Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GENÈVE/Pétition pour sauver trois maisons à la rue de l'Avenir

Crédits: Tribune de Genève

Il est encore temps. Le problème, comme avec toutes les pétitions patrimoniale genevoises, est de savoir où trouver la pétition. Je n'ai remarqué dans la rue aucune collecte de signatures afin de «sauver aux Eaux-Vives le dernier vestige du passé faubourien du quartier». Les gens ont jusqu'au 17 septembre pour faire parvenir leur autographe à Miguel Bueno, 7, rue du Perron. Encore faut-il avoir eu la feuille en mains! J'ai reçu la mienne encartée dans le dernier numéro d'«Alerte», le journal de Patrimoine Suisse Genève. Autant dire qu'on prêche ici à des convaincus.

De quoi s'agit-il? D'une chose dont la presse locale a déjà parlé début juillet. Les pétitionnaires entendent sauver trois maisons se trouvant à la rue de l'Avenir. Il s'agit, comme le rappelle l'historienne Isabelle Brunier, d'un ensemble dont la construction été autorisée au printemps 1877. Les Eaux-Vives formaient alors une commune indépendante, ce qu'elles resteront jusqu'en 1930. Cette partie de la cité se construisait alors à toute vitesse. L'entrepreneur Jean-Louis Montillet a conçu un plan en peigne avec trois maisons précédées et séparées par trois cours. Au fond de ces dernières s'élevaient deux corps de liaison. Au rez-de-chaussée se trouvaient des locaux pour des artisans. Des logements occupaient le premier et les combles. Cette affectation n'a pas changé jusqu'à récemment.

Un dernier témoin  

Le quartier, lui, a considérablement évolué, entraînant destructions et reconstructions. C'en est au point que les trois petites maisons sont aujourd'hui non seulement uniques aux Eaux-Vives, mais dans tout Genève. La dernière bâtisse analogue a disparu à la Jonction. Il y en avait d'autres rue de l'Avenir. Mais elles ont disparu après un accord passé en 2011 entre les amis du patrimoine et le conseiller d'Etat Mark Müller. Celui-ci s'est révélé un marché de dupes. Si l'inscription des trois maisonnettes s'est bien faite, la décision a subi une attaque des propriétaires. La justice, qui est bien souvent du côtés de ces derniers, a annulé la décision en octobre 2012. En clair, vous pouvez démolir quand vous aurez le permis. 

L'ensemble bâti, qu'«Alerte» montre après les restaurations possibles avec un joli dessin de Björn Arvidsson, est aujourd'hui très dégradé. Il se trouve dans une rue sinistre. Il faudrait apparemment une cascade de millions pour le remettre en état dans notre ville où tout coûte toujours trois fois plus cher qu'ailleurs. Mais il y a l'unicité actuelle de ce témoignage. D'où ce combat du pot de terre contre le pot de fer. Une lutte qui tombe bien en cette semaine de Journées du Patrimoine. Genève n'est pas, contrairement à ce que peuvent penser nos édiles, un clapier où il s'agit d'entasser un maximum de locataires les uns sur les autres.

Pratique 

Pour d'autres renseignements: https://sauvegarde-geneve.ch/petition_rue_de_l_Avenir Maintenant à vous d'agir si vous le pensez juste et nécessaire.

Photo (Tribune de Genève): Les trois petits immeubles dans leur état actuel.

Texte intercalaire.

 

 

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