Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GALERIES / Que voir à Genève en ce moment? Un petit choix

Jamais deux sans trois! J'aurai manqué trois "Nuits des Bains" successives. Je n'en suis pas mort. Les galeristes non plus. N'empêche que certaines expositions actuelles méritent de se voir signalées à Genève. En voici quelques-unes qui excèdent parfois l'étroit périmètre du quartier. Une se trouve ainsi en Vieille Ville et une autre route des Jeunes. 

Franz West. On ne peut pas dire que la mort en 2012 de l'Autrichien ait fait la Une des journaux. A 65 ans, le sculpteur venait pourtant de voir une de ses œuvres géantes trôner au centre d'"Art Basel Unlimited". L'année précédente, il avait décroché le "Lion d'or" de la Biennale de Venise. Pierre Huber propose une rare exposition West dans l'espace assez restreint d'Art & Public. Elle se compose apparemment de meubles: tables et sièges. Une manière de rappeler que l'homme faisait "disparaître l'art au profit de son usage", selon la jolie formule d'un critique. A voir en priorité! Courte, l'exposition se termine officiellement le 11 avril (www.artpublic.ch). 

Adel Abddessemed. Un homme à la mode! L'Algérien, qui vit aujourd'hui entre Paris et New York, a récemment eu sa grande présentation à Beaubourg. Elle se complétait, sur le parvis, par une colossale statue en bronze de Zidane donnant son fameux "coup de boule". Si des praticiens exécutent ce genre d'ouvrages, l'homme tient son crayon tout seul. La galerie Blondeau présente de grands fusains dans cet espace en sous-sol. Ils représentent soit des "boat people" africains gagnant l'île de Lampedusa, soit des hommes âgés lisant leur journal. Une manière de montrer l'impassibilité du monde face aux catastrophes humanitaires. Jusqu'au 3 mai (www.blondeau.ch) 

Thomas Huber. Comme Adel Abdessemed en 2004, le Zurichois a eu les honneurs du Mamco. Mais lui l'occupait seul, en 2012. Toute la maison! Les Genevois retrouvent aujourd'hui ses grands peintures mates, lisses et comme privées d'ombres réelles. A 59 ans, l'Alémanique poursuit en effet ses jeux de construction. Il y a là des architectures improbables, et sans doute impossibles. C'est la quatrième fois depuis 1996 que Pierre-Henri Jaccaud montre Huber chez Skopia ou à Artgenève. Il y a là trois grandes toiles, plus des œuvres plus intimes d'un créateur exposant énormément en Europe depuis trois décennies. Jusqu'au 10 mai (www.skopia.ch) 

Fabian Marti. Voici un nouveau-venu dans l'équipe de Guy Bärtchi, installé depuis plusieurs années à l'étage, route des Jeunes. A 35 ans, le Fribourgeois fait partie, selon la formule autorisée, des "nouveaux-venus qui comptent sur la scène suisse". Il s'est bien sûr installé à Zurich. Physique christique, l'homme se consacre un peu à la peinture et beaucoup à la photographie. Il n'utilise pas de caméra. Marti prend la suite de Christian Schaad et de Man Ray en posant ses objets sur la plaque sensible. Modernité aidant, il retravaille le tout à l'ordinateur pour donner de grands tirages aux noirs et aux blancs parfaits. Jusqu'au 16 mai (site www.bartschi.ch) Photo galerie Guy Bärtschi

Roger Chappelu/Nuit blanche. Il y a maintenant vingt-sept ans que le Genevois a publié son premier livre, "L'enfer c'est l'endroit, portrait d'un paradis". Ancien héliograveur devenu opérateur scanner et graphiste, Chappelu reste avant tout un grand professionnel. Ses images hivernales actuelles, où la neige et la glace se marient avec le minéral comme le végétal, y gagnent en beauté pure. Il y a là la recherche d'une perfection parfois presque abstraite. Anton Meier a eu raison de montrer ce travail hors du temps dans sa galerie, située à l'étage de l'Athénée. L'ouvrage imprimé vient de sortir de presse aux éditions Place Neuve. Jusqu'au 26 avril (www.antonmeier-galerie.ch) 

Il faut aussi signaler ici, avant d'en faire plus, deux expositions supplémentaires. Patrick Cramer montre une nouvelle fois Antonio Saura jusqu'au 17 mai. Il y a là 24 peintures sur carton de 1974 (www.cramer.ch). Rosa Turetsky reprend pour sa part Alexandre Joly, dont elle propose des pièces récentes (wwwrosaturetsky.com).

Prochaine chronique le vendredi 11 avril. Douze artistes français se prêtent au jeu de l'interview pour un gros livre paru chez Actes Sud. Du plus jeune au plus vieux!

 

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