Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GENÈVE/Koller montre de la peinture classique genevoise à l'Athénée

Les tableaux sont ici à leur place. Rien d'étonnant à voir un Calame, un De La Rive ou des Girardet au Palais de l'Athénée, inauguré en 1864. Il est plus surprenant de les découvrir au sous-sol, loué depuis des années par Koller. La maison zurichoise semble en effet délaisser son antenne genevoise. Il n'y a plus ici comme ventes, en temps normal, que du vin ou des sacs à main. Le reste se limite à des présentations d’œuvres passant aux enchères Hardturmstrasse. Le prochain accrochage est ainsi prévu à l'Hôtel de la Paix du samedi 7 au lundi 9 novembre, avec un Anker spectaculaire et deux toiles du futuriste belge (oui, on peut être futuriste ET Belge), mort très jeune, Jules Schmalzigaug (1882-1917). 

«Nous avons reçu à disperser une très importante collection alémanique», explique à l'Athénée Cyril Himmer. «Centrée sur le XIXe siècle helvétique, elle comprend bien sûr des Anker ou des Gottfried Steffan. Cet ensemble formé dans les années 1940 et 1950 contient aussi, de manière plus insolite, beaucoup de toiles romandes. Pourquoi ne pas les montrer à Genève en plus de nos accrochages habituels?» Il faut dire qu'il n'y a pas ici que des noms comme Alexandre Calame ou François Diday. «Il se trouve ici un grand nombre de petits maîtres, représentés par leurs chefs-d’œuvre. Je pense à Gustave Eugène Castan, à Karl Girardet ou à François Furet.»

Deux jours de visite publique

Ces dernières œuvres, souvent estimées à des prix plus que raisonnables (il y a des choses prisées entre 1000 et 1500 francs), se retrouvent ainsi pour partie à l'Athénée aux côtés de quelques poids lourds. «Un beau Calame, des Vallotton, puisque nous avons ajouté ici deux Vallotton provenant d'une autre collection, forment aujourd'hui des valeurs internationales. Les acheteurs peuvent tout aussi bien se révéler Américains, Anglais que Suisses.» Koller parle ici en dizaines ou en centaines de milliers de francs, ce qui n'est pas tout à fait la même chose. 

Les deux journées de visite publiques ont été précédés, jeudi et vendredi, de deux journées sur rendez-vous. Pourquoi se schéma inhabituel? «Certains de nos clients romands ont un peu perdu contact avec nous. Ils ont l'impression qu'on les oublie. C'était l'occasion de les inviter de manière personnelle à voir des œuvres susceptibles de les intéresser.» Il faut aussi trouver de nouveaux clients. La banque genevoise qui achetait (et à très haut prix) les paysages de Pierre-Louis de La Rive de manière systématique n'est ainsi plus intéressée à maintenir la cote du paysagiste des années 1790-1810.

Pratique

Koller, Palais de l'Athénée, 2, rue de l'Athénée, Genève, lundi 2 et mardi 3 novembre de 10h à 18h. Tél. 022 311 03 85, site www.kollerauctions.com Photo (Koller): Un paysage de Girardet, estimé de façon raisonnable. C'est pourtant l'un des sommets de ce petit maître romand. 

Texte intercalaire. La suite juste après dans le déroulé. La saison des galeries genevosies repart un peu trop fort.

 

 

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