Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Il faut fermer des hôpitaux en Suisse!

La réorientation de la politique sanitaire du canton de Fribourg, qui se concrétise par la fermeture d’une maternité près de Bulle et la concentration des soins aigus de chirurgie sur un seul site, présente une dimension qui dépasse les frontières fribourgeoises. Annoncée le 28 mai 2013, cette décision s’inscrit dans le contexte de l’optimisation du réseau hospitalier helvétique.

La Suisse compte quelque 300 hôpitaux. Or, c’est beaucoup trop pour une population de huit millions d’habitants répartis sur un territoire de 41 000 kilomètres carrés. Un réseau aussi dense ne permet ni d’assurer une bonne allocation des ressources ni d’obtenir une qualité maximale des soins.

Pour preuve, la difficulté pour les petits établissements hospitaliers périphériques de recruter des médecins. De l’avis d’experts de la santé, la taille idéale d’un hôpital est évaluée entre 300 et 600 lits. Autrement dit, entre 30 et 50 sites de soins aigus (environ 10 pour la Suisse romande) seraient suffisants pour couvrir les besoins. Dans une interview publiée par Bilan en automne 2009, le Conseiller fédéral Pascal Couchepin avait provoqué un beau tollé en affirmant qu’il partageait ce point de vue.

Une telle restructuration reste pour l’heure du domaine théorique. La planification hospitalière est l’affaire des cantons. Les enjeux politiques et régionaux génèrent de fortes tensions qui ont déjà déstabilisé plus d’un ministre de la santé. La pression sur la réduction des coûts et donc sur le nombre d’hôpitaux découle du nouveau système de financement.

Le forfait par pathologie, qui permet désormais de mesurer les coûts des prestations offertes par chaque établissement, donne davantage de pouvoir aux caisses-maladies pour négocier les tarifs. Les hôpitaux (c’est le cas des sites fribourgeois) qui génèrent des charges trop importantes sont dans leur viseur. Autrement dit, les assureurs commencent à peser de plus en plus lourd dans la réorganisation du paysage hospitalier. Ce sont eux qui tiennent le couteau par le manche et obligent les acteurs politiques à agir.

 

 

 

 

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