Jerome Gygax

DOCTEUR EN RELATIONS INTERNATIONALES DE L’IHEID

Docteur en relations internationales de l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID, Genève), Jérôme Gygax est historien, chercheur associé à la fondation Pierre du Bois pour l’histoire du temps présent. Ses travaux portent sur l’histoire des idées, les nouvelles formes de diplomatie, l’utilisation des médias dans la naissance du soft power. Il s’intéresse aux relations entre le secteur public et privé, au rôle des réseaux et leur impact dans la politique internationale.

Publications récentes : Jérôme Gygax et Nancy Snow, « 9/11 and the Advent of Total Diplomacy : Strategic Communications as a primary Weapon of War » ds Journal of 9/11 Studies, Vol 38, July 2013 ; J. Gygax, Olympisme et Guerre froide culturelle, le prix de la victoire américaine, Paris, L’Harmattan, 2012.

Les démocraties ne recourent pas à la torture

Longtemps considérée comme une pratique indigne des états démocratiques, la torture s’est vue légitimée et acceptée par degré afin, selon ses défenseurs, de prévenir de nouvelles attaques terroristes. Après un bref interlude sous la présidence Obama, durant laquelle on croyait possible l’éradication des programmes dits de « restitution extraordinaire » (extraordinary rendition), par lesquels les Etats-Unis avaient, depuis 2001 externalisé la torture, l’administration Trump donne les indices d’un retour en arrière. Le nouveau président s’est, depuis la campagne présidentielle de 2016, ouvertement posé en défenseur de ces pratiques, en ajoutant, ce que n’avaient pas fait ses prédécesseurs, qu’à ses yeux la « torture » était une « nécessité » justifiée, rendue « légale » par les circonstances[1]. De son côté, le directeur de l’agence centrale de renseignement (CIA), Mike Pompeo, a confirmé depuis son arrivée à la tête de l’agence, en janvier de cette année, vouloir conserver de telles pratiques dans son arsenal[2].

Rappelons que le concept de « rendition » qualifiait le fait d’amener des suspects criminels depuis l’étranger vers des cours de justice nationales ou internationales, afin d’y être jugés par des tribunaux civils. Une pratique tolérée dans de rares cas depuis le milieu des années 1980[3]. Quant à sa forme « extraordinaire », elle lui a été substituée par les Etats-Unis depuis les années Reagan (1981-1988), appliquée dès le milieu des années 1990 par le kidnapping de présumés terroristes au nom de la défense de leur sécurité nationale, la plupart du temps sans l’accord des dirigeants des pays de résidence des prévenus[4]. Une telle pratique de déportation « sauvage » des suspects s’est banalisée sous le présidence de George W. Bush après 9/11, enlevant des individus de toutes nationalités, acheminés vers des sites secrets, gérés par des régimes tiers, pour la plupart non-démocratiques, et connus pour leurs exactions contraires aux droits de l’homme[5]. Des suspects présumés ont alors été, et par milliers, torturés physiquement et psychologiquement, et demeurent pour certains, aujourd’hui encore, privés de leur liberté, abusés dans l’impunité et sans possibilité d’accès à la justice[6].

 L’origine de ces programmes dits « extraordinary rendition » a pu être dévoilée grâce aux efforts individuels et conjoints de journalistes et de chercheurs principalement états-uniens[7]. C’est le cas de Jane Mayer qui, après un article pionnier publié dans le New Yorker (2005), y a consacré un ouvrage intitulé « The Dark Side » (2008), démontrant comment la torture a été instaurée grâce à un petit comité d’individus hauts placés dans le cénacle de G. W. Bush, à commencer par le vice président Richard Cheney, en dehors de toute supervision des autres branches du gouvernement[8]. À l’époque, l’un de ces architectes, Jay S. Bybee, alors assistant du procureur général pour l’Office of Legal Counsel (OLC) du département de la Justice, aux côtés d’Alberto Gonzales et de John Yoo, expliquait dans un de ces mémorandums, connus sous le nom de « Torture Memos », de quelle façon cette torture devait permettre de « dérégler le sens de personnalité » des sujets en affectant leur sens de « perception de leur environnement et du monde qui les entour » parvenant à « altérer ses capacités cognitives et à changer fondamentalement sa personnalité. »[9]

Le travail d’enquête de Jane Mayer, souvent cité en référence, a été complété par celui de Alan W. Clarke et Trevor Paglen ainsi que des journalistes du New York Times Charlie Savage, James Risen et Sheri Fink, qui ont relaté notamment les auditions des psychologues en charge de la théorisation des « techniques » de torture sous contrat avec la CIA, et qui sont à présent appelés à comparaître devant la justice[10]. Lors des auditions en cours, les accusés Bruce Jessen et James Mitchell se sont montrés incapables de dire si leurs techniques, connues sous le vocable de « enhanced interrogation techniques », provoquaient ou non des douleurs, prétextant qu’ils ne les avaient pas pratiquées personnellement[11].

Un ensemble d’ouvrages d’investigation, peu connus du grand publique, ont touché à cette problématique de la « compartimentation » des pratiques de torture. Il est question de montrer les aspects de la conduite opérationnelle passant par des réseaux de collaboration anciens entre la CIA et certaines compagnies privées de couverture, notamment dans l’aviation. Ceux-ci laissent deviner une cartographie des « sites secrets », véritables circuits de « déportation » en direction des pays tiers tels que le Maroc, la Jordanie, l’Egypte ou la Syrie[12]. C’est bien là un des paradoxes de la position états-unienne sur la Syrie qui, bien avant les printemps arabes, collaborait à ces tortures[13]. Au centre de ce réseau complexe de détention, l’Afghanistan a joué le rôle de nœud (ou « hub ») de coordination vers lequel des milliers de présumés terroristes, qualifiés abusivement d’islamistes, seront transférés aux mains des services d’intelligence Afghan du National Directorate of Security (NDS), chargés d’en administrer la routine et le fonctionnement, le tout sous supervision états-unienne[14].

De telles pratiques systématiques de torture n’ont, il faut le rappeler, jamais cessées, employées lors des épisodes des guerres contre-insurrectionnelles des Etats-Unis, du Guatemala au Vietnam en passant par le continent africain. Autant de conflits régionaux pour lesquels la CIA n’a pas encore assumé sa responsabilité historique[15]. On rappellera ici les recherches historiques de Hugh Wilford, Patrick Tyler ou encore de Miles Copeland, sur les ingérences anciennes des Etats-Unis au Proche-Orient et les liens étroits tissés avec l’Arabie Saoudite[16]. Un agent du contre-espionnage états-unien confiait un jour à un observateur venu s’enquérir des finalités du premier programmes d’espionnage spatial CORONA (juin 1959-mai1972), en pointant du doigt le satellite USA-186 : « Et si je vous montrais le camp dans le désert irakien dans lequel nous entraînons les extrémistes sunnites mobilisés contre les shiites irakiens sympathisants de l’Iran ? »[17]

La mise en garde du Haut commissaire aux droits de l’homme Zeid Ra’ad Al Hussein au début de l’été 2017, à l’occasion de la journée internationale de soutien au victimes de la torture, ne saurait être plus claire : « Le fait de reconnaître que même un criminel a des droits est le fondement des idéaux des Lumières, un principe consacré dans la loi commune. Il est au cœur de l’aboutissement de la civilisation humaine. Il nous distingue des hordes primitives pratiquant les châtiments corporels et la cruauté. Je crois, comme beaucoup d’autres, que les criminels, eux aussi, ont des droits fondamentaux, parce que quelque soit le mal qu’ils ont fait, ils demeurent des êtres humains. Fréquemment leur comportement pathologique a été influencé par les traumatismes infligés sur eux-mêmes par d’autres. »[18] Pour le Haut commissaire ces prisons sont bel et bien devenues des lieux de radicalisation confirmé par les sources sur le terrain. Et encore selon lui: « Ces prisons sont souvent devenues les fabriques pour convertir de petits criminels en de violents extrémistes. »[19]

Parmi les nombreux exemples, impossibles à traiter ici, on citera celui de Mohamedou Ould Slahi, qui illustre comment des « confessions » forcées ont été utilisées afin de construire des récits fictifs servant à soutenir les versions erronées des membres des services du renseignement et de l’armée (Le Pentagone)[20]. Arrêté un première fois avant le onze septembre, en 1999, en association avec un soi-disant plan terroriste pour le millenium, Mohamedou Ould Slahi sera plusieurs fois interpelé et libéré en l’absence de preuves contre lui. Suite aux attaques de New York et Washington en 2001, il sera convoqué le 29 novembre 2001 par les autorités canadiennes sur demande des Etats-Unis puis envoyé en Jordanie et enfin à Guantanamo. On cherchera à lui attribuer la responsabilité de 9/11. Transféré à la base militaire de Bagram en Afghanistan, en 2003, il y sera soumis à ces techniques de « enhanced interrogation » comprenant de nombreux abus physiques (on lui brise la cage thoracique). Personne ne peut alors lui donner les raisons et motifs de sa détention. Il sera par la suite pris en charge par plusieurs équipes d’interrogation et signera une « confession » sous la torture – supposée servir à son jugement. Le procureur abandonnera le cas devant la faiblesse du dossier[21].

Frank Goldsmith, co-président du North Carolina Commission on Inquiry of Torture explique ainsi comment les Etats-Unis ont arrêté les fausses personnes. Sur les 779 personnes de confession musulmane qui ont été arrêtées, dix seulement sont allées jusqu’à une cour de justice et plus des deux-tiers ont finalement été libérées[22]. Le sors de nombreux autres détenus restent en suspend dont le célèbre Abu Zubayadh. Après avoir été accusé d’être l’un des cerveaux du onze septembre, il n’est plus aujourd’hui détenu que sous le prétexte vague de « facilitateur terroriste »[23].

En 2006, alors que le sénateur suisse Dick Marty remplissait un projet de rapport au sujet des « allégations de détentions secrètes et de transferts illégaux de détenus» pour l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe[24], le professeur en droit Mark Denbeaux utilisait des sources déclassifiées du Département de la défense américain afin d’établir le portrait de la population carcérale de la prison états-unienne de Guantanamo (Cuba). Celui-ci parvenait à établir que 92% des 517 prisonniers n’étaient pas des combattants d’Al-Qaeda ; sur ces hommes, 42% n’avaient aucun lien avec l’organisation et 18% n’en avait aucun ni avec Al-Qeda ni avec les Talibans.[25] Sur ce nombre une large majorité, soit 86% avaient été capturés par des mercenaires appâtés par les récompenses promises dans cette chasse à l’homme[26]. Des données qui contredisent le portrait donnés de ces hommes par l’administration Bush et Obama, et relayé par les médias dominants, comme les pires terroristes[27].

Pour Shayana Kadidal, senior managing attorney at the Center for Constitutional Rights, l’ISIS ou « Etat islamique » aurait ainsi été « composé » à partir d’un mélange de détenus de l’un de ces centre de détention et de torture, le « camp Bucca », qui a abrité en Irak plusieurs centaines de prisonniers sans aucun motif d’accusation[28].

La collaboration de nombreux pays à ces pratiques a fait l’objet d’un rapport de la fondation Open Society (une ONG financée par George Soros)[29] dans laquelle on trouve la liste et le type de complicités[30]. Dans ce rapport, un agent de la CIA témoigne : « Ils ont arrêté les mauvaises personnes, qui n’avaient pas d’information. Dans bien des cas, il n’y avait qu’une vague association avec le terrorisme »[31]. Un avis partagé par des sources et chercheurs indépendants[32].  On peut dresser un parallèle avec la guerre du Vietnam durant laquelle 80% des torturés étaient ou bien des innocents, ou n’avaient été arrêtés que parce qu’ils se trouvaient au mauvais endroit et au mauvais moment, et ne figuraient qu’à des échelons subalternes de la hiérarchie des combattants nord-vietnamiens ou Vietcongs[33]. Un constat qui s’applique encore aujourd’hui et dans des proportions encore plus dramatiques, dans le cas de la guerre contre le terrorisme.

Comme le rappelle l’historien John Dower, notre mémoire est sélective et n’emploie le mot « terreur » que quand celui-ci se rapporte aux autres groupes et aux ennemis présumés[34]. Or, des rapports récents et accablants témoignent de la récurrence de tels sites de détention et d’incarcération secrets encore en fonction du Yemen à l’Irak, pour des militants présumés, parmi lesquels se trouvent de nombreux enfants[35]. La lecture de ces documents questionnent les responsabilités individuelles et collectives dans ce qui est devenu une bureaucratie secrète de la terreur qui n’est pas sans rappeler les pires épisodes de l’histoire. À l’origine, un processus connu, celui de la déshumanisation de l’ennemi qui, par un vocabulaire édulcoré et technique efface la réalité de ces dégradations physiques et psychiques[36].

En 2014, le US Senate Select Committee a publié le résumé exécutif du rapport sur les programmes de détention et d’interrogation de la CIA. Ce travail est le résultat de cinq années d’enquête dans les centres de détention secrets à travers le monde. Le rapport original long de 6700 pages établit que les méthodes dites « enhanced interrogation techniques » ne sont pas efficaces pour obtenir des informations, ni ne parviennent à gagner la coopération des détenus. Le résumé de ce rapport, qui fait à lui seul 525 pages, explique que le produit de cette torture consiste en des informations forgées et donc fausses : « fabricated information ». L’étude complète n’a pas à ce jour été rendue publique et risque même de disparaître. Il n’en existe que quelques exemplaires dont un versé au fonds de la librairie Obama qui, une fois classifié, ne sera consultable au plus tôt que dans une décennie, soit en 2028[37].

Il demeure aujourd’hui compliqué, lorsqu’on aborde la question du terrorisme, de faire la lumière sur les sources et les financements des militants radicaux de Daesh ou Etat islamique, sans tenir compte des données initiales qui documentent le parcours et les conséquences de la torture exercée sur des milliers de musulmans innnocents (militants ou non).

La situation présente est donc délicate à saisir par le fait que le Pentagone et la CIA continuent d’agir en secret, en ne conservant aucune information susceptible de vérifier l’identité de ceux qui ont transité par leurs prisons ou qui ont été transférés vers des « alliés » prêts à collaborer à la mise en œuvre de ces programmes[38]. L’administration Trump invoque les « State Secret privilege » afin de bloquer les témoignages des anciens torturés devant le Congrès. Le Canada est l’un des rares pays de la coalition, ayant pris part à ces programmes, à avoir reconnu ses erreurs et proposé des dédommagements[39]. La situation est très différente chez son voisin nord-américain. Malgré la fermeture officielle des sites noirs (Black sites) et la diminution du nombre de détenus de Guantanamo, les Etats-Unis semblent encore recourir à l’« outsourcing » (externalisation) de ces activités vers des pays tiers, comme en atteste les rapports récents d’Human Rights Watch[40]. Dans ce contexte, le fait que Washington continue de brandir la menace d’un retrait du Conseil de droits de l’homme, constitue une mise en garde et un défi pour tous ceux qui oeuvrent afin de ramener les Etats-Unis dans le chemin du droit et du respect de la charte fondamentale des droits de l’homme[41].

La mise en place de la torture, sensée prévenir le terrorisme islamiste, a pu au contraire faciliter la propagation des courant fondamentalistes radicalisés, étendant la violence politique dans la zone géographique et culturelle de l’islam. Ces prisons, souvent qualifiées d’« universités de la terreur » font partie d’un processus long et complexe par lequel des innocents, soumis à des traitements dégradants et inhumains, ont été forcés à confesser des actes qu’ils n’avaient pas commis, et qui ont pris la voie, une fois libérés, de la lutte armée qualifié de manière simplifiée de « djihadisme ».

Les opinions occidentales, aisément gagnées par la peur à chaque récurrence meurtrière d’attaques terroristes, ouvrent une tribune aux courants populistes, prompts à diffuser des versions caricaturales de l’islam[42]. Ce faisant, on omet d’analyser les sources du terrorisme en faisant le jeu des partisans du recours à la force par manque de compréhension des causes profondes et des tentatives d’instrumentalisation politique[43]. La peur et le secret ne peuvent, ni ne doivent, être les instruments privilégiés des démocraties. Comme le rappelle Renaud Payre dans son avant-propos d’un essai consacré au sujet : « la peur témoigne du caractère extrêmement ténu de la frontière entre pouvoir autoritaire et pouvoir libéral, entre tyrannie et démocratie. »[44] Les opinions publiques doivent quant-à-elles être tenues informées et sortir de leur indifférence face à ces questions fondamentales à la pratique de la démocratie.

 



[1] James Masters, « Donald Trump says torture « absoultely works » but does it ? » on CNN online, 26 janvier 2017 http://edition.cnn.com/2017/01/26/politics/donald-trump-torture-waterboarding/index.html

[2] M. Pompeo a ajouté la nuance que ces pratiques se feraient en obtenant l’assurance que les détenus ne seraient pas soumis à la torture dans les pays vers lesquels ils seraient extradés. Lire Rupert Stone, « America is about to go backwards on torture under Trump – and that doesn’t just mean waterboarding » on The Independent, 19.01.2017, http://www.independent.co.uk/voices/donald-trump-terrorism-torture-detainment-a7535211.html

[3] Un procédé toléré mais sans légalité juridique quand il se produit sans l’accord du pays d’extradition.

[4] La notion de « extraordinary rendition » n’est pas définie dans le droit international – il s’agit d’un procédé illégal en violation notamment de l’article 3 de la convention des Nations Unies contre la torture entrée en vigueur le 26 juin 1987. Voir http://www.ohchr.org/FR/ProfessionalInterest/Pages/CAT.aspx

[5] L’EO 12333 signé  en 1981 donnait le droit à la CIA de fournir l’appui logistique nécessaire à de telles mesures. Conjointement, le vice-président George H. Bush recommandait la création du Counterterrorist Center (CTC) au sein de la CIA. En avril 1995, l’explosion du QG du FBI à Oklahoma est attribuée au « islamic terrorism » ce qui permet l’adoption de la directive PDD-39 pour étendre ces pratiques.

[6] Lors de l’enquête de la commission sur les attaques du 9/11, George Tenet témoignait sur le fait que la CIA avait participé à quelque 70 kidnapping avant le 11 septembre 2001. Voir Written Statements for the Record of the Director of Central Intelligence, 17 octobre 2002. C’est en 2005 que furent publiés les « Torture papers » après la survenue du scandale des photos de la prison d’Abu Ghraib qui montraient comment les Etats-Unis avaient pu mettre en œuvre une bureaucratie propre à géré des sites de torture sous son contrôle. Lire : The Torture Papers, the road to Abu Ghraib, edité par Karen J. Greenberg et Joshua L. Dartel, Cambridge, Cambridge University Press, 2005. Suivait deux années plus tard l’analyse de Brabara Olshansky, Democracy Detained, Secret Unconstitutional Practices in the U.S. War on Terror, New York, Seven Stories Press, 2007.

[7] L’un des premiers compte rendus fut établi dans la revue londonienne par David Bromwich, « Working the Dark Side » in London Review of Books, Vol. 37, no1, 8 Janvier 2015, pp.15-16.

[8] L’expression « Dark Side » est employée par le Vice President Cheney interviewé par Tim Russert sur NBC’s Meet the Press, 16 septembre 2001, sur http://www.Washingtonpost.com/wp-srv/nation/attacked/transcripts/cheney091601.html, lire : Jane Mayer, The Dark Side, the inside story of how the war on terror turned into a war on American ideals, New York, Anchor Books, 2008 ; voir également Alan W. Clarke, Rendition to torture, London, Rutgers University Press, 2012.

[9] Kate Zernike, « Word for Word, A fine line ; defining torture : Russian Roulette, Yes. Mind-Altering Drugs, Maybe. » in The New York Times, 27.06.2004. http://www.nytimes.com/2004/06/27/weekinreview/word-for-word-fine-line-defining-torture-russian-roulette-yes-mind-altering.html

[10] Tous les articles sur le sujet dans le New York Times incluant des archives, « Extraordinary Rendition » : https://www.nytimes.com/topic/subject/extraordinary-rendition ; James Risen, Sheri Fink and Charlie Savage, « State Secrets Privilege Invoked to block testimony in C.I.A. Torture Case » in The New York Times, 8.03.2017, https://www.nytimes.com/2017/03/08/us/justice-department-cia-psychologists-interrogation-program.html

[12] Une carte des lieux,

Max Fisher, « A staggering map of the 54 countries that reportedly participated in the CIA’s rendition program » on Washington Post, 05.02.2013 https://www.washingtonpost.com/news/worldviews/wp/2013/02/05/a-staggering-map-of-the-54-countries-that-reportedly-participated-in-the-cias-rendition-program/?utm_term=.252bf05208ec ; Alan W. Clarke, op.cit.

[13] Voir Jane Mayer dans le New Yorker, en 2005. Jane Mayer, « outsourcing torture, the secret history of America’s « extraordinary rendition » program » in The New Yorker, 14.02.2005, sur http://www.newyorker.com/magazine/2005/02/14/outsourcing-torture ; Scott Horton, an expert on international law who helped prepare a report on renditions issued by N.Y.U. Law School and the New York City Bar Association

[14] Voir les rapports de l’ONU de 2011 et 2013 sur le sujet.

[15] Voir John W. Dower, The Violent American Century, war and terror since World War II, Chicago, Haymarket Books, 2017. Sur les opérations secrètes sous R.Reagan (1981-1987) lire : Johnathan Marshall, Peter Dale Scott et Jane Hunter, The Iran Contra Connection, Secret Teams and Covert Operations in the Reagan era, Boston, South End Press, 1987.

[16] Hugh Wilford, America’s Great Game, the CIA’s Secret Arabists and the Shaping of the Modern Middle East, New York, Basic Books, 2013 ; Patrick Tyler, A World of Trouble, The White House and the Middle East, from the Cold War to the War on Terror, New York, Farrar, Straus and Giroux, 2009 ; Miles Copeland, The Game of Nations, the amorality of power politics, New York, Simon and Schuster, 1970.

[17] Traduit dans le texte : « How about we show you the camp in the Iraqi desert where we’re secretly training Sunni extremists to go after Iraqi Shiites sympathetic to Iran ? », Exposé dans Trevor Paglen, Blank Spots, the dark geography of the Pentagon’s secret world on the map, New York, Dutton, 2009, p. 30, p.103.

[18] Texte original : « To recognise that even a criminal has rights is the basis of enlightened thought, a principle enshrined in common law. It lies at the very core of human civilization, and distinguishes us from a primeval horde wrapped only in retribution and cruelties. I believe, like so many others, that criminals, too, have fundamental rights, because whatever evil they have wrought, they remain human beings. Frequently their pathological behaviour has been influenced by trauma inflicted on them by others. » dans « Is international Human Rights Law under Threat ? Grotius Lecture at the Law Society, London Delivered by Zeid Ra’ad Al Hussein, UN High Commissioner for Human Rights, Report from UN Office of the High Commisioner for Human Rights, 26 juin 2017 http://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=21803&LangID=E

[19] Texte original : « The prisons often become factories for converting petty criminals into violent extremists » cité in ibid.

[20] Anita Rao and Frank Stasio, « Torture : the Politics and the Human consequences » on WUNC, North Carolina Public Radio. Emission de radio, à propos de Mohamedou Ould Slahi, qui a passé 14 années à Guantanamo pour y subir de la torture. http://wunc.org/post/torture-politics-and-human-consequences-0

[21] « Les Mémoires de Guantanamo de Mohamedou Ould Slahi : ce que l’administration américaine préfèrerait que vous ne lisiez pas » on Slate.fr, 21.05.2013. http://www.slate.fr/story/72739/memoires-de-guantanamo-mohamedou-ould-slahi

[22] in Anita Rao and Frank Stasio, « Torture : the Politics and the Human consequences » on WUNC, op. cit.

[23] Joseph Hickman, « Injustice at Guantanamo Bay : How the U.S. Governement silenced Abu Zubayad » in Newsweek, 20.05.2017 sur http://www.newsweek.com/abu-zubaydah-guantanamo-bay-prison-al-qaeda-cia-military-torture-waterboarding-612856

[24] Voir projet original: « Allégations de détentions secrètes et de transferts illégaux de détenus concernant des Etats membres du Conseil de l’Europe » Commission des questions juridiques et des droits de l’homme http://assembly.coe.int/committeedocs/2006/20060606_fjdoc162006partii-final.pdf

[25] Voir Mark Denbeaux, et al., Report on Guantanamo Detainees : A Profile of 517 Detainees, Seton Hall University, 08.02.2006

[26] Trevor Paglen and A.C : Thompson, The Torture Taxi, on the trail of the CIA’s rendition flights, Cambridge, Icon Books, 2007, p.192

[27] L’historien Alan W. Clarke nous rappelle que la « démonisation de l’ennemi » est la condition préalable, nécessaire mais à elle-seule insuffisante, à la conduite d’actions criminelles contre cet ennemi. Voir Alan W. Clarke, op. cit. p.32

[28] « Lawyer for Tortured Detainees : U.S. created ISIS through Misguided Detention, Interrogation Policies » on Democracy Now, 05.06. 2017, https://www.democracynow.org/2017/6/5/lawyer_for_tortured_detainees_us_created

[30] Ian Cobain, « CIA rendition : more than a quarter of countries « offered covert support » on The Guardian, 05.02.2013 https://www.theguardian.com/world/2013/feb/05/cia-rendition-countries-covert-support ; voir le site Site d’amnesty international https://www.amnesty.ch/fr/themes/torture/guantanamo

[31] Version originale « They picked up the wrong people, who had no information.  In many, many cases there was only some vague association with terrorism » cité ds Jonathan Horowitz & Stacy Dammarano, « 20 Extraordinary Facts about CIA Extraordinary Rendition and Secret Detention » on Open Society Foundations, 05.02.2013 https://www.opensocietyfoundations.org/voices/20-extraordinary-facts-about-cia-extraordinary-rendition-and-secret-detention

[32] Voir également, Terrence McCoy, « Camp Bucca : The US prison that became the birthplace of ISIS » in The Independent, 04.11.2014 http://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/camp-bucca-the-us-prison-that-became-the-birthplace-of-isis-9838905.html

[33] Alan W. Clarke, op. cit. p.48 ; voir l’analyse historique du programme de torture Phoenix des Etats-Unis au Vietnam dans : Douglas Valentine, The Phoenix Program, New York, William Morrow and Co., 1990.

[34] John Dower, « Why Can’t American’s remember anyone’s death other than those of their own », a long history of war and terror has left America with a victim complex » in The Nation, 04.05.2017, sur https://www.thenation.com/article/why-cant-americans-remember-anyones-deaths-other-than-their-own/

[35] Rapports de Human Rights Watch, « Iraq : Hundreds Detained in Degrading Conditions », 13 mars 2017 on https://www.hrw.org/news/2017/03/13/iraq-hundreds-detained-degrading-conditions ; « Yemen : UAE backs abusive local forces, resolve disappearances, grant access to detention sites » on Human Rights Watch, 22 juin 2017, https://www.hrw.org/news/2017/06/22/yemen-uae-backs-abusive-local-forces

[36] Référence au document : 2002 Memo qui mentionne les techniques et la nécessité de conserver les procédures secrètes en gardant les représentants du CICR loin des prisons, ainsi que la presse et les observateurs étrangers (https://assets.documentcloud.org/documents/3455909/Expolitation-Draft-Plan.pdf)

[37] « Could Trump’s White House Bury or Even Destroy the Landmark 2014 Senate Report on CIA Torture ? » sur Democracy Now,  05.06.2017 https://www.democracynow.org/2017/6/5/could_trumps_white_house_bury_or

[38] Voir l’explication sur la méthodologie des planespotters, in Trevor Paglen, op. cit.

[39] Le gouvernement Trudeau offrira des excuses et 10 millions de dollars en compensation pour la torture et les dommages subit par Omar Khadr à Guantanamo. Sur http://www.lapresse.ca/actualites/national/201707/04/01-5113063-des-excuses-et-10-millions-pour-omar-khadr.php

[40] « Yemen : UAE backs abusive local forces, resolve disappearances, grant access to detention sites » on Human Rights Watch, 22 juin 2017, https://www.hrw.org/news/2017/06/22/yemen-uae-backs-abusive-local-forces ; « U.S. Tied to Torture in Nework of Secret Yemen Prisons Run by UAE » on Democracy Now, 22.06.2017 ; Rapport de Human Rights Watch, « Iraq : Hundreds Detained in Degrading Conditions », 13 mars 2017 on https://www.hrw.org/news/2017/03/13/iraq-hundreds-detained-degrading-conditions Voir aussi l’émission de Democracy Now consacrée au sujet :

https://www.democracynow.org/2017/6/22/us_tied_to_torture_in_network?utm_source=Democracy+Now%21&utm_campaign=373585ee8f-Daily_Digest&utm_medium=email&utm_term=0_fa2346a853-373585ee8f-191674013

[41] Katrina Manson, « US threatens to quit UN Human Rights Council » in Financial Times, 06.06.2017, sur : https://www.ft.com/content/cfb0142e-4a05-11e7-919a-1e14ce4af89b?mhq5j=e3

[42] Lire article précédent sur le sujet : Jérôme Gygax, « Comment l’Islam a été détourné » sur Bilan online, 13 juin 2017 http://www.bilan.ch/jerome-gygax/politique-internationale/comment-lislam-a-ete-detourne.

[43] Voir le travail du Conseil de l’Europe et du Comité européen pour la prévention de la torture (CPT) dont les activités sont entravées, notamment dans les pays membres de l’OTAN tels que la Turquie.

[44] Patrick Boucheron et Corey Robin, « L’exercice de la peur, usages politiques d’une émotion » débat présenté par Renaud Payre, Grands débats mode d’emploi, Lyon, Presse universitaires de Lyon, 2015, p. 21

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