Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GENÈVE/Pour son directeur Jean-Yves Marin, le MAH a créé un "cercle vertueux"

Crédits: Pierre Abensur

Les bras m'en tombent. Je vais ressembler à la «Vénus de Milo». Il m'aura pour cela suffi de lire un article du dernier bulletin des Musée d'art et d'histoire (MAH). Un trimestriel que je ne reçois pourtant plus depuis mes récents articles sur l'institution. Il s'intitule «Les principes déontologiques au cœur des pratiques du Musée d'art et d'histoire». Tout un programme... 

A vrai dire, il s'agit là d'archéologie. Je l'ai vite compris. Chargée de communication, Maureen Marozeau rappelle que le directeur Jean-Yves Marin fut le coauteur du Code de déontologie de l'ICOM (Conseil international des musées). Il en a conservé quelque chose. «La cité de Calvin est en effet un cas unique: un comité déontologique de la Ville de Genève a été mis en place et est actuellement présidé par Jean-Yves Marin.» Une instance où siège Vincent Negri, le vieil ami juriste qu'il a fait engager à Genève. «Un expert en droit international du patrimoine». Jusqu'ici, rien (ou presque) à redire.

Tradition coloniale? 

Le MAH a donc fait son état des lieux. Il a clarifié la provenance des objets de ses collections antiques. Le lieu a même donné l'exemple à la Suisse. «On assiste à un véritable élan à travers tout le pays», explique Monsieur le directeur à Maureen. «Les musées se penchent sur leurs acquisitions passées. A l'exception de quelques petits musées de tradition coloniale qui taisent l'origine des pièces de leurs collections.» Quelle est au juste la tradition coloniale en Suisse? Mystère. 

Je vous passe la suite du texte, sur le pillage archéologique du Proche-Orient. Je veux en arriver tout de suite à «la volonté de créer un cercle vertueux». Je n'ai rien contre la déontologie, même s'il suffit pour moi de parler de morale. Mais le cercle vertueux et la clarté doivent-elles s'arrêter aux collections? Il existe à ma connaissance peu d'institutions aussi opaques que le MAH. Je pense à la politique d'engagement. Je pense au choix (et parfois au retrait) des expositions. Je pense au projet d'agrandissement, avec ses multiples inconnues. Je pense au travail de publication, dont le public ignore les résultats. Je pense à la politique globale, si nébuleuse. Je pense... Mais j'arrête là. Il me faudrait autrement évoquer les rapports humains internes, qui font causer toute la République. 

Mais bref. Que voulez-vous? Il y en a pour qui les mots suffisent. Les principes déontologiques sont donc au cœur des pratiques du Musée d'art et d'histoire... Je me tais. Il s'agit là d'un dogme.

Photo (Pierre Abensur): Jean-Yves Marin, qui entend faire respecter tous les principes de l'ICOM.

 

 

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