Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Impôt sur les successions: nouvelle défaite de la gauche

Comme prévu, le peuple a rejeté clairement l’initiative sur l’imposition des successions. Avec 71% de non, la défaite est cuisante pour le parti évangélique suisse qui a pourtant bénéficié du soutien des socialistes et de ses alliés de gauche. Son projet était mal ficelé: cet impôt fédéral aurait frappé de la même manière tous les descendants d’une personne décédée sans aucune distinction du lien de parenté. De surcroît, il s’ajoutait à l’impôt sur la fortune déjà payé par le contribuable au fil de sa vie. Autant dire que cette initiative contenait tous les ingrédients pour qu’elle soit refusée par le souverain.

Il n’en demeure pas moins que la réflexion sur ce thème doit se poursuivre. C’est par exemple la conviction de Marius Brülhart, professeur à l’Université de Lausanne: «En raison de l’importance croissante de l’héritage, le fisc ne devrait pas laisser ce substrat fiscal inexploité. Cela est d’autant plus vrai que l’impôt sur les successions provoque relativement peu de distorsions comparé à d’autres», affirme-t-il dans La Vie économique (une publication du Département fédéral de l’économie). Et de poursuivre: «Il est dès lors économiquement judicieux de taxer davantage les héritages, plutôt que de prélever d’autres impôts engendrant de plus fortes distorsions – on pense à l’impôt sur la fortune, mais aussi à ceux sur le salaire et le revenu.» Selon Marius Brülhart, l’imposition des successions ne doit pas obligatoirement s’effectuer au niveau de la Confédération. Il peut très bien rester de la compétence cantonale.

Par ailleurs, le résultat de cette votation est une nouvelle fois un camouflet pour la gauche. Même s’il n’est pas à l’origine de cette initiative, le parti socialiste s’est fortement engagé pour la soutenir. Les organisations patronales et la droite ne se privent pas d’accuser ses dirigeants de lancer et de soutenir des initiatives qui auraient pu mettre en péril la compétitivité de l’économie helvétique (salaire minimum, augmentation de la durée des vacances, abolition des forfaits fiscaux, initiative 1:12, etc.), alors qu’ils savaient que leurs chances de gagner étaient très faibles pour ne pas dire inexistantes. On peine à comprendre les objectifs poursuivis par le parti socialiste, à part celui destiné à faire progresser ses causes au sein de l’opinion publique.

Cessons toutefois de s’acharner sur la gauche. Contrairement à certains, elle s’est battue avec vigueur pour que le peuple rejette l’initiative contre l’immigration de masse. Une votation qu’il ne fallait absolument pas perdre. Or, la modification de la constitution a finalement été adoptée le 9 février 2014 avec les incertitudes que cela engendre désormais pour l’économie suisse. L’analyse Vox réalisée par l’institut gfs.bern et l’Université de Genève montre que les sympathisants du parti socialiste ont massivement repoussé le texte, alors que ceux du parti démocrate-chrétien et du parti libéral-radical ne l’ont que moyennent rejeté. Pourtant, ces deux partis sont censés défendre les intérêts de l’économie…

 

 

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