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MARKETEUR À L'ÈRE DU CLIENT CONNECTÉ

Blaise Reymondin a cofondé en 2004 l'une des premières agences spécialisées dans le web marchand. Aujourd'hui conseiller indépendant en marketing digital, il aide ses clients à comprendre les enjeux de la transformation digitale et tirer profit de l'Internet. A 46 ans, Blaise a collaboré avec plusieurs centaines d'entreprises et tissé des liens avec de nombreux dirigeants.

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Hayek ne voit pas d'intérêt pour l'iWatch. Et s'il se trompait ?

Nick Hayek, le patron de Swatch et champion de l'industrie horlogère suisse, s'est récemment déclaré sceptique à propos de l'iWatch. Il ne voit pas en elle la prochaine révolution : « remplacer un iPhone avec un terminal interactif au poignet sera difficile, car il n'est pas possible d'y mettre un grand écran ». Et d'ajouter: « Les consommateurs achètent souvent des montres comme des pièces de bijouterie et ils aiment en changer ».

Bien que modérées, ces réticences me remémorent les commentaires railleurs de l'industrie hi-tech lors du lancement du premier iPhone en 2007, et notamment ceux de Jon Rubinstein, ancien CEO de Palm : « Existe-t-il un grille-pain qui fasse aussi le café ? On ne trouve pas ce genre de combinaison d'appareils, car il ne serait pas meilleur qu'un grille-pain ou qu'une machine à café dans leur version séparée. Il en va alors de même avec l'iPod, un appareil photo numérique ou un téléphone portable: nous voulons des appareils spécialisés. »

Une iWatch, pour quoi faire ?

Le truc de Steve Jobs, c'était de créer de nouveaux besoins avant même la demande. Jobs savait comme personne vendre quelque chose dont les gens n’avaient encore jamais entendu parler. Si le marché n’existait pas et qu'il en avait l'intuition, c'est donc qu'il y avait l'opportunité pour le développer ! Il se méfiait de l'opinion des groupes de discussion (focus group), qui se révèlent particulièrement improductifs lorsqu'il s'agit d'apporter un avis sur un produit réellement innovant.

Alors pourquoi une iWatch me séduirait-elle ? Parce qu'elle serait justement encline à répondre à mes « nouveaux besoins », comme le satellite naturel de mon iPhone, iPad et de tous mes iMachins. Je la verrais bien comme la source de connectivité 4G et de géolocalisation (GPS) pour tous mes appareils. Parce que j'apprécierais la consulter furtivement pour connaître les dernières « alertes » sur l'actualité, les réseaux sociaux et toutes mes autres sources d'information personnalisées.

Et parce que trop souvent mon smartphone déforme mes poches, ou est coincé au fond d'un cartable. Elle serait aussi particulièrement bienvenue partout où il est socialement incongru de sortir son téléphone portable: en réunion avec des clients, lors d'un repas d'affaire ou galant, au cinéma, au théâtre, etc. Bref, cette montre serait l'i-compagnon idéal pour les randonnées, le jogging, la salle de fitness et pour les bonnes manières.

In fine, la vraie question n'est pas à qui l'iWatch ne plaira pas, mais combien se laisseront convaincre. Je parie que dans les prochaines années ils seront très nombreux à lui faire de la place au poignet.

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