Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GENÈVE/Andata ritorno retrouve Bill Culbert pour fêter ses 35 ans d'existence

Crédits: Blaise Adilon, Andata ritorno

C'est l'une des plus anciennes galeries genevoises en activité. Andata ritorno fête aujourd'hui ses 35 ans, dont trente-quatre passés rue du Stand, dans un des rares lofts de la ville. Joseph Farine se devait de marquer le coup. Il a donc invité un de ses artistes les plus emblématiques à présenter une pièce ancienne, déjà vue chez lui fin 1991. Bill Culbert peut ainsi opérer son retour. Il est étonnant de retrouver «Central Station» au même endroit, un quart de siècle plus tard, avec ses néons, ses fils noirs et ses pieds de lampe en métal, «réutilisés à une époque où ils n'étaient pas encore vintage.» 

Mais qui est Bill Culbert? Un Néo-Zélandais, né en 1935. L'homme a commencé par peindre, puis il s'est intéressé dès 1967 à la lumière électrique. La chose lui a valu la reconnaissance. En 1977, Culbert exposait dans la très officielle Serpentine Gallery de Londres. «Il utilise beaucoup de matériaux pauvres de récupération», précise Joseph Farine. «L'artiste peut du coup s'intégrer dans le courante de la Nouvelle sculpture anglaise des années 70, où brillaient des gens comme Tony Cragg. Ces plasticiens répondaient ainsi à la grande crise britannique.» Culbert garde aujourd'hui encore son aura. En 2013, il représentait la Nouvelle-Zélande à la Biennale de Venise, dans un pavillon temporaire installé à côté de Santa Maria della Pieta. On a vu pire comme endroit...

Pièces récentes et colorées 

L'actuelle présentation, où revient donc «Central Station», ne se veut pas nostalgique. Joseph Farine montre également des pièces récentes de Culbert, où le néon joue bien entendu son rôle. Le sculpteur transperce d'un tube des rangées de six bidons verseurs en plastique coloré. Rouge. Jaune. Vert. «Il retrouve ainsi un côté pictural.» Une dernière œuvre, très insolite suspend enfin une table de bois au mur. Il y a au dessous d'elle une ampoule allumée. «Je trouve le résultat très poétique.» 

Il est peu fréquent qu'une galerie traverse le temps. Surtout en ce moment. Je vous raconterai donc prochainement, en compagnie de Joseph Farine, l'histoire d'Andata ritorno, «laboratoire d'art contemporain».

Pratique

«Bill Culbert, Central Station, The Return», Andata Ritorno, 37, rue du Stand, Genève, jusqu'au 29 octobre. Tél. 078 882 84 39, site www.andataritornolab.ch Ouvert du mercredi au samedi de 14h à 18h.

Photo (Blaise Adlon, Andata ritorno): "Central Station", qui revient au même endroit, après un quart de siècle.

Texte intercalaire.

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