Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GENÈVE/Couac au colloque sur le dessin du Musée d'art et d'histoire

Crédits: RTS

Je vous l'avais annoncé. Jeudi après-midi (hier donc) commençait au Musée d'art et d'histoire (MAH) le colloque sur le dessin italien des XVe et XVIe siècles. Il est lié à l'actuelle exposition du Cabinet des arts graphiques sur la Collection Lambert Krahe, formée au XVIIIe siècle et vendue par ses soins à l'Académie de Düsseldorf. Je me pointe à 14 heures. Je sais qui je vais commencer par subir le message d'accueil de Jean-Yves Marin, directeur du MAH, avec qui je suis en «non speaking terms». 

Le public (choisi, et par conséquent maigre) est là. Mais pas de Marin! Il semblerait qu'il se trouve dans la maison, mais peu désireux de venir. Sa nouvelle collaboratrice Lada Umstätter prend bravement sa place. Elle dit ce qui faut, en ayant l'intelligence de ne pas excuser son chef. Bref, Lada fait comme si c'est elle qui avait été prévue de toute éternité. Tout en rondeurs. Un mot pour chacun. Il faut dire qu'il y a ici du beau monde. Jean-Yves Marin a dédaigné les représentants du British Musem, des Offices, du Louvre, de la National Gallery de Washington, de la Pinacothèque de Bologne, de l'Asmolean Museum d'Oxford et bien sûr du Museum Kunstpalast de Düsseldorf, qui a tout de même prêté à Genève 104 de ses plus précieux dessins.

Premiers exposés 

Dire que je suis surpris me paraîtrait très exagéré. Nous restons dans l'esprit de la maison, ou plutôt de ses sphères dirigeantes. Je connais un amateur qui a proposé un don. Il n'a jamais reçu de réponse, ni positive, ni même négative. La chose a fini dans le commerce. Je sais un candidat pour un poste actuellement vacant qui a vu son offre de service repoussée par un simple courriel, non signé. Il serait possible d'allonger la liste. Alors non, je ne me sens vraiment pas étonné. 

Le colloque peut commencer. Christian Rümelin, en charge du Cabinet des arts graphiques, se lance dans un second accueil en anglais. Une courtoisie vis-à-vis de certains intervenants. Sonja Brink, qui a étudié et publié la Collection Krahe, prononce le premier exposé, qu'elle a tenu à faire en italien. Elle lit son texte. C'est très savant, mais la dame manque du plus élémentaire charisme. Jan Blanc rattrape ensuite les chose avec une conférence histrionique sur les rencontres entre Krahe et Sir Joshua Reynolds à Düsseldorf. «Un exposé constitue aussi une pièce de théâtre», me confiera-t-il plus tard. Laurence Lhinares le suit avec un rappel des principaux artistes français du XVIIIe siècle, français et anglais, ayant possédé des dessins. «Ce sera sans révélation», annonce-t-elle d’emblée. N'empêche que son tour de piste remet bien les idées en place.

La suite aujourd'hui 

Le soir, c'est le gros morceau. Hugo Chapman traite du dessin à la pointe de métal, très en vogue jusque vers 1510. Il en donne les techniques. Il en fournit des exemples. Il se penche enfin sur le sens à donner à ce mode qui a parfois ressurgi à l'improviste jusqu'à nos jours. Son style se révèle typiquement anlo-saxon. Clair, simple et brillant. Il est maintenant temps de passer aux questions. Une dame italienne se lance dans un galimatias si intellectuel et si confus que je sens un léger sommeil me gagner. C'est le type même d'intervention académique qui donne l'envie de fermer les facultés de lettres des universités. 

Le colloque se poursuit aujourd'hui vendredi 1er décembre.

Photo (RTS): Jean-Yves Marin dans les salles de peinture du MAH.

Texte intercalaire.

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