Laurent Bakhtiari

MARKET ANALYST

Laurent Bakhtiari est diplômé d’un Master en Finance d’Audencia Nantes et d’un Master en mathématiques quantitatives d’Imperial College London. Fort d’une expérience de plus de 10 ans en salle des marchés au sein de diverses institutions financières telles que Merrill Lynch, BNP Paribas et Credit Suisse, Laurent livre régulièrement, à destination des médias et des clients, des analyses de marchés ainsi que des analyses macro et microéconomiques.

Grèce-Eurogroupe: le vrai compromis

Après d’âpres négociations, le sommet européen a finalement réussi à se conclure sur un accord avec la Grèce pour qu’elle reste dans la zone euro. Cela a été une décision unanime, même si nous savons qu’initialement, l’Allemagne, l’Autriche, la Slovaquie et les Etats baltes étaient contre. Ceci est une situation européenne typique. En effet, depuis la création de l’Europe, de nombreux accords ont été conclus de cette manière et il serait faux de penser que cette situation est unique en son genre.

Un fonds de privatisation de 50 milliards d’euros va être créé afin de transférer et monétiser des actifs grecs et sera, de manière très étonnante, basé en Grèce. La nature de ces actifs est encore en discussion et sera cruciale pour le résultat final de cet accord. Certains actifs vont être utilisés afin de faire un profit (ce qui est très douteux) et d’autres seront privatisés (ce qui est très raisonnable et devrait améliorer les finances du pays). Dans l’absolu, la création de ce type de fonds ressemble, du point de vue de la Grèce, à fournir un collatéral pour emprunter de l’argent et il était clair qu’une telle solution allait être mise en place.

Les spécificités de l’ESM sont encore peu claires. Mais nous savons qu’une enveloppe de 25 milliards d’euros sera mise à disposition, dont 50% sera utilisé pour réduire la dette et recapitaliser les banques et 50% pour investir en Grèce afin de relancer l’économie. Cela ne semble pas suffisant mais la logique sous-jacente est honorable. Le vrai compromis est ici (en écoutant la conférence de presse de Merkel, l’Allemagne était probablement contre ceci). Il ne peut y avoir d’amélioration sur le front grec sans investissement dans l’économie réelle. De plus, ceci devrait également plaire au peuple grec, car l’accord n’est pas seulement basé sur de l’austérité. Le parlement grec devra encore légiférer sur cet accord. Il ne fait aucun doute que l’issue de ce vote sera une ratification de ces termes. Et cela va exprimer quelque chose de précieux vis-à-vis des autres membres de l’eurozone : la confiance. La prochaine date importante sera le 20 juillet, lorsque le cadre de cet accord sera discuté avec le gouvernement grec.

Sur la nouvelle, les marchés ont bien évidemment bondi : le DAX a grimpé de plus de 1.3%, l’Eurostoxx 1.44% et le SMI, qui est impacté indirectement, de 0.8%. Nous pensons que cette hausse n’est pas terminée et que nous pourrons voir de plus hauts niveaux dans les prochains jours. Nous pensons que nous pouvons voir les 12 000 points sur le DAX, si l’on passe auparavant les 11 600. Sur le SMI, nous pourrons bientôt voir les 9400. Du côté des devises, l’EURUSD a baissé, ce qui n’est pas une surprise sachant que la corrélation entre les marchés européens et l’euro est négative depuis l’année passée. Pour l’économie suisse, nous nous pouvons anticiper moins d’interventions de la part de la BNS et moins de « flight-to-safety ». Ceci devrait donner de l’air à la BNS dans les prochaines semaines.

 

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