Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Immigration: un enjeu démographique

Le vieillissement de la population de la Suisse s’accélère de jour en jour! Dans moins de trois ans, les personnes âgées de plus de 65 ans seront plus nombreuses que celles de moins de 20 ans. Ce tournant démographique s’accompagnera d’une explosion du nombre d’actifs qui quitteront leurs activités professionnelles: environ 1,3 million d’entre eux prendront leur retraite entre 2016 et 2030. Selon une estimation de l’Union patronale suisse, la Suisse court le risque d’un déficit de main-d’œuvre évalué à quelque 600  000 travailleurs.

C’est dans ce contexte que les acteurs politiques doivent mettre en œuvre l’initiative contre l’immigration de masse adoptée par le peuple en février 2014. Les solutions qui seront trouvées doivent être suffisamment souples, moins pour satisfaire l’Union européenne que pour permettre aux entreprises helvétiques de recruter du personnel à l’étranger. Les campagnes de sensibilisation et les trop rares mesures prises pour convaincre les patrons de conserver les seniors et d’exploiter le potentiel féminin ne suffiront pas à combler les départs à la retraite de la génération du baby-boom. 

Comme l’Allemagne, la Suisse paie son absence de politique familiale. Au cours de ces vingt dernières années, des démographes ont tenté d’alerter les acteurs politiques et économiques sur les conséquences du vieillissement démographique non seulement sur les assurances sociales, mais également sur le marché de l’emploi. Mais avec l’UDC en tête, les partis bourgeois ont toujours estimé que l’éducation d’un enfant relevait de la seule sphère privée. 

On en voit aujourd’hui les effets. Le taux de natalité figure parmi les plus faibles d’Europe, l’accroissement naturel (les naissances moins les décès) du nombre de ressortissants de nationalité suisse a été négatif au cours de ces vingt dernières années, le financement de l’AVS n’est plus assuré et seules 29% des femmes travaillent à plein temps. Sans l’immigration, la population totale et le nombre d’actifs auraient diminué, plombant la croissance et les revenus.  

Une main-d’œuvre essentielle

Le renouvellement des générations est indispensable afin de permettre à l’économie de rester compétitive et pour financer les assurances sociales. On ne peut pas à la fois ériger des barrières pour limiter l’immigration et refuser de soutenir une politique familiale adaptée aux besoins de l’économie et des ménages afin d’exploiter au mieux le potentiel de main-d’œuvre indigène. 

Les retombées de la révolution technologique en cours permettront de compenser partiellement les départs à la retraite, mais elles ne résoudront pas la question du financement des assurances sociales. A moins que les robots cotisent autant que les individus!

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