Aline Isoz

CONSULTANTE EN TRANSFORMATION DIGITALE

Aline Isoz officie en tant qu’experte en transformation numérique auprès des entreprises et institutions romandes et est notamment membre du comité du Cercle suisse des administratrices, experte Vigiswiss (association suisse des data centers) et de conseils consultatifs. Depuis la création de son entreprise Blackswan en 2010, elle intervient régulièrement dans le cadre de conférences ou d’ateliers thématiques auprès de décideurs, d’administrateurs de société et commente également les enjeux liés au numérique dans les médias en tant que consultante, et en tant que chroniqueuse pour le magazine Bilan et le quotidien Le Temps. En 2015, elle a lancé alineisoz.ch, une initiative de coaching et d’accompagnement digital pour les PME romandes.

Parallèlement à ses activités professionnelles, Aline Isoz a mis sur pied une délégation suisse de femmes actives dans le numérique invitée à la Journée de la femme digitale à Paris

Gloria victis.*

Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai adoré les votations du 9 février ! Oh, pas tant la votation elle-même que tout ce qui s’en est suivi… car il faut bien le dire : il en va désormais de la vox populi comme du football, la meilleure partie réside de plus en plus souvent dans l’après match !

D’ailleurs, dans le débat « démocratique » comme dans le sport en général, on trouve de nombreux points communs :

  1. Tout le monde est expert depuis son canapé
  2. Chacun a malheureusement un écran à portée de main
  3. Donc tout le monde partage son avis avec sa « communauté »
  4. Par contre, on est peu nombreux à avoir envie de s'engager

Vive la démocratie : le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ! Car oui, c’est beau. En théorie. Sauf que… sauf que si j’en crois les débats et commentaires sur les réseaux sociaux, il semble que le peuple ne soit pas d’accord avec le peuple. Ou alors, c’est qu’il y a deux peuples en Suisse, et qu’apparemment, l’un des deux gagne plus souvent que l’autre.

Du coup, ça paraît compliqué : entre le fait que ceux qui maitrisent le mieux les arguments chocs sont généralement du côté obscur de la Force (car il y a les gentils d’un côté et les méchants de l’autre, évidemment), et le fait que les gentils n’ont pas tellement envie de se bouger les fesses, persuadés qu’ils sont que le Bien l’emporte toujours, je vous laisse imaginer le résultat… Le résultat, c’est que chez nous, c’est APRES qu’on donne les arguments qui auraient pu faire pencher la balance et que chaque déçu se fait le porte-parole des conséquences « dramatiques » de la Victoire des Autres.

Le Général de Gaulle affirmait en son temps que les Français sont des veaux. Puisque chez nous, la minorité pseudo clairvoyante se révèle plus encline à liker ou à partager des articles démontrant à quel point la majorité pseudo ignorante s’est fourvoyée qu’à agir, je me demande si nous n’avons pas plus de points communs avec nos amis frontaliers que ce que nous voulons bien admettre.

Il paraît pourtant évident que si, du côté obscur ou clair de la Force, nous avions tous la capacité d’avoir un avis pertinent sur des sujets aussi variés que les salaires, la migration, la Santé, les transports, l'avortement, etc. nous n’aurions pas besoin d’avoir des départements et des compétences dédiés, passant leur temps à analyser, débattre et prendre position sur l’ensemble de ces même dossiers…

En écoutant les avis de mes congénères sur les réseaux sociaux, la radio et les autres médias « interactifs », je me demande quand même si dans la théorie démocratique on n’a pas omis de mentionner les compétences dont devait disposer le peuple en question... Bien sûr : chacun a le droit de penser et de dire ce qu’il veut dans une démocratie, et c’est beau, encore une fois. Mais est-il vraiment adéquat que l’avis de chacun atterrisse dans les urnes et détermine la direction stratégique d’une Nation ? Dans le monde des réseaux sociaux on peut faire des groupes et filtrer les commentaires… Vivement la politique 2.0…

 

*Gloire aux vaincus

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