Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GENÈVE/ Expositions. Celles qui marchent et celles qui battent de l'aile

C'est la foule. Plus une place de libre au restaurant du MEG, en ce 3 janvier. «Nous venons de faire une visite guidée. Avec 80 participants, une telle chose devient difficile à gérer», se plaignent pour la forme Christian Delécraz et Jérôme Ducor. Ils viennent de piloter un groupe à travers «Le bouddhisme de Madame Butterfly», qui se termine le 10 janvier. C'est bien sûr le premier dimanche du mois, gratuit. N'empêche que tout ce monde révèle une réelle curiosité. «Et il est tellement plus intéressant d'être guidé par des conservateurs que par un médiateur», s'exclame une visiteuse, ravie. 

L'actuelle exposition se teinte de nostalgie. Non seulement elle va vers sa fin, mais c'est la dernière de Christian Delécraz, tandis que Jérôme Ducor a encore deux ou trois ans à faire au MEG. Elle se termine au moins pour eux sur un succès. On ne saurait en dire autant, au Musée d'art et d'histoire (MAH). J'y étais le 31 décembre, que la direction annonçait naguère encore comme le dernier jour d'ouverture avant les travaux. Nous étions cinq pour voir «Jean-Pierre Saint-Ours», dont une dame de ma connaissance. Avec le peintre néo-classique genevois, le musée aura raté son coup jusqu'au bout. Un catalogue resté dans les limbes. Une mise en scène triste. Un colloque hors-sujet. Aucun écho international, ou presque. Et un affichage grotesque pour terminer. Afin de relancer la chose, le MAH a bien procédé à une nouvelle campagne publicitaire. Las! Les affiches portent encore une date de clôture au 31 décembre, alors que la chose s'est vue prolongée jusqu’au 28 février...

Le succès des Baur

Je ne suis pas retourné au Musée Rath, où Byzance poursuit sa carrière avec un succès plus que moyen (je vous laisse interpréter ces mots). Là aussi, c'est une fin de parcours pour sa commissaire Marielle Martiniani-Reber. J'ai préféré le Mamco, le 2 janvier. Peu de gens dans les salles, ce qui laissait les «guides volants» cloués au sol. Le parcours de «One More Time», en place jusqu'au 24 janvier, devenait d’autant plus nostalgique. C'est la dernière fois que le public voit le musée dans sa version actuelle. La formule est rodée, bien que fatalement vieillissante au bout de vingt et un ans. La nouvelle direction imprimera de nouvelles impulsions, proposera d'autres artistes et renouvellera les scénographies, autrement plus dynamiques, soit dit en passant, que celles du MAH et du Rath. 

Ma dernière visite des Fêtes de fin d'année aura été pour la Fondation Baur, le 30 décembre. Là, les choses marchent bien. Cartier fait recette, allié à la Chine éternelle. Il y a jusqu'à cent personnes par jour. Cela peut sembler peu. Mais il ne faut pas oublier que nous sommes au sous-sol d'une institution privée, ouverte l'après-midi seulement, où les vitrines aménagées avec goût par Nicole Gérard prennent beaucoup de place. Autant dire que les visiteurs se font des politesses pour ne pas se bousculer, puisque nous sommes ici entre gens bien élevés. «L'Asie rêvée» restera en place jusqu'au 14 février, jour de la Saint-Valentin.

Photo (MEG): Le décor de "Le bouddhisme de Madame Butterfly". L'exposition dure jusqu'au 10 janvier.

Texte intercalaire.

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