Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GENÈVE/Pour ses 40 ans, le Musée Barbier-Mueller ira visiter 23 institutions

Crédits: Musée Barbier-Mueller

Il n'y a pas que le Centre Pompidou pour fêter les 40 ans de son ouverture en 2017. Le Musée Barbier-Mueller de Genève a également vu le jour en 1977. Il logeait alors à la rue de l'Ecole-de-Chimie. Le déménagement au 10, rue Calvin est survenu quelques années plus tard. Il y a ensuite eu l'aventure, aujourd'hui terminée, d'une institution vouée aux arts précolombiens dans un palais gothique de la vieille ville de Barcelone. 

Si Beaubourg a déjà commencé à Grenoble son année anniversaire, marquée par quarante expositions à travers la France, l'institution privée genevoise se contentera d'événements ponctuels dans 23 musées suisses étrangers. «C'est déjà énorme», explique Laurence Mattet, sa directrice. «Nous ne disposons pas des forces voulues pour aller au-delà. Nous travaillons de manière artisanale, avec très peu de collaborateurs.» La chose n'a pas empêché, durant quatre décennies, les Barbier-Mueller de collaborer de manière exemplaire avec plus de cent musées dans le monde. Son travail a été de l'exportation d'expositions (et de leurs catalogues) clef en main aux prêts ponctuels d'objet, principalement extra-européens, tirés de la collection.

Des présentations en résonance 

«Cette fois», poursuit Laurence Mattet, «j'ai proposé à 23 musée d'entrer en résonance avec notre fonds. Nous confions un ou plusieurs objets, qui se verront présentés au sein de leurs collections.» Il fallait leur approbation, puis une concertation. «L'Ariana a par exemple choisi quelques-unes de nos pièces archéologiques des Cyclades afin de les mettre en relation avec des céramiques de Hans Coper ou d'Edouard Chapallaz, inspirées par les lignes dépouillées de cet art préhistorique.» Il y aura ainsi treize partenariats à Genève. Même le Musée d'art et d'histoire a accepté. «Il montrera un de nos bustes romains parmi ceux qui lui appartiennent.» 

Un accent particulier se verra porté au Musée d'histoire de la Réforme, objet d'importantes donations de livres polémiques des XVI et XVIIe siècles de la part de Jean-Paul Barbier-Mueller, la dernière restant toute récente. «Nous avons trouvé stimulant d'installer un fétiche à clous kongo au milieu de ces ouvrages ou une statue de prêtre du Costa-Rica dans la salle vouée à la Révocation de l'Edit de Nantes en 1685. Ce sacerdote portant une tête sacrifiée nous semblait symboliser la punition et la persécution religieuse.» La Fondation Martin-Bodmer abritera trois pièces importantes. La Fondation Baur une dizaine de bronzes du Vietnam, produits par la civilisation archéologique Dông Son. Le MEG, qui devra vider une vitrine entière de sa présentation permanente pour son exposition aborigène, la remplira avec des objets Barbier-Mueller. «Il y aura là plusieurs de nos fleurons océaniens.»

Du Rietberg au Quai Branly 

Je ne vais pas détailler le programme local. Il faut laisser de la place à la Suisse et à l'étranger. «Nous serons notamment au Laténium de Neuchâtel, à la Fondation Gianadda, au Musée Rietberg de Zurich et à Soleure, la ville natale de Josef Müller, l'initiateur de la collection en 1907.» Il s'agissait enfin de retraverser des ponts jetés au fil du temps avec la France. Au Musée des Confluences de Lyon. A la Vieille-Charité de Marseille. Au Musée du Quai Branly, surtout, où se trouvent aujourd'hui, par dons ou par ventes, de nombreux ensembles Barbier-Mueller. «Nous prêtons de nombreux objets à leurs expositions temporaires, comme celle sur l'Afrique des routes. Pour nos 40 ans, se dressera en plus, dans le hall, une très importante et très spectaculaire pièce originaire de Nouvelle-Irlande.»

Photo (Musée Barbier-Mueller): Une sculpture des Cyclades. Les Cyclades entretront en relation, à l'Ariana, avec des céramique d'Edouard Chapallaz ou de Hans Coper.

Ce texte intercalaire suit immédiatement celui sur la nouvelle exposition temporaire du Musée Barbier-Mueller de Genève.

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