Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GENÈVE/La Société des Arts donne la parole aux femmes

La plaquette est élégante. On n'en attendait pas moins de la Société des Arts. Créée en 1776, cette association genevoise tient bien le cap des années, même si le Palais de l'Athénée construit pour l'abriter par Jean-Gabriel Eynard dans les années1860 se révèle un cadeau parfois coûteux à entretenir. Le programme de la saison 2015-2016 apparaît ainsi très abondant. Rappelons qu'il regroupe les manifestations des trois classes (agriculture et art de vivre, beaux-arts, industrie et commerce) qui, comme certaines sœurs, se rapprochent en vieillissant. Notons au passage que l'une d'entre elles au moins a résolument changé de vocation. Plus personne ne pousse la charrue à la Classe d'agriculture, même si elle décerne son Prix... 

Un thème traverse toute l'année. Ou plutôt une question. «Où sont les femmes?» La frise de la Salle des Abeilles, au rez-de-chaussée du Palais, n'en accueille sauf erreur qu'une seule. Il s'agit d'Albertine Necker de Saussure (1766-1841), la cousine de Germaine de Staël. Il doit bien en être apparu d'autres depuis. A l'époque, il y avait déjà Elisabeth Vigée Lebrun, une peintresse honorée au Grand Palais qui fera pour les membres l'objet d'une conférence et d'un voyage collectif à Paris.

Sylvie Fleury primée

Où sont les femmes? La Société des Arts a décidé l'an dernier d'accorder son Prix biennal à Sylvie Fleury. Créée en 2009, cette récompense pleut toujours où c'est mouillé. Les lauréats sont déjà bien connus. L'exposition de Sylvie a lieu cet automne dès le 25 septembre à la Salle Crosnier. Elle précède celles que la Classe des beaux-arts réserve tout au long de l'année à de jeunes créateurs. Un travail de défrichage bien utile à l'heure où les galeries se détournent des risques inhérents au lancement d'artistes inconnus. Autrement, les beaux-arts seront conférences, voyages (celui de New York était plein avant même la publication de la brochure) et visites. 

La Classe d'industrie et commerce, elle, donnera avant tout la parole. A des femmes, bien évidemment. Elle sortira cependant parfois de l'économie. L'agriculture, en bonne logique, affrontera le plein air. Un vent extérieur ira d'un voyage à Moulins, qui une fort belle ville, à un autre en Provence, en passant par un doigt d’œnologie au féminin. Sachez que les filles sont aujourd'hui majoritaires parmi les étudiantes de ce qui resta longtemps un bastion masculin.

Jeudis du piano 

Le programme ne serait pas complet sans les jeudis du piano, dont s'occupe depuis leur lancement Claire Haugrel (qui sera doublement femme cette saison). Il comprendra six concerts, dont cinq auront pour vedettes de jeunes solistes. Ces jeudis ont finalement un peu la même fonction que les expositions de la Salle Jules-Crosnier. Une société bicentenaire doit aussi préparer l'avenir. 

Je ne vous dis bien sûr pas tout. Le programme complet se trouve en effet sur un site internet tout neuf, qui en remplace un autre, aussi à bout se souffle qu'un film de Jean-Luc Godard. Voici l'adresse. C'est www.societedesarts.ch On peut à la fois consulter et s'inscrire. Attention! La première manifestation est prévue dès le 15 septembre. Photo (DR): L'une des pièces de Sylvie Fleury pour la Salle Crosnier. Celle-ci date de 2014.

Texte intercalaire.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."