Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

ITALIE-FRANCE/Il y a ministre de la culture et ministre de la culture

Crédits: AFP

Il y a ministre de la culture et ministre de la culture. Les Français s'en rendent comptent à leur dépens. La collection de potiches mises au pouvoir par François Hollande accumule les impairs. Après ceux de la très inculte Fleur Pellerin, voici ceux d'Audrey Azoulay, qui fait à part ça peu parler d'elle. La dame devait se fendre d'un hommage à Michel Butor. Elle l'a fait, ou quelqu'un lui a rendu ce service. Le texte était assez bien torché, à une grave expression près. En le communiquant, Audrey a transformé «La Modification», qui a symbolisé le nouveau roman, en «La Consolidation». Le détail qui tue. «Le Figaro» a intitulé avec gentillesse son article «La valse des bourdes». En changeant une seule lettre, cela deviendrait «La valse des gourdes». 

Tout cela ne serait bien sûr pas grave si les ministres successives faisaient leur travail, ce qui n'est à l'évidence pas le cas. A l'heure où le patrimoine subit, ou risque de recevoir, de très graves atteintes, pas un seul communiqué interventionniste n'est parti de leur bureau. Le patrimoine, c'est sans doute trop vieux pour Aurélie (Filippetti), Fleur et Audrey, qui seraient plutôt cinéma et nouveaux médias. La France se cherche depuis longtemps un nouveau Malraux (même si l'écrivain a commis des horreurs, sacrifiant ainsi le patrimoine Art Nouveau) ou un second Jack Lang. On avait beaucoup misé sur Frédéric Mitterrand, mais l'homme n'aura pas tenu sur la longueur.

L'activisme de Dario Francheschini 

Pendant ce temps, Dario Francheschini se déploie en Italie. Pas de semaine sans que le ministre des Biens culturels se mêle à propos de quelque chose, en dépit de la modicité de ses fonds (0,19% du budget national) . Sa dernière action a suivi le tremblement de terre, qui a une nouvelle fois frappé l'Ombrie, après 1979 et 1997. Le soir même suivant le drame, une cellule de crise était en place. Les monuments détruits, endommagés ou en danger (le Duomo d'Urbino s'est par exemple fissuré), étaient répertoriés. On sait ainsi qu'il y a eu des atteintes à 293 bâtiments historiques. Francheschini prévoit pour eux des «casques bleus de la culture», afin d'évaluer les dégâts, de prévoir et de mener à bien de premières restaurations. Le Conseil de l'ordre des architectes a par ailleurs été alerté. Mais nous sommes au pays de Matteo Renzi... Et il y a eu en Italie les précédents musclés de Walter Veltroni (1996-1998) et de Giovanna Melandri (1998-2001).

Photo (AFP): Dario Francheschini dans un décor arcélologique. 

Texte intercalaire.

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