Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Guerre des talents: les Suisses manquent d’ambition

«Nous avons besoin des meilleurs talents»: le ministre de l'économie Johann Schneider-Ammann n’a pas caché ses préoccupations face au manque de personnel qualifié à l’issue d’une table ronde organisée à Berne sur ce thème brûlant. La Suisse est au cœur d’une bataille qui l’oppose à ses principaux concurrents économiques touchés, eux aussi, par le vieillissement démographique. Par exemple, l’Allemagne perdra environ six millions d’actifs d’ici à 2030. En d’autres termes, la concurrence sera toujours plus vive pour attirer les cerveaux.

Depuis quelques années, la libre circulation des personnes avec l’Union européenne a permis de faire face, partiellement, aux besoins de l’économie helvétique. Mais, en raison des peurs et des conflits que suscite l’ouverture des frontières, la réponse passe aussi par la recherche d’autres solutions. La Confédération, les cantons et les partenaires sociaux se sont ainsi engagés à coordonner leurs efforts pour renforcer «le recours au potentiel offert par la main-d'œuvre indigène.» Les mesures envisagées sont au nombre de quatre: relever le niveau de qualification, encourager l’innovation, créer de bonnes conditions de travail pour les collaborateurs les plus âgés et améliorer la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale.

Voilà pour les résolutions. Encore faut-il passer à l’action. Or, l’ensemble des acteurs manque d’une ambition forte à la mesure du défi. Une ambition qui, d’ailleurs, fait aussi défaut chez trop d’étudiants de ce pays. Seule un peu plus de la moitié des titulaires d’une maturité professionnelle poursuivent en effet des études supérieures au sein des hautes écoles spécialisées. La raison? Le professeur bernois Stefan Wolter, un des meilleurs connaisseurs du système de formation helvétique, n’en voit qu’une. Il constate, en ne cachant pas son inquiétude, que «plus la conjoncture est favorable et plus les jeunes stoppent leur cursus, et inversément. Dans le premier cas de figure, ils estiment que leurs salaires sont suffisants pour affronter l’avenir».

Quelles que soient les mesures prises sur le plan interne pour lutter contre la pénurie de main d’œuvre, le recours à l’immigration restera indispensable pour permettre à la Suisse de rester compétitive. L’ouverture des frontières, aujourd’hui comme dans le passé, lui a toujours été profitable.

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