Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GENÈVE/Jan Fabre se retrouve aux Bains chez Art Bärtschi & Cie

Guy Bärtschi, et maintenant son associé Barth Pralong, aiment bien l'art belge. Une créativité belge qui succéderait à l'art flamand de la Renaissance ou de l'âge baroque, avec ce que cela suppose d'excès. Parmi ses poulains figurent ainsi Antoine Roegiers, tout récemment présenté route des Jeunes, ou Wim Delvoye, le dévoyé qui tanne les cochons tatoués et réalise des chemins de Croix avec des souris crevées. 

La favori de la maison demeure cependant Jan Fabre, 57 ans. «C'est la cinquième fois que nous le montrons», calcule Barth Pralong. Deux expositions restent historiques. Dans la première, rue Etienne-Dumont, Guy Bärtschi avait utilisé non seulement sa galerie, mais deux étages de caves anciennes pour montrer des pièces en partie faites de la matière favorite de l'Anversois: le scarabée. Intitulée «La Fête», la seconde constituait, dans un vaste espace de la rue du Vieux-Billard, un grand environnement avec divers animaux taxidermisés.

Cervelles de marbre 

L'actuelle présentation, prévue pour un local plus petit du Vieux-Billard, consiste en statues de marbre. «Le marbre le plus pur et le plus blanc possible. Jan n'est pas content des deux petites veines grises qui sont apparues sur son ostensoir géant.» La présentation actuelle, qui se situe dans la lignée de celle imaginée en 2011 pour la Scuola della Misericordia, en marge d'une Biennale de Venise, mélange en effet l'anatomique et le sacré. Mais les reliquaires des églises catholiques ne font-ils pas la même chose? 

Exécutés par des patricien virtuoses, à qui revient le 50 pour-cent du mérite de la réussite finale, les sculptures s'axent ainsi sur des cervelles percées de flèches (comme saint Sébastien ou sainte Thérèse), surmontés d'une Croix (du genre cimetière Saint-Georges) ou placées sous un dais gothique (à l'instar des œuvres récentes de Delvoye). Des études préparatoires complètent l'accrochage de ce «Sacrum Cerebrum». Cet accrochage a le mérite, après les installations colossales de Venise (2009) ou du Louvre (2008), de ramener l'artiste à des proportions humainement et matériellement (pour les acheteurs) possibles. Ce n'est pas forcément plus beau parce que c'est plus gros.

Pratique

«Sacrum Cerebrum», Art Bärtschi & Cie, 24, rue du Vieux-Billard, Genève, jusqu'au 8 janvier 2016. Tél. 022 310 00 13, site www.bartschi.ch Ouvert du mardi au vendredi de 14 à 19h, le samedi de 10h à 17h. Ouverture exceptionnelle le dimanche 8 novembre. Photo (DR): Le reliquaire de marbre avec sa cervelle. Détail.

Texte intercalaire.

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