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MARKETEUR À L'ÈRE DU CLIENT CONNECTÉ

Blaise Reymondin a cofondé en 2004 l'une des premières agences spécialisées dans le web marchand. Aujourd'hui conseiller indépendant en marketing digital, il aide ses clients à comprendre les enjeux de la transformation digitale et tirer profit de l'Internet. A 46 ans, Blaise a collaboré avec plusieurs centaines d'entreprises et tissé des liens avec de nombreux dirigeants.

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Interview de Gregory Logan, la star suisse du réseau LinkedIn

A 25 ans, Gregory Logan est devenu un véritable phénomène sur le réseau Linkedin. Ses publications parlent d'entrepreneuriat, de développement personnel et de business. Interview.

Gregory, combien de personnes lisent tes publications chaque semaine?

Ça oscille en moyenne entre 1,5 et 5 millions de vues, selon les thèmes et la pertinence de mon texte. 

Et tu reçois combien de likes en moyenne? 

Entre 5’000 et 10’000 likes, mais ce facteur m’importe peu. Quand j’ai commencé à avoir un peu de succès, je considérais faire un flop quand je n’atteignais pas au minimum 200 likes; je me remettais en question jusqu’à en affecter mon moral. Mais depuis ça m’est sincèrement égal, j’ai compris que mon écriture ne devrait pas être conditionnée par un compteur. Je ne veux pas être tributaire des likes de mon audience, bien qu’on puisse les considérer d’une certaine manière comme les applaudissements du public.

Les lecteurs cliquent-ils parfois sur ton profil pour savoir qui est l’auteur derrière ces Posts?

Durant les 90 derniers jours, 78’000 personnes sont venues consulter ma page de profil. C’est assez dingue.

On peut dire que tu as acquis ce fameux statut d’influenceur? 

C’est le terme à la mode, mais je le trouve affreux. Cela ne veut pas dire grand-chose, notamment lorsqu’il est utilisé de manière autoproclamée. Je me vois plutôt comme un coureur de fond qui s’entrainait au début tout seul mais qui, au fil du temps, est rejoint par de plus en plus de monde.

A quelle fréquence publies-tu sur LinkedIn?

D'habitude, chaque jour de la semaine. Sauf si j’ai fait un buzz important avec la publication précédente; du coup je temporise pour ne pas la «cannibaliser». J'ai découvert que lorsqu’on publie plusieurs choses simultanément, l’algorithme de LinkedIn bride la cadence de diffusion. Cette fréquence je ne me l’impose pas, elle correspond à mon rythme naturel de créativité, ce n’est pas calculé. 

LinkedIn est devenu la première tribune pour le business et du coup un canal de communication incontournable pour les relations publiques (RP). Cependant peu de chefs d’entreprises parviennent à percer sur ce réseau. C’est quoi ton secret Gregory?

Je crois que l'attente est généralement trop forte pour un retour immédiat. Mon truc à moi, c’est que je m’en fiche; je n’attends rien de particulier en retour, ma démarche se veut gratuite. Il y a certainement une logique de «Give & Take» sur le long terme, mais aujourd’hui je ne pense qu’à donner. Je ne me dis pas que je vais fédérer des milliers de followers pour en faire un jour quelque chose. Est-ce que c’est cette sincérité qui plait? Peut-être.

Mais qu’est ce que cela t’amène concrètement comme bénéfice?

Le premier bénéfice est sur un plan personnel. Ce qui me touche, c’est lorsque je reçois la confirmation d’une personne qui a pu être inspirée par mon texte au cours de sa journée. Et c’est incroyable de pouvoir atteindre autant de monde dans un temps aussi court! Après chaque publication, je reçois entre 20 et 80 messages de personnes qui souhaitent simplement me remercier de leur avoir apporté de la matière à réflexion. C’est ça qui est super gratifiant.

Comment parviens-tu à apporter ce «bon sens» dans tes textes, sans apparaître pour autant comme un donneur de leçon? 

Ma copine m’a dit un jour: «j’aime bien ce que tu dis parce que tu transmets les choses simplement, avec un regard qui est le tien, mais sans que tu aies besoin de dire aux gens comment ils doivent faire». 

C’est vrai, je prends garde d’éviter de tomber dans un côté professoral. Ce ne serait pas moi de jouer au gourou à l’américaine et de lancer des «quitte ton job!» ou «lance ta boite!» à tout va. Je ne cherche même pas à donner des conseils, je me contente de partager des bribes d’existence, des histoires où chacun va tirer sa propre conclusion. En peut-être en retirer un enseignement personnel.

La sincérité et l’authenticité, c’est donc ça la clé?

Je pense que oui, je n’essaie pas de me donner un genre. J’utilise un vocabulaire assez familier qui est le mien; mon style reste simple. Et dans mes rendez-vous d’affaires, j’applique le même principe; la franchise est quelque chose de très apprécié de nos jours!

As-tu un rituel pour te mettre en condition d’écriture?

Je mets de la musique. Pas du rock, mais des musiques dites «d’inspiration». Et en même temps j’écoute des talks, des podcasts qui m’inspirent. C’est ce mélange qui me motive. Puis je construis mentalement des liens entre les paroles et mes idées, la musique. Ce «mix» va m’emmener plus loin, il agit comme une stimulation qui doit transparaitre à la fin dans mon texte. C’est en tout cas ce que je recherche.

Tu prends des notes tout le temps? 

Dès qu’il m’arrive quelque chose, chaque microévénement qui intervient dans ma journée, une idée qui survient dans la nuit... Je consigne tout dans mon carnet de notes électronique, sur Google Keep. 

Comment choisis-tu le Post que tu vas publier? 

Le sujet qui va me donner du plaisir à écrire sur le moment. Je me dis que si j’ai du plaisir à le raconter, cela devrait forcément se ressentir à la lecture.

Tu utilises un format d’écriture assez singulier, très aéré. D’où te vient cette manière d’écrire? 

A l’origine, j’avais vu un reportage qui montrait que l’attention est meilleure à la lecture de phrases courtes organisées en bullet points que les «pavés» qui composent les paragraphes d’une rédaction plus conventionnelle. Au final, la lecture en est facilitée et le storytelling se déroule ainsi naturellement, du début jusqu’à la fin. Je perds certainement moins de lecteurs en chemin…

Mais je n’ai rien inventé, plusieurs personnalités anglophones utilisent déjà ce format. Peut-être suis-je l’un des premiers en langue française? Ce mode m’a tout de suite paru plus efficace, notamment dans une époque où l’on consomme ce type de contenu d’abord sur des appareils mobiles. J’aime bien aussi terminer mes textes par des hashtags qui résument en un ou deux mots l’article et son contexte. Cela fonctionne un peu comme une signature. 

L’acte d’écriture t’inspire donc toi-même? Cela t’amène en quelque sorte à aller puiser au fond de toi?

Exactement. Chacun cultive ses propres sources d’inspiration, que ce soit à travers le sport, le théâtre, la lecture. Moi je l’ai trouvé dans cette forme d’écriture. J’ai l’impression d’être une batterie qui se vide lorsque j’écris, puis qui va se recharger avec les commentaires et les échanges sur le réseau social.

Ma journée commence la veille, le soir avant de m’endormir. Je me demande alors ce que je voudrais accomplir le lendemain. Depuis que j’ai adopté cette technique, je peux dire que la nuit ne m’a jamais aussi bien porté conseil…

Comment arrives-tu à partager autant d’expériences à seulement 25 ans? As-tu déjà vécu neuf vies comme les chats?

Je suis jeune, mais cela fait quand même cinq ans que je me suis lancé, et avec toujours plusieurs projets en parallèle. J’ai lancé des produits, des services, j’ai eu des activités sur le web. Et puis il y a eu le sport: 10 ans de compétition au niveau national en natation, c’est une autre forme d’école. En bref, j’ai essayé plein de choses et déjà connu l’échec. Comme je n’avais pas de Bachelor, je me suis dis que je devais créer ma propre «école»; c’est-à-dire un apprentissage sans fin, de tous les instants.

Comment fais-tu pour gérer toutes ces activités en même temps, notamment avec ton activité à «The Shared Brain»? 

J’avoue ne subir que rarement le stress, même en plein rush.

Une autre forme de maturité… 

Cela vient du sport. Lors de mes compétitions de natation, j’avais un coach en psychologie qui m’a appris à gérer le stress, à respirer correctement avant une course et à rester concentré jusqu’au bout de la distance. Entreprendre, c’est similaire. Et c’est d’abord un match «toi-même contre toi-même». 

Est-ce que tu lis beaucoup?

Oui, beaucoup de livres sur le développement personnel et en général sur le business. J’ai eu une période où je m’efforçais d’en lire au moins un livre par semaine et d’en faire un compte rendu. Mais je n'arrive plus aujourd’hui.

Peux-tu partager avec nous le titre de 3 ouvrages qui t’ont inspiré? 

Est-ce que tu prévois d’apparaître sur d’autres médias?

J’ai pensé notamment à la vidéo, mais je ne me sens pas tout à fait prêt pour cela. Peut-être pour entretenir une certaine distance avec mes «followers», car j’avoue que cela m’effraie un peu d’être aujourd’hui reconnu. On m’aborde parfois dans la rue «t’es pas le gars sur LinkedIn?». Alors la vidéo, ça me fait un peu peur (rires)...

Est-ce qu’il y a beaucoup de personnes qui te découvrent sur leur fil d’actualité et qui voudraient se connecter avec toi? Acceptes-tu les demandes de tout le monde? 

Je suis obligé de filtrer les demandes de connexion pour une simple raison: il n’est pas possible d’avoir plus de 30’000 connexions sur LinkedIn. C’est pourquoi j’encourage mes lecteurs à me «suivre» sur le réseau, de cette manière ils s’abonnent à mes publications sans que nous ayons besoin d’être «connectés» .

Merci Gregory.

 

Pour découvrir ses publications, suivez Gregory Logan sur Linkedin

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