Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GENÈVE/Deux nouveaux épisodes pour la saga du cinéma Plaza

Crédits: DR

J'avais sauté un épisode afin de ne pas donner la désagréable impression d'un feuilleton. Ceci d'autant plus qu'avec notre vieille habitude des «Genfreien», ils se font interminables. Il s'agit à nouveau du Plaza. Je vous avais raconté comment une pétition, que je me suis du reste empressé de signer, avait circulé dans la ville. Elle demandait le maintien de la salle de cinéma condamnée à mort et sa transformation en centre culturel. On sait que le bâtiment, chef-d’œuvre des années 1950 de l'architecte Marc-André Saugey, avait été classé en 2004, puis déclassé en 2011 pour complaire à son nouveau propriétaire. Ce dernier entendait y créer un centre commercial en plus d'appartements pour étudiants et d'un parking public. Je ne me souvenais pas des étudiants, mais je dois dire qu'il font moralement bien dans le décor. 

Onze mille Genevois ont signé comme un seul homme. Je m'attendais logiquement à une votation. Pas du tout! Le Conseil d'Etat a invalidé la demande le 21 mars, premier jours du printemps, sous prétexte que l'expropriation ne relevait pas du Grand Conseil et ne pouvait par conséquent faire l'objet d'aucune initiative populaire. Elle reste donc, si j'ai bien compris, le fait du prince dans une République qui prend du coup un petit air bananier. On se croirait à Paris chez Anne Hidalgo! Le conseiller municipal socialiste Pascal Holenweg voit du reste les choses de cette manière. Dans «20 Minutes», il dénonçait le 21 mars le Conseil d'Etat. «Il se cache, pour complaire aux propriétaires, derrière des arguties juridiques qui ne trompent personne, pas même ceux qui s'y livrent.» Un véritable «déni démocratique».

Optimisme modéré 

C'est donc sans surprise qu'on appris ce mardi 3 avril qu'un recours se voyait déposé par les pétitionnaires auprès de la Chambre constitutionnelle de la Cour de Justice. Si l'initiative l'emporte, le Conseil d'Etat et les propriétaires devraient rediscuter le bout de gras. La note sera salée. De toute manière, il y aurait un acquis. Le Plaza se verrait déclaré d'utilité publique, ce qui empêcherait sa destruction. Mais il ne faut à mon avis pas se faire trop d'illusions. Les corps constitués tendent à se soutenir entre eux et il y a trop d'argent en jeu. 

La chose me rappelle cependant que je n'ai pas encore voté par courrier pour les élections au prochain Conseil d'Etat, qui se dérouleront le 15 avril. Je sais donc ce qu'il me reste à faire.

Photo (DR): L'extérieur du Plaza dans ses années glorieuses. L'image date de 1953.

Texte intercalaire.

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