RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef adjoint à Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également responsable du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches.

Gandur, ce mal-aimé

Jean-Claude Gandur serait-il mal-aimé ? Après avoir vu l’agrandissement du port de Tannay (VD) rejeté par une majorité de la population en mars 2015, c’est au tour de l’agrandissement et de la rénovation du Musée d’Art et d’Histoire de Genève d’être refusé par une courte majorité (54,3%). Difficile de savoir les raisons exactes de ces deux échecs. Ce qui est certain, c’est qu’il est plus facile de former une coalition d’insatisfaits que de mobiliser autour d’un projet perfectible dans l’intérêt général bien compris.

Dans le cas du port de Tannay, Jean-Claude Gandur s’était engagé tout d’abord comme membre de l’Exécutif de la commune en question, puis comme président de la Coopérative du port de Tannay qui allait investir 10 millions de francs pour créer près de 270 places d’amarrage (soit à peu près comme le port de Founex agrandi voici environ 30 ans). Il s’agissait d’un dossier dont le début des études remontait à 1974…

On peut y voir un certain nombre de similitudes avec le dossier du MAH pour lequel l’entrepreneur était prêt à offrir 40 millions en échange de la présentation de sa prestigieuse collection d’art. Aux côtés d’œuvres antiques grecques et romaines, la collection d'antiquités égyptiennes de Jean Claude Gandur serait la plus importante au monde. La Fondation Gandur pour l’art qu’il a constituée en décembre 2009 gère également ses œuvres d'art moderne, collection d’environ trois cents toiles de peinture expressionniste européenne non figurative d'après-guerre, ce qui en ferait la deuxième collection au monde, après celle du Centre Pompidou de Paris.

Déçu, le Suisse va désormais étudier les solutions lui permettant d’assurer la pérennité de sa riche collection. Il n’a aucun souci à se faire. De nombreuses collectivités rêvent d’un tel cadeau et ne feront pas la fine bouche. A se demander s’il est mieux vu dans la région de faire fortune dans la pierre que dans le pétrole et les bioénergies. Il est vrai que personne ne spécule dans l’immobilier…

Bon joueur, Jean-Claude Gandur avait pourtant développé ici à sur Genève sa société Addax Petroleum, laquelle fournit quelques 300 places de travail. Même une fois celle-ci vendue à Sinopec en 2009, il a maintenu dans la cité les emplois des divisions qui ne faisaient pas partie du deal. Aujourd’hui, sa société AOG (Addax Oryx) n’est pas négligeable. On parle d’une centaine de personnes actives dans la cité du bout du lac. Reste à savoir pour combien de temps…

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