Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GENÈVE/ En "Salle d'attente" avec le peintre André Kasper

Dans son atelier de la Grand-Rue, André Kasper passe une couche protectrice sur l'un de ses tableaux. Normal. C'est un homme qui travaille à l'ancienne, en pensant au futur. Nous étions à quelques jours de l'exposition qui a commencé le 19 mars dans la Cave de la Vieille Ville. Un beau lieu, insuffisamment utilisé. Il y a là une quarantaine de toiles, pour la plupart récentes. Difficile pourtant de leur donner une date, ou de percevoir une quelconque évolution. L'homme suit son chemin, qui devient aujourd'hui de traverse. «Entre l'art contemporain et moi, il n'y a rien de commun.» Le visiteur le remarque bien dans la bibliothèque près de laquelle s'entassent les œuvres. Les livres sont consacrés à Velázquez, à Rembrandt ou à la fresque romaine. 

Parmi les toiles présentées se trouvent des «Salles d'attente», déjà vues ou alors nouvelles. Elles s'inscrivent dans des carrés. «Un beau format, compliqué à utiliser.» On se souvent que les premières d'entre elles avaient été présentées l'an dernier, chez Krisal à Carouge. «Il devrait y en avoir à terme vingt-cinq. J'en reste pour l'instant à seize.» La série terminée pourrait faire l'objet d'un livre. Celui-ci en soulignerait les ressemblances, mais aussi les différences. «Plus j'avance, plus je sens que quelque chose se met en place. La notion de base s'élargit. Je représente maintenant des gens dans des lieux intermédiaires. Il peuvent être en famille devant une ville italienne, placés de profil devant un mur végétal ou regardant un paysage que l'on voit se refléter dans une vitre. Pour tous, le temps semble suspendu.»

Retour au point de départ 

D'une taille d'un mètre de côté au minimum, de 120 centimètres dans l'idéal, ces «Salles» sont grandes, même si elles demeurent loin de la taille surdimensionnée de certaines créations actuelles. «Il y a quelques années, j'ai fait une exposition composée pour l'essentiel de petites choses. Je m'y suis mal reconnu, même s'il y avait là mes thèmes habituels, des paysages inventés, des fouilles archéologiques, des natures mortes et quelques fesses. C'est pourquoi je suis revenu à mon point de départ. Mon premier vrai tableau, réalisé à 18 ans en 1982, représentait une salle d'attente. J'y avais raconté ma famille, sans trop m'en rendre compte.» Il y avait là un sujet à creuser. «Et puis, un thème, ça rassure.»

Pratique 

«André Kasper, Tableaux récents», La Cave de la Vieille Ville, 4, rue Henri-Fazy, jusqu'au 2 avril. Tél. 076 368 779 38, site www.andrekasper.ch Ouvert du lundi au vendredi de 13h à 19h, samedi et dimanche de 15h à 18h. Visites commentées par le peintre le 21 et le 28 mars à 15h30. Inscriptions andrekasper@bluewin.ch Photo (DR): "Salle d'attente à la paroi végétale", détail.

Ce texte accompagne celui sur les Bains genevois situé imédiatement plus haut dans la file.

 

 

 

 

 

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