Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GENÈVE/Le MAH accueillera Urs Fischer grâce à la Fondation DESTE

Crédits: Reuter

La nature a horreur du vide. Beaucoup de gens aussi. Il a donc fallu trouver un moyen de remplir le programme du Musée d'art et d'histoire de Genève (MAH), qui ne ferme pour le moment pas ses portes. Jusqu'à la votation du 28 février, il avait été possible d'étirer la rétrospective Jean-Pierre Saint-Ours au-delà du raisonnable. Mais que faire après, quand on n'a pas de programme? 

Une solution a été trouvée avec la Fondation DESTE de Dakis Joannou, créée en 1983 à Genève par le Cypriote grec. Il s'agissait de soutenir les projets du centre d'Art contemporain, que dirigeait alors Adelina von Fürstenberg (1). Né en 1939, Joannou a fait fortune en commençant par la construction, puis en diversifiant au maximum ses activités. Il a surtout commencé tôt une collection d'art contemporain qui passe pour l'une des plus importantes du monde. Lors de l'exposition «Translation» du Palais de Tokyo, en 2005, dont toutes les œuvres lui appartenaient, Harry Bellet et Philippe Dagen parlait déjà d'un «collectionneur décapant». Le siège athénien de DESTE avait selon eux révolutionné le paysage culturel de la capitale.

De "faux amis" 

Dès le 28 avril et jusqu'au 17 juillet, le MAH va donc proposer «Urs Fischer – Faux Amis» dans ces salles du rez-de-chaussée qu'il qualifie volontiers de «palatines». L'exposition tournera donc autour du Suisse Fischer, promu star internationale. Je rappelle que le Zurichois (à ne pas confondre avec le joueur de football alémanique du même nom) a reçu en 2012 son exposition au Palazzo Grassi de Venise. En 2013, il a déjà été montré par la Fondation DESTE à Hydra, en Grèce. Il ne sera cependant pas tout seul. «Faux amis» le fera dialoguer avec Jeff Koons, Paul McCarthy, Kiki Smith, Martin Kippenberger ou Maurizio Cattelan. 

Pour arriver à cela, il fallait le commissaire idoine. Le choix est tombé sur Massimiliano Gioni, auteur de la plus réussie des Biennales de Venise du XXIe siècle, avec l'édition de 2013. Gioni a un pied en Amérique, l'autre en Italie. Je vous ai parlé l'an dernier de sa spectaculaire présentation de «La Grande Madre» au Palazzo Reale de Milan.

Adéquation au lieu? 

L'exposition, voulue de grand luxe, pose bien sûr le problème de l'adéquation avec le lieu. Je ne parle pas ici du bâtiment de Marc Camoletti, qui peut se prêter à bien des choses. Je pense au caractère contemporain des œuvres. Le MAH marche apparemment ici sur les brisées du Mamco. Genève doit-elle avoir deux sièges pour l'art actuel? Le MAH est-il supposé proposer de tout, à la manière des grands magasins? Ou a-t-il simplement sauté sur l'occasion? 

(1) Adelina von Fürstenberg a fondé Art For The World en 1996. On retrouve du reste cette entité dans les parties prenantes à l'événement «Urs Fischer – Faux amis».

N.B. Je ne sais toujours pas si Laurence Madeline fait encore partie des cadres du Musée d'art et d'histoire ou non. Tout le monde se pose la question sur ce qui devient un secret d'Etat. Bénédicte de Donker est en revanche venue signer son contrat à Genève. Elle remplacera, on le sait, Marielle Martiniani Reber.

Photo (Reuter): Urs Fischer allumant son autoportrait bougie.

Texte intercalaire.

 

 

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