Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GENÈVE/Les ventes de septembre sont finies. Je vous dit tout

Crédits: Piguet, Genève 2018

C'est fini! Les sessions de Genève Enchères comme de Piguet sont terminées. Il y avait pour celles de septembre une semaine de décalage entre les deux maisons rivales, ce qui m'a semblé un bien. Il n'en ira hélas pas de même en décembre. Par ce qui relève de la conjonction astrale, les deux firmes ont opté pour les mêmes dates, avec un jour de plus pour Piguet. Tout de passera donc entre le 10 et le 13 décembre, au moment où les agendas débordent déjà. Pourquoi pas du 24 au 27 décembre? Là au moins je reste pour l'instant tout à fait libre. 

Que retenir des journées de septembre? Que la succession de Brigitte de Saussure a suscité l'intérêt chez Genève Enchères. Les trois compères dirigeant la maison ne savaient trop combien estimer les dessins et aquarelles effectués au Mexique par l'entomologiste Henri de Saussure dans les années 1850. Les deux lots s'étaient vus prisés chacun entre 1000 et 1500 francs. Au final, ils ont fait ensemble 126 000 francs. La Bibliothèque de Genève était sur le coup. Elle a fini sur le cul, comme dirait le vulgaire. La dernière mise devait correspondre à quatre ou cinq fois son budget, si ce n'est pas davantage. Autrement, les choses se sont honorablement, voire bien passées, sauf pour les céramiques chinoises. Ces dernières ont été étrangement boudées.

Les six chiffres de Piguet 

La semaine suivante, chez Piguet, il y a eu quelques beaux résultats. Si la montre Patek en platine à 194 500 francs sort nettement de mon champ d'action (et d'ailleurs de celui de mes intérêts), il n'en va de même pour le superbe pendentif Art Nouveau de Lalique. Cent treize mille francs sur une estimation comprise entre 20 000 et 30 000. Côté tableaux, un paysage hollandais d'Esaias I Van de Velde daté 1619 est parti à 110 000 francs au marteau (comptez 135 000 avec les frais), alors qu'on en espérait 20 000 ou 30 000. «L'Annonciation» du Niçois Louis Bréa (vers 1450-1523) s'est envolée à 110 000 (au lieu de 30 000 ou 50 000). Le Musée d'art et d'histoire de Genève était apparemment sur les rangs, ce qui aurait fait beaucoup travailler son restaurateur Victor Lopes tant le panneau semble repeint. Enfin, la magnifique «Madone à l'enfant avec le petit saint Jean» du Véronais Paolo Morando (vers 1485-1522) a obtenu 120 000 francs au marteau, soit dans les 150 000 francs. Un argent bien placé. Il s'agit là d'un vrai beau tableau de musée. 

Chez Piguet, ce sont les meubles anciens qui passé un mauvais quart d'heure. Il en restait beaucoup cherchant un acquéreur au prix de réserve les jours de remise des lots aux acheteurs. Deux produits dérivés ont en revanche cartonné. Il s'agit d'une hideuse réduction, tirée à 150 exemplaires, d'une sculpture de Niki de Saint Phalle. Un objet qu'on imagine vendu au milieu des T-shirts d'un «shop» de musée. Trente six mille cinq cent francs. L'autre est une céramique de Picasso surmoulée en argent. Près de 50 000. Que dire de plus? Rien. Mais je n'en pense pas moins. 

Photo (Piguet): La Madone de Paolo Morando, détail. Mon chouchou de ventes de septembre.

Texte intercalaire.

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