Banquiers anonymes

Bud Fox et ses acolytes dévoilent les dessous de la place financière genevoise. Ce collectif de banquiers anonymes a décidé de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas.

In english, please

En 2002, une grande banque avait fait campagne avec les mots « The world’s local bank », un slogan qui lui colle encore à la peau. J’aime traduire et comprendre ce slogan comme la banque locale du monde ou encore votre banque partout dans le monde. Le Graal de toutes les grandes banques avant les différentes crises. Il fallait être omniprésent, offrir des services globaux mais avec la touche de couleur locale ou « glocalised » comme disent les anglo-saxons.

Nous assistons aujourd'hui à un renversement. Comme beaucoup d'autres, cette banque a fermé de nombreuses succursales, s'est retirée de différents pays. L’approche locale/globale est passée à la trappe.

L’industrie financière suisse connait depuis plusieurs années un « recentrage » sur ses marchés principaux et ses métiers de bases. L’échange automatique d’information, les différents scandales et l’érosion des marges sont passés par là. Le fameux cost-cutting est omniprésent, le contrôle des coûts frôle l’absurde, la validation et la gestion des processus interne s’approchent dangereusement de l’inefficience. Surchargés par des validations pour tout, les employés doivent en même temps atteindre des objectifs quasi irréalisables.

Où peut-on encore couper dans les coûts ? La réponse est arrivée ce matin par le biais d’une lettre de cette "world local bank" chez une cliente (suisse et francophone) dont voici un extrait : « Suite à une revue des processus internes (de la banque), nous avons décidé d’harmoniser l’émission de communications et de les émettre en anglais uniquement ». Le prétexte ? « Garantir à sa clientèle internationale une plus grande cohérence et efficacité dans la transmission des informations ». Il n’y aura plus de traductions française ou allemande des documents. Dans sa mansuétude, l'établissement continuera à fournir des attestations fiscales en français et allemand. Attention à ne pas fâcher l’administration. 

Voilà c’est fait, la world’s local bank est locale pour autant que vous parliez anglais. Au fait, ma cliente commence les cours d’anglais ce lundi et enverra la facture à sa banque… C'est ça, la couleur locale ou l'intégration de la globalisation !

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