Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GENÈVE/Tout a changé! Le Mamco a fait sa mue d'hiver

C'est un Mamco regarni de haut en bas (ou de bas en haut) que les visiteurs peuvent retrouver dès ce mercredi 18 février. On sait que le musée genevois d'art contemporain ne donne pas dans la demi-mesure (ni dans la démesure du reste). Tout ce qui se trouvait dans les salles jusqu'en janvier dernier a donc disparu, à l'exception de quelques œuvres iconiques comme le container de Gordon Matta Clark. On peut à ce propos se poser la question. Ne vaudrait-il pas repenser les étages l'un après l'autre, au lieu de lâcher d'un coup une dizaine d'expositions, attachées en chapelet un peu comme des saucisses, après un mois de totale fermeture? 

Aucune manifestation d'envergure, au sens quantitatif du terme, ne s'impose cet hiver au Mamco. La plus vaste serait sans doute, au quatrième, «After Dark», un hommage très intellectuel au FRAC Ile-de-France. Toutes les obscurités ne proviennent pas ici de la pénombre imposée au visiteur par le commissaire Xavier Franceschi. Certains invités ont également obtenu beaucoup de place. Citons Emilie Ding, Mounir Fatmi ou le photographe Bruno Serralongue. Lié à l'AMAM, qui se battit dans les années 70 et 80 pour faire aboutir la réalisation du Mamco, Dennis Oppenheim se révèle également très présent.

Des chemins de traverse 

Inutile de parler de tout et mal, ou de tout en mal. Il faut opérer des choix. Je reviendrai sur l'accrochage, rare en Europe, de toiles de la Canadienne Agnes Martin. Je préfère aujourd'hui vous présenter Antoine Bernhart, qui «joue avec le feu». Interdite aux mineur, son exposition de dessins érotiques est non seulement très chouette. Elle assure le lien entre le Mamco, qui fête dans tout Genève ses 20 ans depuis 2014, et la vénérable Fondation Bodmer de Cologny. Une bibliothèque qui, comme chacun sait, propose jusqu'au 12 avril le marquis de Sade. Elle prouve aussi l'ouverture du Mamco. Trop d'institutions vouées à l'art actuel partent en effet dans une seule direction, comme s'il existait une unique manière de refléter une époque. Je veux bien que nous vivions au temps des autoroutes. Il subsiste néanmoins des chemins de traverse.

Pratique 

«Des histoires sans fin», Mamco, 10, rue des Vieux-Grenadiers, Genève, jusqu'au 10 mai. Tél.022 320 61 22, site www.mamco.ch Ouvert du mardi au vendredi de 12h à 18h, les samedis et dimanches de 11h à 18h. Photo (Mamco): La machine de Mounir Fatmi, qui traverse deux salles de manière tranchante. 

L'entretien avec Antoine Bernhart se trouve immédiatement en dessous.

Prochaine chronique le jeudi 19 février. Petit voyage à Bruxelles, où Bozar oppose le portrait du XVIe siècle à celui d'aujourd'hui.

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