Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

HERMANCE/"Sculptures en plein air" dans un jardin d'exception

Crédits: Association des sculpteurs suisses

Cet été, le parc des Eaux-Vives abritait une biennale de sculpture, portée sur ses fonts baptismaux par le Mamco. Parc public. Noms vedettes. Restaurant de luxe à côté. Nous restions en terrain balisé. Tel n'est pas le cas avec les «Sculptures en plein air» aujourd'hui visibles à Hermance. Tout y semble improvisé, même si tel n'est pas le cas. Les œuvres resteront en place jusqu'au 3 novembre, mais mieux vaut les voir quand il fait encore beau et chaud. L'immense jardin ressemble en ce moment à une savane, avec ses herbes brûlées par le soleil. Les peupliers et les chênes centenaires agitent encore leurs feuilles. Des enclos abritent d'un côté des ânes et de l'autre des chevaux. Il y a même une très ancienne serre, veuve des ses vitres, dans laquelle a poussé un arbre. L'endroit n'a pourtant rien d'abandonné. Comme nous sommes à Hermance, ce sont des Naef qui habitent la villa au fond du parc. Ils possèdent presque tout le village. 

«L'invitation à venir exposer remonte à trois ans», explique Laurent de Pury, qui fait aujourd'hui partie des six participants. «Il aura fallu que les chose se décantent.» Rosa Turetsky est entrée dans le jeu, avec l'enthousiasme qui la caractérise. On reconnaissait son rire semblable à nul autre samedi 22 septembre, jour du vernissage. «Je me suis occupée de l'organisation et j'ai lancé les invitations.» Il ne fallait pas que les six artistes choisis fassent partie de son écurie. «Ce n'est pas une exposition hors les murs de ma galerie. Je n'ai ici que deux poulains, même s'il demeure clair que les quatre autres artistes sont des gens dont je suis depuis longtemps le parcours.» Une certaine diversité de style semblait par ailleurs bienvenue. Il n'y a pas grand chose de commun entre les formes simples polies par Jo Fontaine dans la pierre et l'homme à tête de cerf venu rappeler la mémoire du Valaisan Nikola Zaric, disparu en août 2017.

Une promenade

Le parcours reste très libre. Il s'agit en fait d'une promenade. Pas trop d’œuvres. L'encombrement constitue un des grands écueils des présentations de sculptures en plein air. C'était notamment le cas à la triennale Bex & Arts, avant que Catherine Bolle n'y mette bon ordre pour l'édition de 2017. «Je voulais que les différentes pièces s'intègrent au paysage», précise Rosa Turetsky. «Il y en a ainsi de presque cachées. Je pense aux disques d'Etienne Krähenbühl en sous-bois. Il leur faut prendre la bonne lumière, qui dessine en plus des ombres sur le sol.» Un pré abrite les moulins à vent blancs de Jean-Marc Aguilar. Une installation mobile de Jean-Louis Perrot répond au Léman. Elle se trouve non loin d'un petit port de plaisance. Nous sommes ici à la campagne, même s'il se construit encore hors de la zone historique. La route de Genève à Hermance donnera bientôt l'idée d'une termitière géante. Il s'agit donc de profiter de ce «lieu d'exception».

Pratique

«Sculptures en plein air», 483, route d'Hermance ou 15, chemin des Fossés, Hermance, jusqu'au 3 novembre. Accessible tous les jours de 11h à 17h. Entrée gratuite.

Photo (Association des sculpteurs suisses): L'affiche de la manifestation.

Texte intercalaire.

 

 

 

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