Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Genève ou la politique du chaos

Depuis plus d’un mois, Genève vit des événements qui démontrent son incapacité à se gérer:

-Des fonctionnaires en grève ont défilé à plusieurs reprises dans les rues.

-Le Grand Conseil a refusé le budget 2016 proposé par le gouvernement. Même les députés démocrates-chrétiens n’ont pas soutenu leur propre conseiller d’Etat Serge Dal Busco.

-Le référendum contre le gel des embauches à l’Etat lancé par les partis de gauche et les syndicats a abouti. Le peuple se prononcera dans le courant 2016 sur le renforcement du frein à l'endettement voté par le Grand Conseil. Une nécessité face à l’ampleur des dettes accumulées par le canton.

-Ses autorités judiciaires n’ont pas hésité à en découdre avec le Ministère public de la Confédération à propos du risque terroriste.

-La polémique enfle depuis plusieurs jours sur l’inaction de la police face aux casseurs qui ont saccagé plusieurs bâtiments dans la nuit du 20 au 21 décembre.

Au début 2015, Bilan a publié un dossier intitulé Genève au bord du gouffre financier. A la lumière des événements récents, les propos tenus par divers acteurs de la vie politique, économique et scientifique prennent encore davantage de sens. Les voici:

«La situation est grave depuis une génération. Les députés qui siègent au Grand Conseil ont toujours cherché à gagner du temps d’année en année. Mais le roi sera bientôt nu.» (…) Les Genevois ont une culture de l’Etat proche de celle de son voisin français. Leurs attentes vis-à-vis des prestations qu’il peut offrir sont certainement démesurées.»

Nils Soguel, professeur à l’Institut de hautes écoles en administration publique de l’Université de Lausanne.

«Je n’ai pas le sentiment que (les prestations de l’Etat) soient de meilleure qualité que dans d’autres cantons.»

Blaise Matthey, directeur de la Fédération des entreprises romandes.

«Le canton de Genève vit au-dessus de ses moyens.»

Bernard Dafflon professeur émérite de finances publiques de l’Université de Fribourg.

«Genève se sent tellement puissant en raison des bonnes dispositions et de la force de son économie qu’il n’a jamais été prêt à faire des choix.»

Alfred Rey, ancien délégué aux questions financières cantonales au sein de l’Administration fédérale des finances.

«Genève n’a toujours pas le sentiment d’avoir touché le fond. Il pense qu’il est suffisamment riche pour s’en sortir. Sa capacité économique donne une perception biaisée de la réalité.»

Pascal Sciarini, politologue à l’Université de Genève.

«La classe politique s’est installée dans une logique de fuite en avant. L’équilibre financier n’a jamais constitué son objectif primordial.» (…) «Contrairement au canton de Vaud avec le libéral-radical Pascal Broulis et le socialiste Pierre-Yves Maillard, Genève ne dispose pas d’au moins deux acteurs suffisamment forts pour négocier des solutions porteuses d’avenir.»  

René Knüsel, professeur à l’Université de Lausanne.

«La qualité du personnel politique est en cause. L’intérêt privé se substitue à l’intérêt général. On préfère l’affrontement à la négociation.»  (…) «Je suis favorable à une analyse en profondeur des besoins structurels de l’Etat. Ce n’est que sur cette base que nous pourrons prendre des mesures ciblées.»

Alberto Velasco, député socialiste.

«Une catégorie toujours importante de citoyens peut décider des dépenses de la collectivité sans en supporter les conséquences financières. C’est inacceptable.»

Bernhard Riedwed, député UDC.

«Nous vivons depuis trop longtemps dans une crise des dépenses. Il faut réduire le train de vie de l’Etat.»

Feu Pierre Weiss, député libéral-radical.

«A l’Etat, le licenciement économique n’existe pas. Une personne dont le poste est supprimé doit bénéficier de mesures de reclassement. Si aucun poste ne peut être proposé, elle percevra alors une indemnité.»

Anne Emery-Torracinta, conseillère d’Etat.

 

 

 

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