Banquiers anonymes

Bud Fox et ses acolytes dévoilent les dessous de la place financière genevoise. Ce collectif de banquiers anonymes a décidé de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas.

HSBC, l’hypocrisie des gouvernements

On l’aura compris: SwissLeaks, c’est le nom donné à la transmission de données volées par Falciani orchestrée par la France à destination du journal Le Monde. On passera sur le fait que certains des comptes mentionnés appartenaient à des gens connus déclarant leur argent, mais malgré tout donnés en pâture par la presse (quel est l’intérêt public, à part le voyeurisme ?).

Dès lors, pourquoi ne pas publier toute la liste? Il est affligeant de constater que des criminels bénéficient de l'anonymat et d’une protection auxquels le "sale" riche, coupable d’aucune faute, ne peut prétendre. Il faut lire l’excellent article de Me Tripet dans l’Agefi du 11 février «Le désolant triomphe des justiciers autoproclamés». On ne commentera pas non plus le fait que le magistrat français Eric de Montgolfier ne cesse de clamer que « des noms ont été retirés des listings de HSBC ». On ne se demandera pas non plus pourquoi avoir attendu plus de 6 ans pour dévoiler ces noms dans la presse. 

À lire les journaux, et à regarder les reportages des télévisions étrangères, je découvre que le monde bancaire suisse est peu connu. L’image reflétée dénote une profonde méconnaissance.

L’idée que les banques suisses ne s’adressent qu’aux fortunés est loin de la réalité. Monsieur Tout-le-monde peut, avec quelques milliers de francs, ouvrir un compte en Suisse et ils sont bien plus nombreux que ces fameux « très riches ».  Certes, la banque a mis à disposition des clients des outils afin d’éviter les différents fiscs, mais quelle différence avec les multinationales comme Amazon, Starbucks, Apple ou d’autres « optimisant » agressivement leurs impôts sur le revenu? Cela n’excuse en rien ces pratiques bancaires, bien entendu. 

La plupart des pays de l’UE ne prélèvent pas d’impôt sur la fortune, et ceux qui prélèvent cet impôt se comptent sur les doigts de la main et dans des proportions telles que la taxation des clients fraudeurs de HSBC ne changerait pas grand-chose en regard de la dette abyssale qu’ils entretiennent. Je ne peux que vous recommander d’écouter Jean-Charles Simon à propos de cette affaire HSBC et des pertes pour l’Etat français.

Alors que les médias s’offusquent que HSBC hébergeait des comptes de personnes peu recommandables, est-il utile de rappeler que certains gouvernements recevaient certaines parmi ces mêmes personnes, sous la promesse de juteux contrats pour la construction d’usines nucléaires ou des ventes d’armes? La vente de 24 Rafales à l’Egypte, potentiellement au Qatar, aux Emirats arabes unis ou à l’Inde, est l’exemple de cette hypocrisie de la part d’un gouvernement du « Faites ce que je dis, pas ce que je fais »… Oui, la banque aurait dû éviter d’ouvrir ces comptes, mais on est toujours plus intelligent après.

HSBC informe qu’entre 2007 et 2014 le nombre de comptes a baissé de 30’412 à 10’313 et que les avoirs sont passés de 118.4 milliards à 68 milliards. Où sont allés ces comptes et ces avoirs ? Vers d’autres banques, certainement, et sont investis dans des activités moins visibles peut-être, mais je doute qu’ils soient restés en Suisse.

Nettement moins médiatisées: les aides publiques qui sont versées à ces médias prêts à crier aux scandales sur les banques et qui se montent en milliards d’euros chaque année. Il y a clairement un conflit d’intérêt. Je comprends néanmoins que sous prétexte de rendre le monde plus juste, on arrive à justifier un vol, et que cela n’a rien de mercantile.

Enfin, la naïveté d’imaginer que HSBC soit la seule à pratiquer ce type de transactions est désolante. Au fait, comment va une certaine banque française et ses dix ans de transactions avec l’Iran entre autres? Les politiciens et la presse devraient dévoiler les montants et les différents intervenants... 

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