Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GENÈVE/Le MAH a un numismate, mais pas d'archéologue en chef

Crédits: DR

Il y a longtemps que je n'avais pas joué au correspondant de guerre. Je vous dois donc les dernières nouvelles du front. Que se passe-t-il au Musée d'art et d'histoire de Genève (MAH)? Il ne faut évidemment pas compter sur ses services de presse ou de communication. Même si l'institution semble richement dotée sur ce plan-là, c'est le silence radio. 

Selon deux informations concordantes, le MAH aurait une nouvelle personne en charge du Cabinet de numismatique, au fonds particulièrement abondant et riche. Il demeurait sans responsable depuis le départ de Matteo Campagnolo. Un départ pas tout à fait volontaire. Le spécialiste avait demandé une prolongation de son mandat, qui avait été accordée à d'autres. Elle lui a été refusée. Le poste a fini par se voir mis au concours. Ce serait (conditionnel de prudence) Gilles Perret qui aurait été choisi. Né en 1964, l'homme a commencé sa carrière à Yverdon-les-Bains. Il s'occupait depuis 1999 des modestes collections monétaires du Musée des beaux-arts de Neuchâtel. Un poste à mi-temps. C'est là qu'il avait organisé en 2013-2014 l'exposition «Argent, jeux, enjeux». Elle me laisse un pénible souvenir, ne serait-ce qu'en raison de la laideur de ses décors. Je crois vous en avoir parlé.

Archéologie sans tête

Ce choix donne une idée des buts visés par le MAH. Ce serait des événements de type «sociétal», comme on dit aujourd'hui, ceci d'autant plus que Gilles Perret est par ailleurs comédien. Rien à voir avec le département jadis dirigé par le sévère Nicolas Dürr, qui disposait alors de salles à l'entresol pour présenter par roulement des collections. Ceci pour autant qu'on confie des expositions au nouveau-venu, bien sûr! Il semble en effet que l'unique but de l'actuelle direction est d'en produire le moins possible en alléguant des problèmes de personnel ou d'argent. Tous deux feraient défaut. Peut-être faudrait-il organiser une collecte. 

Le MAH cherchait aussi un nouveau conservateur en chef pour l'archéologie. Venue du canton de Vaud, Béatrice Blandin n'assurait cette fonction que par intérim. Un véritable inter-règne... La dame faisait partie des postulants. Elle n'aurait pas été retenue. Un refus qui la ramènerait au statut plus modeste de conservatrice. Là, les voix concordent. Je n'en ai cependant qu'une pour m'assurer que l'intérim se verrait dorénavant exercé par Jean-Yves Marin lui-même. Le Normand devrait normalement remettre son sceptre et son manteau d'hermine de directeur à un successeur, mâle ou femelle, fin 2019. Il aura alors 64 ans. Si on (c'est à dire la Ville) pousse un peu son mandat jusqu'à 65 berges, il pourrait ainsi rester une année de plus à Genève. Tout cela au conditionnel, bien sûr!

Photo (DR): Gilles Perret, un numismate en transit.

Texte intercalaire.

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