Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Immigration: Avenir Suisse se trompe

Supprimer les promotions économiques exogènes! Autrement dit, cessez d’attirer en Suisse des multinationales étrangères avec leur cohorte d’expatriés! C’est l’une des suggestions récentes lancée par les penseurs du laboratoire d’idées libérales Avenir Suisse pour limiter l’immigration après le vote du 9 février dernier. Elle a pour seul mérite de susciter la polémique. 

Née de la crise horlogère qui avait entraîné la suppression de plusieurs dizaines de milliers d’emplois dans l’arc jurassien dans les années 1975-1985, la promotion économique visait à créer un nouveau tissu économique grâce à l’apport d’entreprises étrangères alléchées par les exonérations fiscales accordées pour une durée de dix ans. 

Le canton de Neuchâtel fut à la pointe de ce combat avec Karl Dobler. Puis les autres régions ont suivi. Grâce à cette politique offensive, Vaud, Genève et Fribourg pour la Suisse romande ainsi que la région zurichoise et Zoug pour la Suisse alémanique ont créé des milliers de nouveaux emplois, souvent à haute valeur ajoutée. Cette dynamique a largement profité aux PME de ces régions. 

C’est cette politique qu’Avenir Suisse remet en question, sauf pour les régions défavorisées comme le Jura. Le prétexte qu’il avance ne résiste pas à l’analyse.  La promotion économique exogène aurait déstabilisé le marché du logement et contribué à l’asphyxie des infrastructures routières et ferroviaires et, ce faisant, conduit les populations locales touchées par ces désagréments à glisser un oui dans l’urne contre l’immigration de masse. Or, ce sont précisément celles qui auraient dû soutenir l’initiative de l’UDC qui l’ont refusée. La majorité des citoyens des cantons de Genève, Vaud, Zurich et Zoug sait ce qu’elle doit à l’apport de l’immigration. 

Pour justifier l’abandon de la promotion économique exogène, Avenir Suisse estime aussi que le marché se régule de lui-même: les multinationales choisissent de toute façon les pays qui offrent les meilleures conditions-cadres pour s’y établir. Cet argument est fallacieux. Afin de les attirer dans l’espoir de créer des emplois, nos voisins européens multiplient leurs faveurs à leur intention. Malgré ses atouts, la Suisse ne peut donc pas rester inactive pour se vendre. 

Le vote du 9 février mérite d’autres réponses que celles d’Avenir Suisse.

 

 

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