 millions par année, puisque le nombre des retraités augmente beaucoup plus vite que celui des actifs.

Seuls les rendements du capital de l’AVS ont permis d’afficher des comptes positifs (sauf en 2015). Mais ces rendements dépendent des marchés et ne suffiront très vite plus à compenser un déficit annuel d’un milliard en 2017, de 4 milliards en 2029 et de 8 milliards en 2045. Hors rendement, le fonds AVS actuel permet de tenir jusqu’à fin 2031. Avec un rendement d’un milliard par année (environ 2.25%), le fonds perdurera à peine cinq ans de plus.

La survie de notre premier pilier passe par une augmentation des recettes – puisque personne n’accepterait une diminution des rentes. Il faut donc se résoudre à augmenter les cotisations, la TVA ou l’âge de la retraite. La « Prévoyance vieillesse 2020 », sur laquelle nous voterons le 24 septembre, propose un saupoudrage des trois. Mais dans une mesure insuffisante ! Pour bien faire, il faudrait augmenter le taux de cotisation global de 2.3%, celui de la TVA de 3% ou fixer l’âge de la retraite à 67 ans pour tout le monde (ou une combinaison équivalente). C’est désagréable certes, mais purement mathématique.

Le système de l’AVS n’échappera ainsi pas à une nouvelle révision. Savoir si la « Prévoyance vieillesse 2020 » est un bon premier pas dépend de sa gourmandise. Car l’augmentation des rentes individuelles et de couple à partir de 2019 renforcera encore le besoin de financement de l’AVS. Avec cette mesure, la prévoyance 2030 coûtera plus cher !

N.B. : A ceux qui pensent que dans la « Prévoyance vieillesse 2020 », l’augmentation des rentes AVS est là pour compenser la diminution des rentes LPP, je rappelle que seules les personnes nées après 1973 subiront un taux de conversion de 6% (les autres seront compensées par le Fonds de garantie LPP) ; en outre, leur employeur et elles cotiseront davantage pendant plus de vingt ans, ce qui augmentera leur capital de prévoyance et donc leur rente LPP.

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