Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Immigration: aux Helvètes de faire des enfants

Dans deux mois, le 9 février 2014, les citoyens helvétiques se prononceront sur l’initiative de l’UDC «contre l’immigration de masse». Le parti populiste et nationaliste veut limiter l’afflux de migrants en exigeant l’instauration de plafonds et de contingents annuels, y compris pour les requérants d’asile et les frontaliers.

Autrement dit, cette initiative s’attaque à la libre circulation des personnes entre la Suisse et l’Union européenne entré en vigueur en 2002: si elle est acceptée, le Conseil fédéral devra dénoncer cet accord, alors que celui-ci a contribué à la prospérité helvétique. 

La campagne, qui vient de démarrer, promet d’être dure, très dure. Elle se concentrera sur les effets de l’immigration sur l’emploi, les frontaliers, le chômage et les salaires. Or une autre dimension sera probablement occultée. Elle touche à la démographie dans un contexte de vieillissement de la population et de réformes des retraites. Les chiffres publiés par l’Office fédéral de la statistique plaident clairement en faveur de l’ouverture des frontières. 

Premièrement, le solde migratoire des citoyens helvétiques est négatif depuis 1992. Soit depuis vingt ans. Autrement dit, les Helvètes qui quittent le territoire pour s’installer à l’étranger sont plus nombreux que ceux qui reviennent au pays. Entre 2002 et 2012, le solde migratoire atteint -68 101 personnes. Pendant cette période, les Suisses ont surtout émigré vers la France, l’Allemagne et les Etats-Unis.

Deuxièmement, l’accroissement naturel de la population de nationalité suisse est aussi négatif pendant la même période. En clair, les naissances ne parviennent pas à compenser les décès. La différence est de -17 401.

Conclusion: le nombre d’habitants de la Suisse aurait diminué sans la hausse de l’immigration nette (les étrangers qui s’installent dans notre pays sont plus nombreux que ceux qui s’en vont) et celle de l’accroissement naturel de la population de nationalité étrangère. Si les Suisses veulent limiter l’immigration, qu’ils fassent davantage d’enfants pour renouveler la population.  

 

 

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