Jerome Gygax

DOCTEUR EN RELATIONS INTERNATIONALES DE L’IHEID

Docteur en relations internationales de l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID, Genève), Jérôme Gygax est historien, chercheur associé à la fondation Pierre du Bois pour l’histoire du temps présent. Ses travaux portent sur l’histoire des idées, les nouvelles formes de diplomatie, l’utilisation des médias dans la naissance du soft power. Il s’intéresse aux relations entre le secteur public et privé, au rôle des réseaux et leur impact dans la politique internationale.

Publications récentes : Jérôme Gygax et Nancy Snow, « 9/11 and the Advent of Total Diplomacy : Strategic Communications as a primary Weapon of War » ds Journal of 9/11 Studies, Vol 38, July 2013 ; J. Gygax, Olympisme et Guerre froide culturelle, le prix de la victoire américaine, Paris, L’Harmattan, 2012.

Elections françaises: fin de partie

Le résultat du premier tour de la présidentielle française, avec le passage de l’extrême droite au second tour et l’élimination de la gauche, semble confirmer les craintes de ceux qui, depuis une décennie, parlent des « maux de la démocratie », d’atrophie de la démocratie ou de « détresse démocratique »[1].

Quels sont les facteurs qui ont miné le système des partis au profit des « mouvements » (De La France en marche à La France indignée en passant par le Front national) produisant l’effacement du centre au profit des extrêmes et l’avènement possible d’une démocratie du « leadership » selon l’expression de Pierre Rosanvallon[2] ? Situation inédite, ce moment de basculement s’intègre en fait dans l’ascension des nouvelles droites conservatrices et xénophobes en Europe et ailleurs que beaucoup voient comme sous-produit de la mondialisation en marche[3]. Entre le candidat du libéralisme économique, Emmanuel Macron et la candidate du repli protectionniste, Marine Le Pen, les français peuvent-ils nourrir l’espoir d’un renouveau ?

La stratégie par laquelle le FN a su gagner une part croissante au sein de la société française est remarquable, jusqu’au point de récupérer les valeurs du Gaullisme contre lesquelles le FN s’était pourtant érigé. Cette progression, si l’on en croit M. Gauchet et Pierre Rosanvallon, se serait faite à mesure que l’état social, supposé représenter la majorité citoyenne, était paralysé par l’expression de forces économiques, politiques et sociales mobilisées pour le détruire[4].

Les sympathies américaines pour le FN

En France, la croissance du FN s’était forgée dans le traumatisme de la décolonisation qui avait ébranlé la quatrième république (1946-1958). Un peu plus tard, les forces de l’extrême droite déçues par une retraite humiliante, avaient dès la fin des années 1960 constitué des groupes armés, y compris celui nommé « Ordre nouveau », nationalistes révolutionnaires, qui entendaient combattre la gauche dans la rue et remplacer la cinquième république du général de Gaulle par un régime autoritaire[5].

C’est ainsi qu’en 1974 était né le Parti des forces nouvelles (PFN), aile dure du futur Front national.  On rappellera que ce parti, constitué autour de son organe exécutif ou « bureau politique », associé à l’Organisation de l’Armée secrète (OAS), comptait parmi ses membres Marine Le Pen et empruntaient des idées radicales justifiant le recours à des moyens violents pour parvenir à ses fins[6]. Mais le parti a fait peau neuve et les temps ont changé jusqu’au point de décrédibiliser l’entier de l’héritage passé[7].

David Art explique comment la crise économique de la seconde moitié des années 1970 a été profitable pour le FN, alors que les autres partis, à commencer par la droite du RPR, se mirent à faire alliance avec lui, espérant pouvoir l’utiliser contre leurs adversaires de la gauche[8]. Au moment où le Front National français avait effectué sa première grande percée électorale au milieu des années 1980, les sénateurs américains, proches du courant conservateur actuel, se félicitaient en ces termes dans une lettre envoyée à Jean-Marie Le Pen : « Cher Monsieur Le Pen, Nous tous, membres du Comité Directeur du Sénat, avons éprouvé les rigueurs d’une campagne et le suspense d’une élection. Aussi sommes-nous en mesure d’apprécier le remarquable résultat du travail de votre parti lors des élections françaises. Nous vous adressons donc toutes nos félicitations pour votre victoire et espérons que vous nous rendrez de nouveau visite lorsque vous reviendrez à Washington. Veuillez agréer… », ce courrier sur papier à en-tête du Sénat portait la signature de six sénateurs dont Jesse Helms, Jim McClure, Malcolm Walloys et Paul Trible[9].

Une telle lettre confirmait en son temps les sympathies de courants voisins américains pour ce qu’ils considéraient comme l’horizon de leur propre révolution à venir[10].

Au début des années 1990, une alliance tacite des droites permit au FN de prendre une place qu’il n’avait pas auparavant dans l’espace politique[11]. Tout comme les socialistes sous les septennats de F. Mitterrand choisirent de se servir du FN afin de diviser la droite et l’opposition[12]. Une vraie stratégie fut alors engagée par le FN résolu à conquérir le pouvoir grâce notamment à la sphère culturelle et médiatique usant des grands thèmes de l’insécurité et de l’immigration.

C’est l’argument de Pierre Dardot et Christian Laval, qui ont montré comment le jeu des compromis opérés par les partis traditionnels, de gauche comme de droite, vis-à-vis du FN lui ont permis de se faire accepter, première étape vers la conquête du pouvoir[13].  Chacun des partis a cru en son temps pouvoir se servir d’alliances de circonstances cautionnant de cette façon les discours sur l’exclusion et la violence politique comme solution aux difficultés de la République.

A l'origine, l'industriel Hubert Lambert

Alors que la fin de la décennie du millénaire laissait croire à l’éclatement des factions au sein du FN, le climat de violence politique allait bientôt lui profiter. Après le choc d’avril 2002, les élections régionales de 2004, avec 15% des suffrages allant au FN, constituait une vraie victoire, les autres partis se mettant alors, et tous en chœur, à coopter ses messages craignant de voir leur échapper l’exclusivité de cet appel au patriotisme et à ses valeurs nationales.

La croissance et le financement du FN, on l’oublie trop souvent, avaient une origine pour le moins controversée, provenant de la fortune de l’industriel Hubert Lambert, ce qui laissait planer des doutes quand aux intentions et finalités de ceux qui ne cessaient d’appeler à la transgression et à l’abandon des règles et institutions républicaines[14]. Le fait est, comme le souligne Angus Roxburgh, que le FN parvint à coloniser les milieux de la classe moyenne et inférieure des travailleurs menacés par l’insécurité de la mondialisation[15]. Un point que démontre aussi Marcel Gauchet. Inéluctablement, le parti qui avait grandi au sud du pays était amené à gagner les régions plus peuplées du nord et du nord-ouest.

Les élections de 2002 démontraient déjà comment les régions rurales proches des grandes villes et non pas les villes ou quartiers dans lesquels les populations  étrangères étaient les plus nombreuses, avaient basculé vers le FN. Expression symptomatique du rôle des perceptions et des préjugés dans la détermination du vote. Il était d’avantage question d’un vote déterminé par la peur et l’ignorance que de l’expression d’un choix fondé rationnellement sur des données chiffrées réelles.

La force du FN est de jouer sur le facteur émotionnel, alors que les Français sont de plus en plus préoccupés par le chômage, le crime et l’insécurité liée aux attaques terroristes[16]. À ce titre il ne faut pas sous-estimer l’effet psychologique et traumatique de tous les incidents qui ont gagné la France depuis deux ans. Un tel climat délétère a servi à légitimer un discours autrefois impossible sur la nécessité de rendre la France aux français, proche de l’approche musclée prônée par le candidat et président Trump outre-atlantique. Une lecture sécuritaire des événements que les dirigeants des principales factions politiques avaient été réticentes à adopter par soucis de la légalité républicaine et au nom des valeurs culturelles françaises.

Le retournement a été aussi spectaculaire que total et se laisse lire aujourd’hui dans les urnes. Cette tendance marquée par la progression généralisée des « droites radicales » fait écho à un phénomène plus global en lien avec le sentiment de menace des identités et le besoin d’y remédier par le recours à la violence[17]. Face à cette tentation droitière et sécuritaire, aucune réelle opposition, soit de forces politiques organisées soit des intellectuels, ne s’est concrétisée à l’échelle régionale ou globale ôtant les freins aux dérives anti-démocratiques régressives[18]. Les intellectuels et les milieux académiques sont depuis trop longtemps absents du débat public, laissant croire que cette tendance populiste et xénophobe est devenue acceptable et qu’on ne peut y opposer des arguments valables au sein de la cité[19].

«L’Etat vous a lâché»

On aurait tort de sous-estimer le rôle des médias et l’absence de conscience des réalités anciennes par une jeune génération pressée d’en découdre, préférant l’action à la réflexion et aux débats stériles[20]. C’est ainsi que graduellement, la population se serait ralliée, par désoeuvrement. Les classes populaires affectées, exposées aux contre-coups de ces traumas sociaux, désorientées, résignées et déçues par les partis traditionnels qui n’ont pas rempli leurs promesses, se tournant résolument vers ceux qui leur promettaient d’appliquer des mesures rassurantes mettant un terme aux désordres[21].

Le site internet du FN est à ce titre une bonne illustration de cette vague de crainte sur le motif de : « L’Etat vous a lâché », présentant les valeurs françaises menacées par l’UE tout en agitant le spectre de l’Etat islamique capable de frapper le territoire à tout instant. On recourt à la recette qui a fait le succès de Donald Trump en prétendent répondre à une « conspiration » invisible tournée contre la France[22].

Marine Le Pen a su montrer aux Français que l’avenir pouvait être différent, face à la gauche en déliquescence et à une droite minée par les divisions et les scandales de corruption. Elle a su prendre conseil auprès de ceux qui pouvait « enrober » le parti et lui assurer une résurrection en se drapant dans le « manteau » de la République. Parlant au peuple des Français et suivant ses conseillers Florian Philippot et David Rachline, elle a récupéré à son insu l’héritage gaulliste contre lequel son père et ses partisans s’étaient battus[23]. En tant que députée européenne elle s’est montrée habile tacticienne en peignant la menace d’une UE piétinant la souveraineté française.

À la différence des courants similaires aux Etats-Unis, le FN a choisi de prendre le parti de critiquer le capitalisme en se présentant comme la protectrice du « petit peuple »[24]. Restant attaché en apparence au rôle d’un Etat fort, le parti de l’extrême droite française pourrait paraître comme plus « à gauche » sur les questions économiques que son homologue états-unien, cependant que le nationalisme chauvin, sans partager le messianisme évangélique de Washington, lui ressemble en tout point[25].

Selon Pierre Rosanvallon, la situation actuelle est bien la réponse à une démocratie qui n’a pas « tenu ses promesses »[26]. Et Marcel Gauchet de nous expliquer le FN comme une « forme d’organisme mutant » qui se « dilate aux proportions de l’espace politique qui lui est laissé par les rétractions conjointes de la droite et de la gauche de gouvernement. »[27] La première cause du « malheur français » serait ainsi selon ce dernier liée à un phénomène de « décrochage » vécu en France vis-à-vis des autres acteurs et des forces de la mondialisation[28]. Un constat partagé par Pierre Dardot et Christian Laval dans leur analyse des mécanismes de progression du néolibéralisme qui selon eux : « travaille activement à défaire la démocratie »[29].

La séduction de la «manière américaine» 

Alors que la Vème république n’est pas encore formellement morte, c’est en devenant, selon Jacques Rancière, un modèle élitiste que la république s’est « retournée en son contraire » en oubliant que c’est le peuple qui doit rester la « boussole » de tout régime démocratique, et non ses élites[30]. Ces élites françaises qui auraient elles-mêmes perdu la foi en ce qui les a fabriquées, cédant à la séduction de la « manière américaine » selon M. Gauchet[31]. Le philosophe Frédéric Worms insiste sur la nécessité de définir la démocratie non comme un acquis, mais comme la seule forme de régime qui prend précisément en compte la violence pour la contenir et l’exclure du monde politique. Elle serait, à le lire, la « seule » forme de régime et de pouvoir à se construire sur « la relation à l’autre et aux autres », cherchant à mettre fin aux violences extérieures au groupe et surtout à celles qui lui sont intérieures[32].

Comme le relevait Pierre Rosanvallon la crise que traverse actuellement la France et sans doute de nombreux pays d’Occident est avant tout une crise de connaissance de la société par elle-même[33]. C’est ce passé oublié dont les français devraient retrouver la mémoire avant de se rendre aux urnes pour le second tour, faisant émerger une « contre-histoire » qui expose plus largement les réseaux tissés entre les forces conservatrices autocratiques et les oligarchies par-delà les frontières et qui faisait dire au camp de Marine Le Pen au lendemain de la victoire de la nouvelle droite trumpiste en novembre dernier que s’ouvrait à l’horizon un « monde nouveau »[34]. Bien qu’aucun des deux finalistes, Macron ou Le Pen, ne dispose de plus de 20% des voix, il reste incertain, jusqu’aux prochaines élections législatives de savoir comment se constituera une majorité capable de gouverner[35].

De nombreux analystes estimaient encore récemment que la victoire de Marine Le Pen était improbable. Cependant, le maintien d’une situation d’instabilité, avec des tensions palpables, de possibles dérapages et des scènes de chaos urbain, pourrait contribuer à troubler les pronostiques[36]. Suivant l’exemple des Etats-Unis et de la Grande Bretagne sur le chemin du Brexit, l’arrivée du FN au pouvoir pourrait bel et bien provoquer un effondrement de l’édifice européen avec des conséquences incalculables.

L’histoire a montré combien les tentations tyranniques n’étaient jamais éloignées quand le peuple avait perdu la mémoire. Hannah Arendt parlait de la figure du tyran comme du « loup à forme humaine » qui était pour les anciens de Platon à Aristote trop lié à l’urgence temporaire de la crise pour servir de modèle pour une institution politique permanente[37]. Le rapport faussé que les démocraties entretiennent avec leur propre histoire devra être rétabli en même temps que le savoir du « vivre ensemble »[38] afin de restaurer la démocratie pour ce qu’elle est, un régime en perpétuelle formation et non un bien acquis[39].

C’est aux citoyens français que revient la responsabilité de définir de nouvelles perspectives d’avenir avec optimisme en remédiant aux maux courants sans succomber aux sirènes de la tentation autoritaire et de la soumission[40]

 



[1] Il s’agit des intellectuels et philosophes cités dans cet article, de Pierre Rosanvallon à Marcel Gauchet en passant par Jacques Rancière, Frédéric Worms, Pierre Dardot et Christian Laval. Auxquels on ajouter le nom des historiens cités plus bas.

[2] L’expression est de Pierre Rosanvallon, Professeur au collège de France, auteur de : LE Bon gouvernement, Paris, Seuil, 2015. À écouter sur La Grande Table, « Comme un lendemain de premier tour » avec Pierre Rosanvallon, lundi 24 avril, 12h55 à 13h30 sur : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/comme-un-lendemain-de-premier-tour-avec-pierre-rosanvallon

[3] Voir spécialement l’essai de Pierre Dardot et Christian Laval, Ce cauchemar qui n’en finit pas, comment le néolibéralisme défait la démocratie, Paris, La Découverte, 2016.

[4] Ecouter l’intervention de Pierre Rosanvallon sur KTO, https://www.youtube.com/watch?v=H53-K4ZxSRI

[5] David Art, Inside the Radical Right, The Development of Anti-Immigrant Parties in Western Europe, Cambridge, Cambridge University Press, 2011, pp.120-123 ; sur la relation conflictuelle entre la France de de Gaulle et les Etats-Unis voir Douglas Boyd, De Gaulle, the Man who defied six US presidents, Stroud, The History Press, 2013.

[6] In ibid. ; lire également Michalina Vaughan, « The Extreme Right in France : Lepenisme or the Politics of Fear » in Luciano Cheles (ed), The Far right in western & Eastern Europe, London, Longman, 1995. pp.215-233

[7] Michalina Vaughan, « The Extreme Right in France : Lepenisme or the Politics of Fear », in ibid. 

[8] David Art, op. cit. pp.123-128.

[9] Fac similé de la lettre datée du 26 mars 1986, United States Senate, source archives du Group Research, Columbia University.

[10] Pour une approche historique on se rapportera en outre à Mark Green, Losing Our Democracy, Sourcebooks ed., Naperville (Ill.), 2006.

[11] David Art, op. cit., p. 128

[12] Le FN s’engageait alors dans la redéfinition de son image en employant des figures connues comme Jean d’Orgeix, ancien médaillé olympique en hippisme, le comte Olivier d’Ormesson ou encore Bruno Gollnish.

[13] Pierre Dardot et Christian Laval, Ce cauchemar qui n’en finit pas, comment le néolibéralisme défait la démocratie, Paris, La Découverte, 2016

[14] On lira Eric Conan et Gilles Gaetner, « L’épopée du Front national » in L’Express, 12.03.1992. Sur : http://www.lexpress.fr/informations/l-epopee-du-front-national_591594.html

[15] Angus RoxBurgh, Preachers of hate, the Rise of the far right, London, Turnaround, 2002. En 1992, le FN remporte 13.9% des votes et 239 sièges dans les élections régionales. En 1993, il obtient 12.7% aux élections pour l’Assemblée nationale (mais aucun siège en raison du fonctionnement du système électoral), en 1995, le Pen obtenait 15,5% aux élections présidentielles finalement remportées par Jacques Chirac.

[16] Susan Dominus, « The National Front’s Post-Charlie Hebdo Moment » in The New York Times magazine, sur https://www.nytimes.com/2015/02/22/magazine/the-national-fronts-post-charlie-hebdo-moment.html?_r=0

[17] Le directeur adjoint de l’institut IFOP Frédéric Micheau faisait remarquer au printemps 2011 que la montée de Marine Le Pen posait la question des ramifications de ce courant non pas seulement en France mais ailleurs en Europe et dans le monde.

[18] Angus RoxBurgh, Preachers of hate, the Rise of the far right, London, Turnaround, 2002. Pierre Rosanvallon reconnaît cette responsabilité au lendemain du premier tour du 23 avril 2017, dans La Grande Table, France Culture, émission citée note supra.

[19] Ce que Michel Foucault dénonçait comme le retrait des intellectuels universels dans Michel Foucault, Power-Knowledge : selected Interviews and Other writings, 1972-1977, ed. Colin Gordon, Harvester Press, 1981. Il faut comme le pense P. Rosanvallon que les idées deviennent des forces matérielles, constituantes dans la société elle-même.

[20] On se rapportera à l’analyse de la déconstruction du système éducatif par Christian Laval, Francis Vergne, Pierre Clément, Guy Dreux, La nouvelle école capitaliste, Paris, La Découverte, 2012 (2011).

[21] Angus RoxBurgh, Preachers of hate, the Rise of the far right, London, Turnaround, 2002, p. 129 ; Laurent Bouvet parle du « réalignement des forces politiques en Europe » - une situation marquée par l’incapacité des partis traditionnels à répondre aux difficultés créées.

[22] Site du Front national, « Sondage Odoxa : Marine Le Pen à l’Elysée, un objectif à portée de main, une mission et un devoir », communiqué du 5.05.2015,  in http://www.frontnational.com/2015/05/sondage-odoxa-marine-le-pen-a-lelysee-un-objectif-a-portee-de-main-une-mission-et-un-devoir/ ; voir en outre voir dernier communiqué du 27 mars 2017 : « Le vin français menacé par Bruxelles » ; l’histoire du cabinet noir du gouvernement qui prouverait que certains services de l’Etat sont détournés de leurs missions » avec une ingérence dans la campagne contre le Front national.

[23] Voir le travail de Abel Mestre qui couvre le FN pour le journal Le Monde, explique comme les têtes du parti supervisent les niveaux inférieurs selon une organisation pyramidale.

[24] Selon Thomas Frank, l’anti-intellectualisme est une des composantes fondamentales du nouveau conservatisme aux Etats-Unis. Voir Thomas Frank (traduit de l’anglais par Frédéric Cotton), Pourquoi les pauvres votent à droite, Marseille, Agone, 2013 (2004, pour la première édition anglaise), p. 284.

[25] Russell Shorto, « Marine Le Pen, France’s (Kinder, Gentler) Extremist » in The New York Times Magazine, 29.04.2011 sur : http://www.nytimes.com/2011/05/01/magazine/mag-01LePen-t.html

[26] Pierre Rosanvallon, « Il y a une détresse démocratique » sur BibliObs, 04.12.2016, sur : http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20161201.OBS2020/pierre-rosanvallon-il-y-a-une-grande-detresse-democratique.html

[27] Marcel Gauchet, op. cit. p.343

[28] Marcel Gauchet, Comprendre le malheur français, Paris, Folio, 2016, p.14

[29] Pierre Dardot et Christian Laval, Ce cauchemar qui n’en finit pas, comment le néolibéralisme défait la démocratie, Paris, La Découverte, 2016, p.43

[30] Débats : les idiots utiles du FN avec Jacques Rancière, 4 avril 2015, sur : https://histoireetsociete.wordpress.com/2015/04/04/debats-les-idiots-utiles-du-fn-avec-jacques-ranciere/

[31] Marcel Gauchet, op. cit. p.29

[32] Frédéric Worms, Les Maladies chroniques de la démocratie, Paris, Desclée de Brouwer, 2017, pp.28-29

[33] La Grande Table, « Comme un lendemain de premier tour » avec Pierre Rosanvallon, lundi 24 avril, cité ci-dessus.

[34] Elle a été une des premières à féliciter Donald Trump au lendemain de son élection.

[35] Selon Raffaele Simone on assisterait en outre à une dissociation des souverainetés économique et politique donnant les pouvoirs à des agents supranationaux ou multinationaux. Lire Raffaele Simone, Si la démocratie fait faillite, Paris, Gallimars le débat, 2016, p. 176.

[36] Nabali Ramdani, « This is way Marine Le Pen can never pull off a Trump-style political coup in France » in The Independent, 12.01.2017 sur : http://www.independent.co.uk/voices/marine-le-pen-to-win-france-presidential-election-brexit-donald-trump-style-victory-never-pull-it-a7523586.html

[37] Hannah Arendt, La crise de la culture, Paris, Gallimard, Folio essais, 1954, p. 139.

[38] Marcel Gauchet, La condition politique, Paris, Gallimard, 2005.

[39] Gabriel Rockhill, Contre-histoire du temps présent, Paris, CNRS éditions, 2017, p.186 ; Jacques Derrida cité par l’auteur dans Jacques Derrida, Voyous, Paris, Galilée, p.62 et pp.120-122.

[40] Une démocratie de représentation et non pas populiste qui donnerait le rôle dirigeant à un leader consacrant une démocratie d’identification ou d’acclamation (selon Pierre Rosanvallon, émission La Grande Table, France Culture, 24 avril 2017).

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