Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GENÈVE/Que voir en galeries, d'Helmantel à Francis Baudevin

Crédits: Henk Helmantel/Photo Artvera's

Il n'y a pas qu'ArtGenève dans la vie, ni dans la ville. Les galeries continuent parallèlement leur travail. Celles de Quartier des Bains ont du reste invité les hôtes de la foire à venir le voir jeudi 28 janvier, lors d'un «brunch». Difficile de prétendre que ce fut un succès. Les rares visiteurs avaient tout l'espace pour eux. Voici un petit choix de quatre présentations. Je publierai par ailleurs prochainement un article sur deux expositions jouant la carte de l'appartement. 

Henk Helmantel chez Artvera's. La galerie le présente comme «un maître ancien contemporain», ce qui est bien, et comme «un génie», ce qui fait peut-être un peu beaucoup. Il faut dire que le Néerlandais, aujourd'hui âgé de 70 ans, s'est mis à l'école des peintres hollandais du «Siècle d'or» (autrement dit le XVIIe). Avec une technique magnifique, il en reprend les thèmes de la nature morte et de l'intérieur d'église. Aucun élément moderne n'intervient dans le choix des objets dépeints. Il en résulte des toiles silencieuses et intemporelles, qui doivent demander à leur auteur un temps infini. Artvera's présente en contrepoint quelques panneaux du XVIIe au sous-sol, ce qui est une bonne idée. (Jusqu'au 2 avril, www.artveras.ch

Francis Baudevin chez Skopia. C'est une longue route commune. Quand il tenait encore une petite galerie à Nyon, Pierre-Henri Jaccaud présentait déjà le Fribourgeois. A 51 ans, l'artiste, aujourd'hui installé à Lausanne, revient chez lui aux Bains avec une série de toiles bien dans sa manière. Il s'agit d'une abstraction simple. Un motif violemment coloré en aplat se retrouve sur un fond uni. Du rouge sur du blanc, par exemple, avec des diagonales. Aucune référence, si ce n'est peut-être aux logos publicitaire. Aucune transcendance. L'accrochage actuel s'intitule «q-uatre». Il est bien mis en scène dans le double espace que Skopia occupe rue des Vieux-Grenadiers. (Jusqu'au 5 mars, www.skopia.ch

«Déconstruction-reconstruction» à Art & Public. Ils sont cinq, dont l'un vient juste d'avoir ici son exposition personnelle. Le Péruvien Aldo Chaparro présente les mêmes plaques d'acier tordues mauves, mais elles ont changé de signification. Ce qui apparaissait festif avant Noël prend un caractère inquiétant en compagnie d’œuvres donnant des idées d'accident. Les tôles rutilantes de Sylvie Fleury viennent de connaître un choc. Les 68 photos de Jitish Kallat montrent des carrosseries ayant «subi la malveillance des gens ou des maladresses de la vie». Le grand Steven Parrino (un des artistes favoris de Pierre Huber) tient de la dislocation. La toile a été arrachée, froissée et curieusement refixée telle quelle. On ne répare pas un désastre. (Jusqu'à la fin février, www.artpublic.ch

Accrochage de dessins chez Schifferli. C'est la plus petite galerie de Genève. Seize mètres carrés. Située au 32, Grand-Rue, elle se consacre logiquement aux arts graphiques. Option modernes. Aux murs il y a donc aussi bien Hans Bellmer qu'Otto Freundlich, Balthus ou Max Ernst. Patrick Pouchot-Lermans, son directeur, a cependant des curiosités variées. Une rarissime pièce de Guillaume Apollinaire dessinateur, datée 1916, peut ainsi côtoyer une minuscule encre de Rodolphe Bresdin, le maître d'Odilon Redon. Il est resté un peu de place pour Bram van Velde, Albert Gleizes ou ce Louis Soutter à qui la galerie a récemment voué toute une exposition. (jusqu'à fin mars, pas de site, tél. 022 312 18 20)

Photo: Une des natures morts du Néerlandais Henk Helmantel.

Un article, suivant immédiatement dans le déroulé, est consacré au Centre d'édition contemporaine.

Prochaine chronique le vendredi 5 février. Dubuffet est à la Fondation Beyeler.

 

 

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