Langlo Jan

DIRECTEUR DE L'ASSOCIATION DE BANQUES PRIVÉES SUISSES

Jan Langlo est titulaire d’un brevet d’avocat au barreau de Genève et d’un diplôme d’expert fiscal. Il a débuté sa carrière de fiscaliste auprès de Lenz & Staehelin, puis au sein de l’étude Oberson & Associés avant de rejoindre le Groupe Pictet en 2007 en tant que conseiller juridique et fiscal. Au bénéfice d’une grande expérience dans le domaine fiscal, Jan Langlo a rejoint l’Association de Banques Privées Suisses en janvier 2014 en qualité de Directeur adjoint. Depuis le 1er juillet 2015, il occupe le poste de directeur de l’ABPS, où il oeuvre à la défense politique des intérêts des banques actives dans le domaine de la gestion de fortune. Il exerce en parallèle le mandat de Secrétaire général de l’Association des Banquiers Privés Suisses. Jan Langlo siège au sein de diverses commissions et groupes de travail de l’Association suisse des banquiers.

J’ai faim… de solutions constructives!

Vous avez sûrement déjà beaucoup lu à propos de l’initiative « Pas de spéculation sur les denrées alimentaires », l’une des trois initiatives populaires sur lesquelles nous voterons le 28 février prochain. Courageuse, nécessaire, humaine pour ses promoteurs, absurde, néfaste, inefficace pour ses détracteurs : autant de qualificatifs qui reflètent la classique opposition gauche-droite.

Les jeunes socialistes veulent lutter contre la faim dans le monde, et personne ne leur reproche ce bel objectif. Leur conviction que, pour atteindre cet objectif, seuls les producteurs et commerçants de denrées alimentaires devraient être autorisés à conclure des contrats financiers portant sur celles-ci n’est en revanche pas partagée par tous. Au contraire, l’investissement du citoyen lambda, ou de caisses de pension, dans de tels produits financiers est ce qui leur fournit de la liquidité et assure donc la stabilité des prix. Stabilité que ne procurent ni la météo, ni la situation politique ni les infrastructures dans les pays producteurs. Il est vraisemblable que sans l’équilibre entre l’offre et la demande apporté par la « spéculation », la moitié de la production de blé de l’Ukraine, par exemple, pourrirait sur place, faute d’acheteurs en nombre suffisant au bon moment.

Un autre défaut de cette initiative est que si la Suisse interdit certaines activités financières aux négociants, ceux-ci iront simplement les effectuer ailleurs dans le monde. Croire que les autres pays se sentiront inspirés par les bons sentiments suisses relève de la naïveté : nos concurrents se réjouiraient d’accueillir les activités que nous aurions chassées (3,9% du PIB suisse, et 22% du PIB genevois !).

Bref, les milieux économiques se retrouvent à devoir expliquer des mécanismes financiers complexes, alors que les initiants ont pour eux la force émotionnelle du mot « spéculation » dans leur titre. Face à une préoccupation légitime, mais infondée, n’aurait-il pas été plus simple d’aller se faire expliquer la situation par ceux qui la vivent (les négociants, les producteurs), plutôt que de lancer une initiative qui met en péril une partie de l’économie suisse ? Pour résoudre un problème global, les jeunes socialistes devraient consacrer leur énergie à développer une solution globale. Dans l’intervalle, la Suisse peut être fière de sa contribution à l’aide au développement dans les pays qui souffrent de la famine.

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